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« Paris et ses aînés » : présentation du schéma gérontologique départemental 2006-2011

La ville de Paris vient de présenter son schéma gérontologique 2006/2011, intitulé « Paris et ses Aînés », qui vise à répondre à l’ensemble des questions rencontrées par les Parisiens de plus de 60 ans et qui selon la mairie ne s’en tient « pas aux seules questions relatives à la perte d’autonomie ». Découvrez en détail les six grandes thématiques de ce plan quinquennal.


Plus de 250 personnes ont participé à l’élaboration du Schéma « Paris et ses aînés » : les représentants des institutions, les associations, les usagers et en particulier les membres du Comité Départemental des Retraités et des Personnes âgées (CODERPA).

Débutée en octobre 2005, cette concertation s’est traduite par la tenue de plus de 40 séances de travail thématiques permettant d’aborder l’ensemble des questions rencontrées par les Parisiens de plus de 60 ans. Elle se poursuivra tout au long de la mise en œuvre des actions inscrites dans le Schéma grâce à l’installation d’un Comité de suivi associant l’ensemble des partenaires institutionnels, associatifs et les représentants du CODERPA.

Le schéma « Paris et ses Aînés » s’engage sur des enjeux aussi divers que la préparation de l’arrivée à la retraite, la mobilité dans la ville, l’adaptation des logements, un meilleur accompagnement de la perte d’autonomie tant à domicile qu’en établissement, la lutte contre toutes les formes de maltraitance, le soutien des professionnels et des proches intervenant auprès des plus âgés, les réponses à apporter aux personnes les plus fragilisées (personnes de plus de 60 ans en situation de précarité, handicapées, migrants âgés, personnes isolées)…

Et touche ainsi : les futurs et les jeunes retraités, les personnes en perte d’autonomie, les personnes fragilisées socialement, les professionnels du secteur (personnels de l’aide à domicile et des établissements), les familles…

Rappelons que le schéma gérontologique est un document réglementaire, prévu par le code de l’action sociale et des familles qui planifie les équipements et services destinés aux Parisiens âgés pour la période 2006-2011.

Il engage l’ensemble des partenaires du Département impliqués dans le champ des personnes âgées : la Ville de Paris, le Centre d’Action Sociale de la Ville de Paris (CASVP), la Région Ile-de-France, l’Etat, la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie… .../...
« Paris et ses aînés » : présentation du schéma gérontologique départemental 2006-2011

Enjeu n°1 : Mieux préparer et vivre le temps de la retraite à Paris

Le passage au temps de la retraite dans une société où l’activité professionnelle reste un des facteurs de sociabilité et de reconnaissance les plus importants doit se préparer pour que le temps libre inédit qu’elle induit soit l’occasion de participer à de nouvelles activités et n’incite pas à un repli sur soi pouvant, à terme, conduire à des situations d’isolement. La collectivité parisienne doit, de son côté, œuvrer pour adapter la ville aux besoins des aînés parisiens et leur permettre de prendre toute leur place dans la cité.

Préparer sa retraite :
Depuis 2003, la Mairie de Paris organise chaque année Les Rencontres Parisiennes de la Retraite active destinées à permettre aux futurs et jeunes retraités d’organiser ce nouveau temps de vie. Des entretiens individualisés permettant de mieux cerner les compétences et les attentes du public sont proposés. Ils sont l’occasion d’orienter les visiteurs vers les 80 associations présentes proposant des missions bénévoles, des activités sportives, culturelles, intergénérationnelles…

Cette manifestation a réuni en 2005 plus de 5.000 visiteurs et a démontré la pertinence de ce type de réponses, précise la mairie. En 2006, elles se dérouleront, sur deux jours : les vendredi 29 et samedi 30 septembre prochains sur le parvis de l’Hôtel de Ville.

Actions :
· Décliner dans les arrondissements, le rendez-vous annuel des Rencontres Parisiennes de la Retraite Active.
· Proposer des stages d’accompagnement à la retraite : 2 stages sont déjà programmés, dans les clubs seniors gérés par le CASVP, pour une expérimentation en octobre 2006.
· Editer un guide parisien abordant l’ensemble des questions liées à l’avancée en âge et recensant les services proposés par la Ville et ses partenaires (activités, services d’aide à domicile, établissements…)

Adapter l’offre de loisirs aux nouvelles attentes :
Le Centre d’Action Sociale de la Ville de Paris propose déjà une offre d’activités et de loisirs au sein de ses 79 clubs seniors qui a été, depuis 2002, diversifiée avec la mise en place d’initiations et de libre services internet, de cours de taï-chi-chuan, de cours d’anglais, de conférences variées, d’activités intergénérationnelles….

Il s’agit cependant de mieux faire connaître cette offre, de l’adapter régulièrement aux attentes des aînés et de favoriser l’accès à l’offre de loisirs parisienne généraliste.

Actions :
· Expérimenter un « passeport Paris seniors » permettant de mieux faire connaître l’ensemble des loisirs et activités proposés par la Mairie de Paris et de consulter régulièrement les usagers sur l’offre afin de la faire évoluer.
· Réaménager les clubs seniors en fonction des attentes des usagers grâce au concours d’étudiants en école d’architecture.
· Systématiser les jumelages intergénérationnels entre les clubs seniors et les écoles ou centres de loisirs
· Améliorer l’accès aux centres d’animations de la ville pour les aînés Parisiens afin de favoriser les échanges entre générations.
· Adapter les activités physiques proposées dans les équipements sportifs municipaux aux spécificités du public âgé en formant les personnels d’encadrement des piscines et des gymnases.

Favoriser la mobilité des aînés :

Préalable essentiel à la participation des plus âgés à la vie de la cité, la question de la mobilité dans la Ville concerne tout autant, l’accessibilité de la voirie, le mobilier urbain, les transports…

Actions :
· Faciliter le cheminement dans la Ville des aînés Parisiens en permettant, par l’installation d’un mobilier urbain adapté, des haltes sur les parcours très fréquenté (bancs, sièges dans les marchés…)
· Développer des dispositifs de prévention destinés aux piétons âgés en lien avec la Préfecture de Police.
· Mettre en place, en lien avec le STIF et la RATP, la télé-billétique, de type Navigo, pour les cartes de transports délivrées par la Ville de Paris (cartes Emeraude et Améthyste).
· Développer sur d’autres arrondissements, en lien avec le STIF et la RATP, les mini-bus expérimentés sur des quartiers des 14ème et 20ème arrondissements mal desservis et difficile d’accès.

Enjeu n°2 : Prévenir la perte d’autonomie et améliorer le cadre de vie des aînés

C’est le plus tôt possible et idéalement dès l’arrivée à la retraite qu’il importe de prévenir les difficultés liées à l’âge, voire la perte d’autonomie éventuelle. De même parce que la majorité des aînés Parisiens (78%) sont très attachés à leur logement, il est essentiel d’adapter les immeubles et les logements le plus en amont possible.

Prévenir la perte d’autonomie :
Le vieillissement est un processus naturel qui ne conduit pas forcément à des situations de handicap mais qui fragilise (problèmes de motricité, d’équilibre, de dénutrition, de vision, d’audition…). Des nouvelles habitudes doivent être prises notamment en termes d’alimentation ou de pratique d’activités physiques. La collectivité parisienne souhaite favoriser toutes les actions visant la prévention.

Actions :
· Développer les ateliers de stimulation de la mémoire et de prévention des chutes dans les clubs seniors.
· Mettre en place des parcours de prévention interactifs dans les mairies d’arrondissements proposant des ateliers ludiques sur la mémoire, l’alimentation, l’équilibre, les activités physiques adaptées.
· Organiser une grande campagne de sensibilisation annuelle à la prévention engageant l’ensemble des partenaires (Ville, Caisse Régionale d’Assurance Maladie d’Ile-de-France, Associations…).

Améliorer l’habitat :
Les Parisiens de plus de 60 ans sont à 50% propriétaires de leur logement, 28% sont locataires du parc privé et 19% du parc social (ce qui correspond à 40 000 logements sociaux occupés par des personnes âgées).

78% d’entre eux sont très attachés à leur logement et ne souhaitent pas le quitter. Il est donc essentiel d’adapter le plus en amont possible, les logements et les immeubles aux effets du vieillissement. Des aides financières permettant la réalisation des travaux nécessaires existent mais elles sont mal connues et sous-utilisées. En parallèle, la collectivité parisienne et les bailleurs sociaux s’engagent pour aménager les immeubles et les logements du parc social au vieillissement.

Actions :
· Créer une plaquette largement diffusée sur les aides financières existantes destinées à l’amélioration de l’habitat, afin de mieux informer les aînés parisiens sur les dispositifs de financement existants pour l’adaptation des logements (parties privatives et communes). Cette plaquette sera disponible dès l’automne 2006.
· Repérer dans les immeubles gérés par les bailleurs sociaux les logements adaptables et engager avec eux l’aménagement de ces logements.
· Aménager les parties communes des logements sociaux présentant une part importante de Parisiens âgés. Ces aménagements tels que l’installation de rampes d’accès, de systèmes automatiques d’ouverture des portes, déjà réalisés en 2006 dans le 14ème arrondissement seront étendus, en accord avec les bailleurs, à d’autres îlots de logements sociaux présentant une forte population âgée.

Enjeu n°3 : Accompagne le temps de la perte d’autonomie à domicile

94 % des Parisiens de plus de 80 ans vivent à domicile contre 87% dans les cinq plus grandes villes de France. Parmi eux 11.197 sont bénéficiaires de l’APA, ce qui signifie qu’ils ont besoin d’une aide pour effectuer certains gestes de la vie quotidienne, voire des soins.

L’enjeu est triple : proposer un meilleur accès aux services à domicile en développant les missions des Centre d’Information et de Coordination parisiens appelés à Paris, Points Paris Emeraude, d’assurer une offre la plus complète possible et d’être vigilant sur la qualification des intervenants.

Mieux informer et accompagner en permanence les Aînés Parisiens et leurs familles confrontés à situations de perte d’autonomie :
A Paris, il existe quinze Points Paris Emeraude couvrant l’ensemble du territoire Ils ont vocation à informer les aînés parisiens et leurs familles sur les questions liées à l’avancée en âge (prévention, soutien à domicile, accueil en établissement, aides financières), à apporter des réponses individualisées suite à des évaluations personnalisées. Ils animent également les partenariats noués avec les acteurs locaux de la gérontologie.

Actions :
· Renforcer l’accès des Point Paris Emeraude en les installant dans des locaux plus accessibles : fin 2006 et début 2007, deux PPE vont bénéficier de tels locaux dans les 17ème et 19ème arrondissements.
· Améliorer leur visibilité par des actions de communication : diffusion à l’hiver 2006 de la plaquette de présentation des PPE à l’ensemble des Aînés Parisiens bénéficiant d’une prestation du Centre d’Action Sociale de la Ville de Paris.
· Organiser chaque année une semaine Portes Ouvertes des PPE
· Mettre en place des permanences assurées par les professionnels des PPE dans les mairies d’arrondissement.
· Renforcer les partenariats avec les réseaux de soins (médecins, Infirmières, Hôpitaux)
· Créer un service spécialisé transversal chargé de suivre les personnes les plus en difficultés

Garantir la qualité des services à domicile
Il existe 15 associations prestataires d’aide à domicile habilitées à l’aide sociale à Paris, qui emploient plus de 3300 aides à domicile. L’enjeu est de permettre à tous les intervenants de se conformer à des critères de qualité associant tant les aides à la vie quotidienne (ménage, entretien du logement, aide aux repas, aide à la toilette…) que l’accès aux services de soins et de diversifier l’offre. La qualité des services à domicile est une condition indispensable que le schéma « Paris et ses aînés » entend défendre.

Actions :
· Créer un Label Qualité Paris reconnaissant les services d’aide à domicile et à la personne les plus qualifiés (personnels formés, soutien aux familles et aux personnels…) Ce label une fois attribué permettra aux aînés Parisiens et à leur famille de s’orienter plus facilement vers les services les plus compétents.
· Promouvoir des services polyvalents afin de mutualiser et coordonner les services d’aides et de soins.

Diversifier les services au sein du domicile et à proximité :
Pour permettre une meilleure qualité de vie à domicile, des services complémentaires tels que l’accompagnement à l’extérieur, l’aide aux petits travaux, les visites de convivialité, la surveillance de nuit seront mis en place.

Actions :
· Mettre en place une garde itinérante de nuit couvrant l’ensemble du territoire parisien, financée par le Département en lien avec les associations habilitées à l’aide sociale. Ce nouveau service sera opérationnel début 2007.
· Expérimenter des plates formes de services en bas d’immeuble dans des quartiers à forte population âgée proposant des services de petit dépannage, des offres culturelles et de loisirs etc.
· Développer les visites de convivialité en formalisant des partenariats entre les associations d’aide à domicile et des associations de bénévoles. A titre d’exemple, depuis 2005, des volontaires de l’association Unis-Cités, âgés 18 à 25 ans accompagnent régulièrement les personnes âgées suivies par 3 associations parisiennes d’aide à domicile, l’objectif est de les faire intervenir sur l’ensemble du territoire parisien.

Enjeu n°4 : Accompagner et soutenir les familles

80% des personnes âgées aidées le sont par au moins deux personnes : un intervenant professionnel et un membre de l’entourage.

Seule une personne âgée sur cinq n’est soutenue que par une aide professionnelle. Or, face à la perte d’autonomie d’un parent qui survient et les contraintes que cela impose, les familles sont amenées à s’organiser. On constate que près d’un tiers des aidants familiaux estime que leur tâche a des conséquences négatives : fatigue physique, surmenage, anxiété…

C’est pourquoi, il est fondamental d’accompagner et de soulager les proches (époux, enfants…) s’occupant, à domicile, d’un parent âgé en perte d’autonomie au travers d’actions spécifiques et le développement des structures dites de répit (Centres d’accueil de jour et hébergements temporaires)

Développer des actions spécifiques d’aide aux aidants
Les associations d’aide à domicile, les Points Paris Emeraude et les associations œuvrant auprès des familles dont un parent est atteint d’une maladie de type neuro-dégénaratif
(Alzheimer, Parkinson…) sont des acteurs essentiels permettant d’être à l’écoute et d’aider les familles.

Actions :
· Soutenir financièrement les associations spécialisées dans l’aide aux aidants et proposant des réunions d’information et des groupes de parole.
· Systématiser les groupes de paroles destinés aux familles dans les associations de soutien à domicile et au sein des PPE
· Former les familles aux gestes pratiques leur permettant de mieux accompagner leur parent âgé.

Augmenter l’offre de places en Centres d’Accueil de Jour et en Etablissements d’Hébergement Temporaire
Les Centres d’Accueil de Jour sont destinés à recevoir à la journée les personnes vivant à domicile atteintes de la maladie d’Alzheimer ou de troubles apparentés afin de les stimuler et de proposer des temps de répit à leurs proches. Les Hébergements Temporaires assurent deux missions principales : la transition entre une période d’hospitalisation et le retour à domicile et l’hébergement sur une courte durée des personnes âgées lorsque les familles doivent s’absenter ( vacances, imprévus…).

Actions :
· Créer 300 places nouvelles en Centres d’Accueil de Jour en plus des 120 existantes aujourd’hui (25 places seulement existaient en 2001). Un nouveau centre d’une capacité de 18 places ouvrira dès l’automne 2006 rue des Francs-Bourgeois dans le 4ème.
· Pérenniser l’aide spécifique du Département permettant aux personnes aux revenus modestes de n’acquitter qu’une faible participation ( 16€ par jour pour des personnes dont l’imposition est inférieure à 351€ par an par exemple). Le coût de cette aide pour le département est de près de 800 000€ en 2006.
· Médicaliser et développer les Hébergements temporaires. Un nouvel hébergement temporaire ouvrira fin 2006 rue des Citeaux dans le 12ème.

Enjeu n°5 : Augmenter et améliorer l’offre en hébergement collectif

L’objectif de la Ville est de proposer aux aînés parisiens et à leur famille les modalités d’accueil qui leur conviennent le mieux, et d’organiser des passerelles entre les lieux de vie ainsi choisis. Il s’agit donc, d’une part, de développer des formes d’hébergement plus innovantes et d’améliorer l’offre existante.

Proposer de nouvelles modalités d’accueil
Le Département souhaite expérimenter de nouveaux types d’hébergement tels que : la création de petites unités de vie ; les domiciles collectifs ; l’habitat intergénérationnel ; et enfin, les familles d’accueil.

Adapter les foyers logements : il existe 139 foyers logements à Paris d’une capacité d’accueil de 6.614 places, dont 123 sont gérés par le centre d’Action Sociale de la Ville de Paris représentant 5.761 places.

Action :
· Adapter les foyers logements à l’arrivée d’un public plus jeune et marqué par des difficultés sociales en développant des formations pour les personnels et en recrutant des professionnels de l’accompagnement social.

Augmenter le nombre de places en maisons de retraite médicalisées et améliorer leur qualité
Paris compte à ce jour 56 EHPAD d’une capacité d’accueil de 6.257 places, dont 1.079 places ont été crées depuis 2001, soit : 13 résidences gérées par le Centre d’Action Sociale de la Ville de Paris d’une capacité de 2.310 places toutes habilitées à l’aide sociale (7 situées dans Paris intra-muros). 21 établissements associatifs d’une capacité de 2.219 places(dont 1.802 habilitées à l’aide sociale). 22 établissements à but lucratif d’une capacité d’accueil de 1.278 places dont 88 habilitées à l’aide sociale.

Actions :
D’un point de vue quantitatif :
· le Département se fixe un objectif de création de 2.200 places sur la période 2006-2011.
Le Département soutient déjà plusieurs projets localisés totalisant un minimum de 1.200 places qui ouvriront avant 2011. Quatre établissements seront gérés par le Centre d’Action Sociale de La Ville de Paris, ce qui représente un investissement de 44 millions d’euros. Mais, au-delà, le schéma s’engage à ouvrir 1.000 places supplémentaires dans les cinq ans à venir, prioritairement dans les arrondissements à forte densité de population âgée et les moins équipés.

D’un point de vue qualitatif :
· Assurer une prise en charge sanitaire élevée, en adossant les EHPAD à des réseaux et équipes mobiles gériatriques. Cette coopération est indispensable pour permettre une meilleure prise en charge sanitaire des résidents, ayant des pathologies de plus en plus lourdes et éviter des allers-retours, parfois inutiles avec l’hôpital.
· Ouvrir les EHPAD sur la Ville, en invitant les établissements à s’inscrire dans des réseaux de quartier, à nouer des partenariats avec des associations et à développer des actions intergénérationnelles (installation de crèches et de haltes garderies, partenariats avec des écoles… )
· Doter les EHPAD de plates-formes de services complémentaires (hébergement temporaire, accueil de jour, services divers…) pour les personnes en perte d’autonomie vivant à domicile.
· Promouvoir une architecture de qualité, en poursuivant la modernisation et l’humanisation des EHPAD afin qu’ils proposent un cadre de vie le plus agréable possible pour les résidents mais prenant également en compte les contraintes de travail des personnels.
· Soutenir les personnels, en développant les plans de formation permettant la qualification, la professionnalisation et en renforçant la présence de psychologues au sein des EHPAD.

Enjeu n°6 : Accompagner les aînés parisiens les plus fragiles

Parmi les Parisiens âgés, certains sont plus fragilisés, notamment les personnes handicapées vieillissantes, les migrants âgés et les personnes qui ont connu des situations d’exclusion qui se retrouvent à l’âge de 60 ans, en situation de grande précarité (notamment les personnes sans domicile fixe). Parallèlement, Paris souhaite mieux accompagner les personnes âgées victimes de maltraitance et les personnes isolées.

Répondre aux besoins des personnes handicapées vieillissantes ou issues de l’immigration ou en situation de précarité
Ces différents publics appellent des réponses particulières tant en termes d’hébergement que d’accompagnement et d’accès aux droits.

Actions :
- Former les acteurs du champ gérontologique aux spécificités du handicap, en adaptant les projets établissements à l’entrée d’un public handicapé souvent plus jeune.
- Expérimenter au sein des EHPAD l’accueil conjoint de parents en perte d’autonomie et de leur enfant en situation de handicap
- Faciliter l’accès aux droits sans discrimination des personnes migrantes ou issues de l’immigration, en diffusant le guide multilingue « Bien vieillir à Paris »
- Décliner sur d’autres arrondissements le concept du « Café social » situé rue Pali Kao dans le 20ème, qui propose une permanence sociale et des activités de loisirs aux migrants âgés.
- Adapter les foyers de travailleurs migrants au vieillissement de leur population.
- Accompagner les personnes en situation de précarité dès l’âge de 60 ans en facilitant leur accès aux droits.
- Expérimenter de nouveau mode de logement en lien avec les services de l’Etat pour les personnes de plus de 60 ans ayant connu des situation de précarité.

Lutter contre toutes les formes de maltraitance
Les maltraitances subies par les plus âgés peuvent émaner tant des proches que des professionnels et revêtir de nombreuses formes (agressions physiques, verbales, contraintes financières, abus médicamenteux, négligence…). Paris s’est déjà fortement mobilisé sur ces questions en finançant, chaque année, depuis 2003, une plate-forme d’écoute et de traitement des situations de maltraitance (l’antenne ALMA Paris) et en soutenant des actions de formation destinés aux professionnels.
En parallèle, Paris promeut chaque année, au travers du concours « Les initiatives de la Bientraitance » les actions innovantes visant à améliorer la qualité de vie des Aînés.

Actions :
· Repérer en lien avec les services de l’Etat, les établissements ne développant pas de formations spécifiques de la lutte contre la maltraitance et les inciter à en mettre en place.
· Développer les formations des aides à domicile sur ces questions.
· Mettre en place des pratiques spécifiques de soutien des personnels en situation de surmenage intervenant à domicile comme en établissement
· Développer la plate-forme ALMA PARIS et améliorer les procédures de suivi des signalements en lien avec les services de l’Etat
· Pérenniser le concours des « Initiatives de la Bientraitance »

Lutter contre l’isolement
La prévention de l’isolement des aînés parisiens est le fil conducteur du Schéma « Paris et ses Aînés » qui s’attache à le prévenir dès l’arrêt de la vie professionnelle et tout au long des dispositifs d’accompagnements proposés notamment à domicile. Parmi les nombreuses actions qui y contribuent, celles qui sont mentionnées ci-dessous méritent particulièrement d’être retenues pour leur impact direct sur le maintien du lien social des plus âgés.

Actions :
· Mieux repérer les personnes isolées en s’appuyant sur les réseaux de proximité organisés par les Points Paris Emeraude et associant les associations de bénévoles et les commerçants de proximité (notamment les pharmaciens)
· Poursuivre la sensibilisation des gardiens d’immeubles du parc social afin qu’ils informent les services sociaux de la présence de personnes en situation d’isolement
· Expérimenter avec des associations de bénévoles l’implantation de référents de quartiers

Un effort financier important entre 2001 et 2005 :

L’APA à Paris représente en 2006 une dépense de près de 100 Millions d’€ pour le Département.

L’aide sociale légale qui permet de prendre en charge les coûts liés à l’hébergement en établissement pour les plus modestes représente en moyenne depuis 2001, une dépense de plus de 150 Millions d’euros par an.

La modernisation des maisons de retraite médicalisées gérées par le Centre d’Action Sociale de la Ville de Paris a représenté depuis 2001, une dépense de 63 millions d’euros (création de douches et de chambres individuelles, réalisation d’unités spécialisées dans la prise en charge des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer, amélioration des espaces collectifs et création de pièces rafraîchies…)

Les aides délivrées aux aînés parisiens par le Centre d’Action Sociale de la Ville de Paris (cartes de transports, aides financières…) représentent en 2005 une dépense de plus de 65 millions d’euros.

Les seniors à Paris en quelques chiffres

Paris compte aujourd’hui 419.719 personnes âgées de plus de 60 ans dont : 170.243 personnes âgées de 60 à 69 ans ; 147.338 personnes âgées de 70 à 79 ans ; 102 138 personnes âgées de plus de 80 ans.

La mairie estime à environ 60.000, le nombre de migrants âgés non communautaires de plus de 60 ans. Les aînés parisiens représentent 19,6% de la population totale parisienne.

Dans un contexte général de vieillissement démographique, les projections font apparaître une augmentation modérée des Parisiens de plus de 60 ans puisqu’à l’horizon 2010, la capitale devrait en compter 452.000. Les Parisiens âgés de 60-69 ans augmentant de 22%, ceux de plus de 80 ans de 14% alors que les 70-79 ans connaîtraient une baisse de 13%.

Les personnes en perte d’autonomie : 22.739 Parisiens bénéficient d’une reconnaissance administrative de leur dépendance puisqu’ils sont titulaires de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie ; 11.197 en bénéficient à domicile et 11.542 en établissement. Parmi les personnes recevant l’APA tant à domicile qu’en établissement, on compte 9.571 Parisiens lourdement dépendants.


Publié le Vendredi 7 Juillet 2006 dans la rubrique Social | Lu 10306 fois