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Ostéoporose : du rôle préventif des polyphénols et des phyto-œstrogènes

L’ostéoporose constitue un problème majeur de santé publique. Cette affection chronique liée à l’âge résulte d’une détérioration de l’architecture osseuse et d’une réduction du contenu minéral de l’os, engendrant une fragilisation du squelette. L’impact de l’alimentation sur le métabolisme squelettique ouvre aujourd’hui la voie d’une véritable prévention nutritionnelle. Dans ce contexte, les chercheurs de l'Institut national de recherche agronomique (INRA) ont mis en évidence chez l'animal l'efficacité de deux polyphénols : l'hespéridine des agrumes et l'oleuropéine de l'olivier.


Ces résultats ont fait l’objet de brevets au nom de l’INRA et de licences exclusives. Les chercheurs ont également montré que les animaux exposés aux phyto-œstrogènes au cours de la période périnatale ont une masse osseuse supérieure, et une meilleure résistance à la fracture en fin de vie. Des expérimentations complémentaires sont en cours pour confirmer ces effets chez l’homme.

Si le rôle du calcium et de la vitamine D ne sont plus à démontrer dans la prévention de l’ostéoporose, affirme les chercheurs de l’INRA, le bénéfice d’une alimentation riche en produits végétaux n’a été que suggéré par quelques études épidémiologiques. C’est sur ce concept nouveau du rôle des facteurs extra-calciques, et plus particulièrement des phyto-nutriments, qu’ont travaillé les chercheurs. Les expériences ont été menées sur la rate ovariectomisée comme modèle de la femme ménopausée.

Le rôle des polyphénols dans la prévention de l’ostéoporose

Les chercheurs de l’INRA ont mis en évidence chez la rate en croissance l’efficacité de trois mois d’un régime alimentaire contenant 0,5% d’hespéridine, polyphénol des agrumes, aussi bien dans la protection de son capital osseux, que sur l’acquisition du pic de masse osseuse.

Ce même régime prévient les perturbations osseuses caractéristiques des animaux ovariectomisés, en période de croissance et à l’âge adulte. Des études cliniques sont en cours chez l’homme.

Les chercheurs ont également démontré chez l’animal des propriétés ostéoprotectrices de l’oleuropéine, polyphénol majeur des produits de l’olivier, en condition d’ostéoporose sénile, via ses propriétés anti-inflammatoires. .../...

En effet, la consommation d’oleuropéine à la dose de 0,015% dans le régime permet de protéger le squelette du processus de vieillissement mimé par une castration couplée à un processus inflammatoire. Ces données permettraient d’expliquer, au moins partiellement, les bienfaits de l’alimentation de type méditerranéen riche en huile d’olive (moindre incidence de la pathologie dans les pays d’Europe du Sud). Les études cliniques sont envisagées à court terme afin de valider les propriétés de l’oleuropéine chez l’homme.

Ces deux polyphénols aux propriétés spécifiques ouvrent des perspectives très intéressantes pour la prévention de l’ostéoporose, tant postménopausique que sénile. Ils constituent donc deux stratégies nutritionnelles originales et complémentaires pour la prise en charge de la pathologie. Ces résultats ont fait l’objet de dépôts de brevets, licenciés de manière exclusive par INRA Transfert pour le compte de l’INRA.

Le rôle des phyto-œstrogènes dans la prévention de l’ostéoporose

Les études prospectives estiment que d’ici 25 ans, près de 50% des femmes françaises seront ménopausées. Or, les pouvoirs publics recommandent que l’hormonothérapie substitutive soit considérée avec parcimonie, compte-tenu de risques potentiels sur la santé.

Les chercheurs de l’INRA ont dans un premier temps étudié chez l’animal modèle l’impact de la période d’exposition aux phyto-œstrogènes sur l’efficacité de la protection osseuse. Des rates ont donc été exposées ou non via le régime alimentaire de la mère en période périnatale à des isoflavones de soja.

Au sevrage, ces animaux ont ensuite reçu soit un régime standard, soit une alimentation enrichie en isoflavones Les résultats ont montré que l’exposition aux phyto-œstrogènes n’a pas eu d’impact pendant la période de croissance sur l’acquisition du capital osseux. En revanche la masse osseuse s’est révélée supérieure chez tous les animaux en fin de vie, c'est-à-dire quelque soit le régime attribué au sevrage et la résistance à la fracture supérieure chez les toutes les femelles.

En conclusion, si l’expérimentation animale a fourni certaines preuves d’efficacité dans la prévention de la perte osseuse, des recherches restent néanmoins à mener chez l’homme.

Source : INRA
Unité mixte de recherche « Nutrition humaine» INRA-Université Clermont I, département « Alimentation humaine. », centre INRA de Clermont-Ferrand-Theix.


Publié le Jeudi 11 Octobre 2007 dans la rubrique Nutrition | Lu 8186 fois