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Oméga-3 : une étude va tester pendant 5 ans leurs effets sur la maladie d'Alzheimer

Les laboratoires Pierre Fabre vont lancer en mars 2006 à Montauban (Tarn-et-Garonne) une grande étude épidémiologique d’une durée de cinq ans « unique en Europe » à laquelle participeront quelque 4.000 personnes âgées, afin d’évaluer l'intérêt des oméga-3 dans la prévention des maladies neurodégénératives, dont Alzheimer.


Ce programme, conduit sous le haut patronage du ministère de la Santé en partenariat avec l’assurance maladie de Midi-Pyrénées, a été baptisé « Aloïs de Montauban » en hommage au neurologue allemand Aloïs Alzheimer qui fût le premier à découvrir cette pathologie en 1907.

L’étude va tester pendant cinq ans sur 4.000 habitants âgés de 67 ans et plus et pour la première fois en Europe, l’impact d’une supplémentation en acides gras poly insaturés purifiés de la série Oméga-3 sur les maladies neurodégénératives.

Les oméga-3 possèdent des propriétés anti-oxydantes et anti-inflammatoires. « Les acides gras polyinsaturés oméga 3 (PUFA) et plus spécifiquement l’un d’entre eux, l’acide docosahexaénoïque (DHA) jouent un rôle important dans la structure et les fonctions du cerveau » indique le communiqué du laboratoire Pierre Fabre qui ajoute que « plusieurs études épidémiologiques ont souligné la relation inverse entre le niveau d’oméga 3 et le risque de maladie neurodégénérative ».

L’objectif principal de cette étude est de démontrer la diminution de fréquence des maladies neurodégénératives, quelle qu’en soit la cause chez des patients sous traitement par oméga 3 du type DHA. De plus, elle vise à répondre aux principales questions que l’on se pose sur les moyens d’améliorer la précocité du diagnostic (un cas sur deux n'est pas diagnostiqué), les modalités de sa prise en charge et la prévention des maladies neurodégénératives dont la maladie d’Alzheimer.

La moitié des 4.000 participants à l'étude recevra un traitement par oméga 3 de type DHA, et l'autre moitié un placebo. Un bilan biologique, des tests de dépistage et un questionnaire seront pratiqués chaque année pendant cinq ans par les médecins investigateurs. Le bilan biologique annuel (gratuit) devrait permettre un dépistage précoce d’éventuels problèmes de santé. La consultation annuelle devrait aussi permettre à chaque sujet inclus de bénéficier d’une visite annuelle approfondie, autorisant un dépistage précoce des maladies neuro-dégénératives. Si un bénéfice apparaissait, l'étude pourrait être arrêtée prématurément pour ne pas léser les patients recevant un placebo.

Le recrutement des seniors volontaires pour cette opération, hommes ou femmes sans pathologies graves et sans troubles cognitifs, se fera par l'intermédiaire d'une cinquantaine de médecins généralistes de la ville de Montauban, qui seront sensibiliser à cette opération à partir de novembre. Tous les participants doivent résider dans cette ville, qui a été choisie en raison de sa représentativité de la structure de la population française dans les années à venir. Cette unité de lieu pour le recrutement des patients a pour but d’assurer une adhésion maximale au projet et de favoriser l’inclusion et le suivi des patients dans le temps.
Oméga-3 : une étude va tester pendant 5 ans leurs effets sur la maladie d'Alzheimer

Oméga-3 : une étude va tester pendant 5 ans leurs effets sur la maladie d'Alzheimer
Rappelons que la maladie d'Alzheimer est une maladie neurodégénérative. Il s'agit de la forme la plus commune de démence. Elle touche environ 25 millions de personnes dans le monde, dont 4.5 millions aux Etats-Unis, 500.000 personnes au Royaume-Uni et de 800.000 en France soit 18% des personnes de plus de 75 ans. On dénombre aujourd’hui près de 165 000 nouveaux cas par an.

Compte tenu du vieillissement de la population dans l'ensemble des pays industrialisés, il est à craindre que cette maladie ne se développe fortement dans les années à venir. D’ici 2050, notre pays comptera plus de onze millions de personnes de plus de 75 ans et près de cinq millions de plus de 85 ans, soit trois fois plus qu’aujourd’hui. La prévalence de la maladie est plus élevée chez les femmes. Elle augmente avec l’âge : de 1,5 % à l’âge de 65 ans, elle double tous les quatre ans pour atteindre 30 % à l’âge de 80 ans.

Le coût du traitement d'un malade est estimé à 22.000 euros par an selon Bernard Mercier, président de la caisse primaire d'assurance maladie du Tarn-et-Garonne (sud-ouest), partenaire de l'opération avec la ville de Montauban.


Publié le Jeudi 27 Octobre 2005 dans la rubrique Santé | Lu 2866 fois