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Nous sommes tous des aidants et des aidés potentiels

L’étude « Teva Santé – Regards croisés aidants / aidés » a permis de mettre en évidence un hiatus de perception entre aidants et aidés sur la question de l’autonomie : si les aidants et les aidés admettent de la même façon que l’autonomie intègre une composante matérielle et psychologique, les aidants sont plus sensibles à la première quand les aidés demandent davantage de relationnel. Pour l’aidant, l’autonomie c’est avant tout « être capable de faire les choses » , pour l’aidé, c’est avant tout « ne pas dépendre d’autrui ou le moins possible »


Nous sommes tous des aidants et des aidés potentiels
En 2014, la France comptait 1,2 millions de personnes âgées en perte d’autonomie. Sans action préventive, ce chiffre s’élèvera à 2,7 millions en 20602.
 
« L’autonomie » est synonyme de liberté et d’indépendance ; elle est la capacité du patient à décider pour lui-même des règles auxquelles il obéit et à agir en conséquence. En pratique, dans l’approche médicale, l’autonomie désigne, avant tout, la capacité pour un sujet valide ou handicapé d’assurer les actes de la vie courante.
 
En cela, elle s’oppose à la notion de « dépendance » qui se définit comme « un état durable de la personne entraînant des incapacités et requérant des aides pour réaliser des actes de la vie quotidienne, le degré de dépendance d’une personne âgée dépendant du niveau des limitations fonctionnelles et des restrictions d’activité qu’elle subit, et non directement de son état de santé ».
 
Par ailleurs, dans une société qui vieillit, le nombre de personnes de 75 ans et plus va doubler (de 9% en 2013 à 17,9%) à l’horizon 2070 et celle des 65-74 ans progresser de 27% sur la même période. Dans ce contexte, alors que la prévalence des maladies chroniques associées au vieillissement ne cesse de croitre, la prise en charge des ainés en perte d’autonomie ou dépendants et leur soutien à domicile, sont des questions centrales à fort retentissement social et économique pour les individus et la collectivité.
 
Les années de vie en bonne santé
Si l’on s’intéresse aux aspects liés à la prévention et à une démarche active visant à favoriser l’autonomie des personnes fragiles ou à risque de dépendance, il faut prendre en compte les statistiques sur les années de vie en bonne santé. La Commission européenne a d’ailleurs mis en évidence le « bien vieillir », entendu comme vieillissement actif et en bonne santé, comme étant l’un des défis de société majeurs commun à tous les États Membres.
 
En 2014, le nombre d’années de vie en bonne santé à la naissance dans l’UE-28 était estimé à 61,4 ans pour les hommes et 61,8 ans pour les femmes, ce qui représentait respectivement environ 79% et 74% de l’espérance de vie totale mais qui représente un écart réduit à seulement 4 mois entre les hommes et les femmes.
 
Pour la France, le nombre d’années de vie en bonne santé est de 63,4 ans pour les hommes et de 64,2 ans pour les femmes, ce qui représente respectivement deux ans de plus pour les hommes et deux ans et demi de plus pour les femmes par rapport à la moyenne UE-285. 
 
Le mieux vivre chez soi : vivre chez soi en toute sécurité
On constate clairement un besoin de « vivre chez soi » en sécurité, une recherche du « bien-être » et de « mieux vivre chez soi » le plus longtemps possible en autonomie. En janvier 2013, une mission interministérielle soulignait les faits suivants :  
- La demande d’hébergement de personnes très âgées (au-delà de 85 ans) mais valides va fortement croître tout au long des prochaines décennies. On estime en effet à + 1,5 millions la croissance du nombre de personnes âgées « de 85 ans et plus » non dépendantes entre aujourd’hui et 2030. - - - - L’immense majorité de ces 1,5 millions de personnes demeurera dans leur domicile. D’autres inclinera, comme c’est déjà le cas aujourd’hui, à déménager dans un logement plus adapté. 
 
Vivre au domicile d’un proche en perte d’autonomie : un choix pour les trois-quarts des Français…
En 1982, dans la population âgée de 85 ans et plus, une personne sur dix vieillissait chez elle (seule ou en couple). En 2011, ce sont huit personnes sur dix âgées de 85 ans et plus qui demeurent à domicile, et bien que des disparités territoriales existent, cette tendance à une plus forte autonomie résidentielle s’observe dans tous les départements français.
 
En 2017, interrogés sur les moyens d’aider un proche en situation de perte d’autonomie, les Français sont plus de sept sur dix à plébisciter le maintien à domicile, très loin devant -sans surprise- le placement en établissement spécialisé (7%). Les besoins sont croissants et la question des moyens nécessaires au maintien à domicile des personnes en situation de perte d’autonomie est donc un véritable sujet de société dont les évolutions sociétales ne feront plus marche arrière.
 
… rendu possible, notamment, par l’action des aidants familiaux 
Aider les personnes âgées en situation de perte d’autonomie à vivre dans leur environnement leur permet de conserver une autonomie essentielle au maintien de leur qualité de vie et de leur équilibre psycho-social, facteur essentiel du « bien vieillir » qui agit positivement sur le risque de comorbidités (baisse des capacités cognitives, altération des capacités motrices…). 
 
Les proches, que l’on appelle communément « les aidants », sont des figures importantes de cette aide apportée aux personnes âgées ou en situation de fragilité à leur domicile. En 2017, treize millions d’aidants apportent une aide régulière et bénévole à un ou plusieurs de leur proche en situation de handicap ou de dépendance, leur consacrant pour 57% d’entre eux plus de 5 heures hebdomadaires et pour 18%, plus de 20 heures hebdomadaires.


Publié le Vendredi 6 Octobre 2017 dans la rubrique Aides à domicile | Lu 988 fois