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Mexique – Création d’une maison d'accueil pour les prostituées seniors

Compte tenu du vieillissement d’une partie des prostituées du quartier de la Merced, l’un des plus mal famés de la capitale mexicaine, une anthropologue, aidée par une prostituée indépendante, ont décidé de monter une structure d’accueil destinée à recevoir ces femmes sans ressources et rejetées par tous, indique un récent article du quotidien mexicain Cimac, oeuvrant pour le droit des femmes.


Lors d’une récente conférence de presse, Carmen Muñoz, péripatéticienne dans ce quartier chaud de Mexico, a annoncé le lancement de ce projet intitulé la Maison Xochiquetzal. Il devrait accueillir dans six mois environ, grâce au soutien de nombreuses associations caritatives, une soixantaine de prostituées âgées de 65 à 85 ans.

Et de rappeler que ces femmes ont vendu leur corps pendant plus de trente ans, et qu’aujourd’hui, abandonnées et rejetées par leur propre famille et par la société, elles ne possèdent aucun moyen de subsistance et se retrouvent donc, dans un état d’extrême pauvreté. Exerçant le même métier que ces femmes seniors, Carmen Muñoz souligne qu’elle « a pressenti les souffrances de ses collègues, qui dorment dans des cartons dans le centre ville de Mexico et qui parfois n’ont rien à manger ».

Il y aurait actuellement dans ce quartier, entre 100 et 150 prostituées seniors. La moitié aurait été abandonnée par leurs proches parce qu’elles ne « rapportent plus assez ». Et Mme Muñoz d’ajouter « alors que beaucoup ont vécu grâce à leur travail, maintenant elles n'ont plus rien pour vivre ».

Selon Marta Lamas, l’anthropologue à l’origine de ce projet, cet espace, fourni par le gouvernement du district fédéral, sera installé dans un édifice du centre historique de la capitale mexicaine. Actuellement en travaux, il n’accueillera dans un premier temps, que les prostituées seniors de ce quartier. De manière à pouvoir couvrir une partie des frais de fonctionnement, ces personnes âgées réaliseront des travaux artisanaux (comme de la céramique) qu’elles pourront commercialiser. « Elles ne veulent pas vivre de la charité » précise Mme Lamas.

En plus d’être un lieu de vie, cette maison souhaite devenir un centre d’aide psychologique et d’informations juridiques pour les jeunes prostituées. Ce projet pilote, développé, dans un premier temps au niveau local, pourrait être dupliqué dans d’autres villes s’il fonctionne correctement.


Publié le Mardi 22 Mars 2005 dans la rubrique Société | Lu 4667 fois