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Neurodon : se mobiliser pour mieux comprendre le vieillissement du cerveau

La Fédération pour la recherche sur le cerveau (FRC), lancera samedi prochain, le 17 mars, la huitième édition de sa campagne baptisée Neurodon, destinée à aider et financer la recherche sur les maladies du cerveau –Alzheimer, Parkinson, épilepsie…- mais également à mieux comprendre le vieillissement normal de ce « ormidable ordinateur, le plus précieux au monde ».


« La connaissance et la compréhension du cerveau sont des enjeux collectifs majeurs pour faire face à l’allongement de la durée de vie » indique en préambule la FRC dans son communiqué.

Depuis sa création en 2000, cette structure milite pour une coopération renforcée dans le domaine de la recherche scientifique transversale sur le cerveau. Plus de 14 millions de personnes sont atteintes d’une maladie du cerveau en France et cette réalité ne fera que s’amplifier compte tenu de l’allongement de la durée de vie.

Il faut comprendre que si la recherche sur le cerveau poursuit l’objectif de guérir les maladies, elle permet aussi de mieux les prévenir et de les diagnostiquer plus tôt. Jeunes, moins jeunes, tout le monde est concerné, c’est pourquoi la FRC a choisi de sensibiliser les Français au phénomène de vieillissement cérébral à l’occasion de la campagne du Neurodon 2007.

Samedi 17 mars 2007, la campagne du Neurodon sera l’occasion d’aborder la problématique du vieillissement des cellules cérébrales. La communauté scientifique s’est de plus en plus intéressée au phénomène de vieillissement cérébral depuis ces dernières années. Ainsi, a-t-on pu affirmer, contrairement aux idées reçues, que les neurones ne meurent pas. Si le vieillissement du cerveau est un phénomène naturel au même titre que pour les autres organes, il est possible de retarder, ralentir, voire empêcher les effets de l'âge sur les fonctions intellectuelles.

Cette découverte a permis de mettre en évidence une distinction entre le vieillissement normal et le vieillissement pathologique du cerveau, puis de déterminer les possibilités pour retarder ces évolutions, normales ou pathologiques, grâce à la stimulation cérébrale. .../...
Affiche du Neurodon

Par ailleurs, régime alimentaire, apport exogène de suppléments et hormones, activité physique et intellectuelle, contrôle du stress semblent notamment avoir un rôle préventif. Autant de pistes qui représentent un réel espoir, tant pour les personnes âgées désireuses de préserver leurs fonctions cognitives intactes que pour les personnes touchées par des maladies neurologiques.

Rééquilibrer le rapport entre le coût socio-économique des maladies neurologiques et les dépenses accordées à la recherche est de première nécessité, affirme l’association. Le poids socio-économique des maladies du cerveau est de plus en plus important (428 milliards d’euros en 2004), il est aujourd’hui supérieur à celui de toute autre maladie. Au coût direct, qu’il soit médical (consultations, médicaments, examens) ou non médical (transports, institutions spécialisées, habitations adaptées au handicap, aides sociales diverses) s’ajoute le coût indirect qui est plus difficile à évaluer. Or, les crédits accordés à la recherche sont encore insuffisants. Face à cette situation, il est indispensable de se mobiliser et de contribuer à l’effort de recherche sur le cerveau.

En France, si la recherche a considérablement avancé ces vingt dernières années, notamment dans la compréhension du développement du cerveau et des maladies neurologiques, il reste beaucoup à faire. Toutefois, la mise en place très prochaine du Plan National sur le Cerveau et les Maladies du système nerveux lancé en mai 2006 à l’initiative du gouvernement, présage une réorganisation de la recherche.

Au-delà des dons financiers, il est important de rappeler que la science a besoin de cerveaux. Ainsi, l'appel sur les dons de cerveau concerne actuellement les personnes souffrant de la maladie Parkinson, de la maladie d'Alzheimer ou de troubles apparentés, mais également des personnes « indemnes de toute maladie neurologique », souligne le professeur Charles Duyckaerts, responsable du projet à l'hôpital Pitié-Salpêtrière à Paris. L'important pour les chercheurs, souligne-t-il, c'est d'avoir des échantillons de « cerveaux normaux » à titre comparatif à côté des cerveaux d'anciens malades.

Concrètement, les cerveaux sont collectés dans les 48 heures après le décès, sur les personnes ayant fait de leur vivant une promesse de don. Ces derniers servent à alimenter un Centre de ressources biologiques (CRB) pour l'étude des maladies du système nerveux.

La banque tissulaire Alzheimer en voie de constitution doit s'ajouter, dans le cadre de ce projet, à la Cérébrothèque Parkinson, collection de tissus cérébraux pour la recherche, à la constitution de laquelle l'association de patients France Parkinson a contribué.

Plus de 800 promesses de don ont été recueillies et des prélèvements réalisés lors d'autopsies ont déjà permis de collecter 71 échantillons de cerveaux de patients ayant souffert des maladies d'Alzheimer ou de Parkinson, selon le Pr Duyckaerts.

* La FRC fédère la Fondation Française pour la Recherche sur l’Epilepsie, l’Association France Parkinson, l’Association France Alzheimer, l’Association pour la recherche sur la Sclérose en plaques, l’Association pour la Recherche sur la Sclérose Latérale Amyotrophique. Elle travaille également en partenariat avec Huntington France et Aramise (Association pour la Recherche sur l’Atrophie Multisystématisée).

Le cerveau dans tous ses éclats

Exposition gratuite pour le grand public au Jardin des Plantes
du 16 au 21 mars entre 10h et 17h30.

La Fédération pour la Recherche sur le Cerveau propose, en partenariat avec sanofi-aventis, l’INSERM, la Société des Neurosciences et Publicis Dialog, un incroyable voyage au coeur du cerveau.

Cette exposition gratuite, accueillie par le Muséum National d’Histoire Naturelle et organisée avec la collection photographique de l’Inserm, se déroulera du 16 au 21 mars entre 10h et 17h30 sur l’esplanade du Jardin des Plantes.

Elle se tiendra également à l’aéroport de Bordeaux et dans plusieurs autres villes.

Pour toute information consulter www.neurodon.fr.


Publié le Jeudi 15 Mars 2007 dans la rubrique Santé | Lu 6350 fois