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Senior Actu

Papy boom : du bon et du moins bon pour les salariés seniors

Alors que pour la première fois en 2006, la France voit sa population active décroître, conséquence directe du « papy boom », la Cegos vient de publier la quatrième édition de son enquête barométrique sur « Le choc démographique », qui montre que les entreprises se sont organisées pour faire face aux départs en retraite des baby-boomers, y compris dans les PME.


Selon cette enquête de la Cegos, 66 % des DRH considèrent l'impact du choc démographique comme une problématique de court terme, contre 48 % en 2003. Cette prise de conscience est particulièrement forte pour les PME (trois-quarts des DRH pour les entreprises de 250 à 500 salariés).

Les DRH ont déjà engagé des démarches opérationnelles pour anticiper ou préparer le choc démographique : 62 % ont mis en place des modalités de transfert des compétences contre 41 % en 2003 (c'est notamment le cas dans les trois-quarts des grandes entreprises), 82 % ont étudié la pénibilité des postes (contre un peu plus de la moitié en en 2005). Pour autant, les cadres ne perçoivent pas encore sur le terrain les retombées concrètes de ces actions.

Toujours selon la Cegos, « les DRH ne semblent pas prêts à recourir aux nouveaux contrats de travail différenciés suivant les âges. Interrogés sur leur intention de mettre en œuvre de nouvelles formes de contrat, différenciées en fonction des âges, les DRH apparaissent relativement peu enclins à aller dans cette voie : 13 % seulement des DRH pensent mettrent en place les CDD renouvelables 18 mois pour les plus de 57 ans.

Plus globalement, les entreprises apparaissent de moins en moins nombreuses (16 % seulement) à différencier les politiques RH selon les tranches d'âge (juniors, quadra, seniors...) et les trois quarts d'entre elles n'y semblent pas prêtes.

Il ne se trouve plus que 13 % des DRH à percevoir un risque accentué de fracture entre les générations (47 % en 2003). Un avis partagé par les cadres : 21% des cadres pensent qu'il y a un risque de fracture entre les générations en 2006, contre 41 % en 2003.

Même si la tendance « est de profiter du choc démographique pour réduire les effectifs », les « entreprises envisagent de plus en plus de recruter des seniors » précise l’étude. Les entreprises sont deux fois plus nombreuses à se déclarer dans une logique de réduction d'effectifs –un tiers- que d'augmentation (14 %).

Le remplacement des départs se réalisera, en priorité, par des promotions internes pour 83 % des entreprises (contre 69 % en 2005) et donc moins de recrutements externes (17 % en 2006 contre 31 % en 2005).

En revanche, l'éclaircie se confirme pour les plus de 50 ans. 41 % des DRH en 2006, contre 36 % en 2005 et 23 % en 2004, envisagent en effet de recruter des seniors. Ce sont les PME qui sont les plus ouvertes à cette possibilité (la moitié d'entre elles) alors que les grandes entreprises ne le sont encore qu'à 23 %.

Cependant, les cadres « quadra » restent pessimistes quant aux perspectives de carrières ouvertes par le choc démographique. Seul un tiers (35%) des cadres interrogés, estime que le choc démographique va ouvrir des perspectives de carrière et cet avis est surtout partagé par la tranche des 31-35 ans (49 %).

Par contre, dès 36 ans cette opinion positive devient plus minoritaire. C'est notamment très surprenant, constate la Cegos, pour les cadres de 46 à 50 ans (un quart seulement pensent que le choc démographique leur apportera des perspectives de carrière nouvelles) qui devraient pleinement profiter du départ de la génération des papy boomers. Ils semblent craindre que les cadres trentenaires ne soient privilégiés par la DRH lors des promotions internes et des recrutements.

Les départs anticipés restent à l'ordre du jour dans les entreprises. La très grande majorité des entreprises interrogées (82 %) a procédé à des mises en préretraite et départs anticipés au cours des dernières années et elles restent relativement nombreuses (39 %) à envisager dans le futur de mettre en place des dispositifs facilitant ces départs anticipés.

Cette proportion se situe même à un niveau de 70 % pour les très grandes entreprises qui continuent à voir dans cette possibilité une voie pour adapter leurs effectifs, malgré l'évolution des contraintes et la réduction du champ des actions possibles.

D'ailleurs, malgré le discours généralisé sur la nécessité de prolonger l'activité des seniors, seulement 14 % des DRH déclarent avoir défini une politique spécifique pour prolonger l'activité de certains seniors, et seulement 12 % l'envisagent.

Réalisée par l'Observatoire Cegos en février 2006, cette édition a porté sur un échantillon de 150 DRH et de 300 cadres.

L'Observatoire Cegos des Performances de l'Entreprise est un centre de veille et d'études, spécialisé dans l'analyse des évolutions du management des entreprises. Depuis 30 ans, la Cegos publie régulièrement les résultats de grandes enquêtes portant sur les principales fonctions de l'entreprise ou sur des problématiques d'actualité.


Publié le Mardi 11 Avril 2006 dans la rubrique Emploi | Lu 9895 fois