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Mieux financer la dépendance : présentation des propositions de Philippe Bas

Philippe Bas, ministre délégué aux Personnes âgées a présenté, le 20 mars dernier, ses propositions pour faire face au défi financier de la dépendance : développer une cinquième branche de la protection sociale, diminuer la charge financière qui pèse sur les personnes âgées et leurs familles, et assurer la prise en charge de la dépendance par des économies budgétaires et par la prévoyance individuelle et collective.


Dans les dix ans à venir, la population âgée de plus de 85 ans aura quasiment doublé, et la part de la dépendance dans le PIB, aujourd’hui proche de 1%, sera comprise entre 1,2 et 1,3% dès 2020.

« Il est certain que les recettes les plus dynamiques de la nation doivent être plus largement affectées aux charges liées au vieillissement, car ces charges sont appelées à progresser rapidement », a déclaré Philippe Bas lors de la présentation de ses propositions mardi dernier.

A partir du rapport « Perspective financières de la dépendance des personnes âgées à l’horizon 2025 : prévisions et marges de choix » qui lui a été remis par Hélène Gisserot, procureur général honoraire près la Cour des comptes, le ministre délégué aux Personnes âgées a préconisé le plan d’action suivant :

Développer une cinquième branche de la protection sociale
Grâce à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA) et à l’Allocation personnalisée pour l’autonomie (Apa), la prise en charge de la dépendance s’appuie dorénavant sur une approche individualisée des besoins et sur le rôle de proximité des départements. Pour gagner en efficacité, l’Apa deviendra une véritable prestation de compensation de la dépendance des personnes âgées, afin de mieux prendre en charge les aménagements de logement et les aides techniques.
Mieux financer la dépendance : présentation des propositions de Philippe Bas

Répondre par la solidarité nationale aux principaux besoins des personnes dépendantes et de leurs familles
Grâce à l’Apa, le maintien à domicile devrait être favorisé. Toutefois, ce qui reste à charge de la famille lorsque la personne dépendante est hébergée en établissement reste très élevé, précise le communiqué du ministère : 54 % des coûts lui sont imputés. Il faut en effet savoir que le coût des prix de journée dans les maisons de retraite « représentent en moyenne 1.500 euros par mois, alors que le revenu moyen des plus de 80 ans se situe à 1.200 euros » a précisé Philippe Bas. Et d’ajouter « je souhaite que ce reste à charge soit réduit de 25 % ». Une réduction financée grâce aux économies réalisées par la réforme de l’Etat et la maîtrise de l’assurance maladie.

Encourager la prévoyance de la charge financière induite par le risque de dépendance
« Mon choix est celui d’une société de solidarité, mais aussi d’une société de responsabilité », a souligné le ministre délégué. Les personnes frappées par la dépendance devront pouvoir mobiliser leur patrimoine en le rendant plus disponible, soit par le viager hypothécaire - prêt gagé sur la valeur du domicile - soit par la mobilisation de l’assurance vie. Le développement d’une couverture complémentaire dépendance, distribuée par les mutuelles, les institutions de prévoyance sociale ou les assureurs privés, devrait en outre être favorisé.

Par ailleurs, à l’occasion de la Semaine des métiers du grand âge qui se déroule du 19 au 26 mars, une campagne d’information a été lancée à destination des jeunes sur les professions du secteur médico-social. Des brochures d’information et des fiches métiers sont disponibles dans tous les points d’information jeunesse ainsi que dans les ANPE.

Pour sa part, le candidat UDF François Bayrou s'est prononcé mardi pour « une grande politique de prévention de la dépendance en matière de santé » signé entre le patient et son médecin traitant. De son côté, Ségolène Royal devrait s'exprimer à ce sujet aujourd’hui lors d’une visite dans une maison de retraite de Saint-Maur.

L'APA en quelques mots

Rappelons que l'APA a été créée en 2002. Elle est attribuée sur la base d'un barème quantifiant le degré de dépendance ou d'autonomie. Elle bénéficie aujourd'hui à 971.000 personnes, pour un montant mensuel moyen d'environ 600 euros pour celles qui vivent chez elles, et de 400 euros pour les quelque 600.000 résidents en maison de retraite.


Publié le Mercredi 21 Mars 2007 dans la rubrique Social | Lu 5496 fois