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Ostéoporose : trop de femmes abandonnent le traitement en cours de route

Un sondage réalisé par Ipsos Santé, à la demande de la Fondation Internationale de l’Ostéoporose (IOF), sur le traitement de la maladie et son suivi, vient d’être présenté à Vienne (Autriche) lors d’un congrès de la Ligue Européenne contre le Rhumatisme (EULAR). Celui-ci montre qu’un grand nombre de patientes, ne percevant pas les effets bénéfiques du traitement, décident d’elles-mêmes de l’arrêter.


Cette étude a été réalisée auprès de 500 médecins et de 500 patientes atteintes d’ostéoporose et recevant un traitement à base de biphosphonates dans cinq pays européens (France, Allemagne, Italie, Espagne et Royaume-Uni).

Cette étude montre que plus d’un tiers des femmes (34%) qui ont été interrogées, n’ont pas conscience des apports bénéfiques de ces médicaments, ou croient même qu’ils n’ont aucun intérêt. Ainsi, elles sont nombreuses à se décider à cesser le traitement à cause des effets secondaires.

D’ailleurs, toujours selon cette étude, plus de huit médecins sur dix indiquent qu’ils ont des patientes qui ont arrêté le traitement trop tôt pour qu’il soit efficace. De plus, 70% d’entre eux avouent ne pas savoir pourquoi, ces femmes malades ont décidé d’arrêter la prise de médicaments de manière spontanée.

« Ceci est très préoccupant » indique le docteur Jean-Yves Reginster, professeur d’épidémiologie, de santé publique et d’économie de la santé à l’Université de Liége en Belgique. « Si nous voulons obtenir un réel impact sur la santé de nos patientes atteintes par l’ostéoporose, il est vital qu’elles poursuivent le traitement sur le long terme. L’enquête nous révèle que neuf femmes sur dix, souffrant de cette maladie des os, sont bien conscientes de la gravité de cette pathologie mais qu’elles ne perçoivent pas quels sont les effets bénéfiques du traitement ».

L’étude fait aussi ressortir un manque de communication entre les docteurs et leurs patientes. 60% des femmes traitées estiment que la meilleure incitation qu’elles pourraient recevoir, en vu de continuer leur thérapie, serait qu’on leur explique les effets bénéfiques du traitement. Malheureusement, 41% des médecins, pour « motiver » leurs malades, communiquent sur les risques de fractures et les complications qu’elles peuvent entraîner en cas d’abandon de la thérapie. L’étude conclut donc, qu’il est nécessaire de persuader les malades de poursuivre leur traitement en focalisant sur les côtés positifs du traitement.

De plus, même si les médecins sont persuadés de l’importance de maintenir le traitement sur le long terme, même si 82% d’entre eux indiquent qu’ils recommandent à leurs patientes de le suivre sur une durée d’un an ou deux, seule la moitié des femmes malades se souvient avoir été prévenue de ne pas cesser la médication.

Pour le docteur Daniel David, directeur exécutif de l’IOF « les résultats de l’étude montrent qu’il reste des choses à améliorer. Les médecins doivent essayer de mieux comprendre les motivations de leurs patientes et améliorer le dialogue et la qualité des consultations. Bien que notre but principal soit de prévenir les fractures ostéoporotiques, nous souhaitons encourager les docteurs et leurs patientes à mieux communiquer afin que le traitement soit le plus efficace possible ».

L’IOF est une organisation internationale qui lutte contre l’ostéoporose. Elle comprenant des scientifiques, des médecins, mais aussi des associations de patients. Elle annonce travailler avec 170 sociétés médicales de part le monde.

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Ostéoporose : trop de femmes abandonnent le traitement en cours de route

Quelques chiffres :

Ostéoporose : trop de femmes abandonnent le traitement en cours de route
L’ostéoporose est responsable, en France, de plus de 130 000 fractures annuelles : 35.000 touchent le poignet, 50.000 les vertèbres et 50.000 la hanche. Le milieu médical ne cesse d’alerter les pouvoirs publics. Pourtant, jusqu’à maintenant, ni les tests de diagnostics ni les traitements –pourtant efficaces- ne sont remboursés, du moins jusqu’à la survenue de la première fracture. Il est pourtant indispensable d’informer les Français sur cette maladie. On estime que près d’une femme sur deux de plus de cinquante ans sera victime d’une fracture ostéoporotique et près de 15% des hommes de la même tranche d’âge. Au-delà de 80 ans, plus des deux tiers des femmes en souffrent…

Compte tenu du vieillissement de la population et de l’allongement de la durée de vie, il est très important que les femmes, à l’approche de la ménopause, portent une attention particulière à cette maladie des os, directement liée à une carence en œstrogène. Quant aux femmes ménopausées déjà fracturées, il est indispensable qu’elles consultent leur médecin pour un diagnostic. L’ostéoporose est en effet une pathologie simple à détecter, grâce à l’ostéo-densitométrie, qui mesure la densité osseuse par rayons X. Elle permet de déceler la maladie de manière fiable. Seul problème : cette technique s’avère coûteuse et n’est toujours pas remboursée par l’assurance maladie…


Publié le Vendredi 10 Juin 2005 dans la rubrique Santé | Lu 6767 fois