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Senior Actu

Maroc - La nouvelle destination 'tendance' pour les seniors

Un grand nombre de retraités européens partent s’établir l’hiver dans le sud marocain avec leur camping-car. Ne disposant pas toujours de revenus conséquents, ils préfèrent s’exiler temporairement au Maroc, afin de profiter de la douceur du climat et d’un coût de la vie moins élevé qu’en France. Certains seniors ont même décidé de s’y installer définitivement. Jusqu’à maintenant la population locale a pu profiter de cette manne financière, mais ce phénomène n’est pas sans poser quelques difficultés.


Dès l’arrivée de l’automne, le sud de la côte marocaine est pris d’assaut par des milliers de camping-cars. Les retraités européens viennent prendre leurs quartiers d’hiver sur les plages qui bordent l’Atlantique. Ils sont majoritairement Français, mais on y rencontre aussi des Allemands, des Italiens, des Suédois, des Suisses et même leurs "voisins" Espagnols. Ils s’installent sur les plages, face à la mer, pour une période de trois à six mois.

Le phénomène n’est pas récent. Cette pratique a démarré il y a une dizaine d’années. Au départ réservée à quelques « originaux », le concept à gagner de nombreux adeptes au fil des ans. Désormais, chaque année, des milliers de retraités fuient la froidure hivernale de l’Europe mais aussi ses niveaux de vie trop élevés pour certaines bourses...

Au début de l’aventure, les conditions de vie étaient plutôt spartiates, mais petit à petit un certain confort s’est installé. Les populations locales ont en effet, vite compris qu’elles pouvaient « profiter » de ce tourisme d’un genre nouveau pour améliorer leur quotidien. Toute une batterie de services s'est donc parallèlement développée. Maintenant, les caravanes et les camping-cars ont l’électricité grâce à l’énergie solaire, des camions citernes fournissent de l’eau potable et certaines familles marocaines proposent des livraisons de repas chauds ou effectuent divers travaux de réparation, etc. Lorsqu’il s’agit de faire des courses plus conséquentes, les seniors peuvent toujours se rendre dans l’une des grandes villes côtières du sud marocain.

En plus de s’intensifier, ce phénomène est en train d’évoluer. Certains couples de retraités, fatigués par le climat européen et par l’augmentation du coût de la vie, décident de rompre avec leur pays d’origine et de s’exiler définitivement au Maroc. Les responsables politiques du pays l’ont bien compris puisqu’ils permettent aux Français qui le souhaitent, de s’installer tout en profitant d’importants dégrèvements fiscaux.

Ainsi, il n’est pas rare de croiser dans les rues d’Essaouira des couples de seniors qui sont devenus propriétaires d’appartements ou de riads pour des prix qui varient entre 40.000 et 100.000 euros. Le prix d’un petit studio à Paris. De plus, même les retraités touchant des faibles pensions, peuvent se permettre de vivre décemment, compte tenu d’un coût de la vie qui reste nettement inférieur à celui de la France.

Jusqu’à maintenant cette situation a été profitable pour tous. Toutefois, l’ampleur du phénomène commence à engendrer certains problèmes. Le camping sauvage sur les plages entraîne une pollution des sites, qui ne sont pas adaptés à recevoir d’un coup, et pendant six mois, des centaines de personnes. Autre conséquence, qui touche les marocains eux-mêmes : la présence de ces seniors permet certes, à toute une partie de la population d’améliorer leurs revenus en favorisant le commerce et l'emploi, mais elle entraîne aussi, parallèlement, une augmentation générale du niveau de vie, notamment en ce qui concerne l’immobilier. C’est ainsi que certains marocains commencent à rencontrer des difficultés pour se loger.

Face à ce constat, le gouvernement marocain et les municipalités côtières vont devoir légiférer et s’organiser pour gérer au mieux cette situation afin qu’elle reste profitable, aussi bien aux Marocains qu’aux retraités.


Publié le Lundi 14 Mars 2005 dans la rubrique Société | Lu 11402 fois