Sommaire
Senior Actu

Marc Cerrone : « Celebrate » ses 30 ans de carrière

Depuis 1976 et la sortie de son premier album solo « Love in C minor », le style « Cerrone » a marqué les différents courants musicaux. Il a récemment fêté ses 30 ans de carrière, reçu cinq Awards (équivalents aux Etats-Unis de nos Victoires de la musique), vendu 30 millions d’albums dans le monde. « Celebrate », son nouvel album, est dans les bacs ce mois-ci.


Des centaines de milliers de spectateurs aux quatre coins de la planète sont déjà allés applaudir Marc Cerrone. Il fête cette année les 30 ans d’une carrière exemplaire de compositeur, batteur et producteur dont la réputation n’est plus à faire et sort un nouvel album « Celebrate », composé de 13 titres, en ce mois d’octobre 2007.

Toutefois, grâce à un partenariat inédit avec Samsung Mobile France, les impatients ont pu découvrir ce nouvel opus avant l’heure, puisqu’il était le premier album de musique vendu sur mobile. Pour cet événement, Marc Cerrone a accepté de répondre aux questions de Nos Tendres et Douces Années (NTDA) et il nous a reçus dans les bureaux de sa maison de production à Paris.

NTDA : Tout commence lorsqu’à l’adolescence, vous recevez votre première batterie. Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la musique. Vos parents étaient-ils eux-mêmes musiciens ?

Marc Cerrone : Non, mes parents n’étaient absolument pas musiciens. Lorsque j’étais petit, j’avais une énergie folle et je tapais sur tout et n’importe quoi. Afin de canaliser cette énergie, ma mère m’offrit une batterie, à la condition que je travaille bien en classe et que j’évite de faire des bêtises. C’est ainsi que j’ai gagné ma première batterie à l’âge de 12 ans.

J’ai joué dans divers groupes de rock, jusqu’à la création des Kongas, groupe afrorock français, aux sonorités proches de Santana. Eddy Barclay a cru en nous et nous a produits, une belle rencontre ! Mais au bout d’un certain temps, j’en ai eu marre. Le groupe avait pris une direction trop « pop » et j’ai décidé de partir. Je me suis dit : « Autant terminer ma carrière de batteur en beauté et me faire plaisir ».

Avec des musiciens comme Slim Pezin ou encore Don Ray (ndlr : de son véritable nom Raymond Donnez, célèbre arrangeur et chef d’orchestre de talent, ayant notamment travaillé avec Serge Gainsbourg et Sylvie Vartan), j’ai enregistré une bande son où la batterie était mise en avant. Normal puisque c’est l’instrument dont je joue.

Le morceau durait plus de 16 minutes, « Love in C minor ». Inutile de vous dire que je n’avais pas mis toutes les chances de mon côté. C’était bien trop long pour être diffusé en radio, les maisons de disques n’en voulaient pas, je l’ai produit moi-même. Grâce aux DJ, qui le passaient en discothèque, ça a marché. D’abord aux États-Unis, puis en France. Le mot « discothèque » a été coupé en deux et le « disco » est né.
Marc Cerrone

NTDA : Pour célébrer l’an 2000 et à la demande du maire de Los Angeles, vous avez mis en scène le sigle « Hollywood », devant des milliers de spectateurs. Plus récemment, vous avez enflammé la place d’Armes de Versailles. Quel est votre plus beau souvenir, parmi tous les événements grandioses auxquels vous avez participé à travers le monde ?

Marc Cerrone : Ils sont tous excellents. Je ne peux pas en citer un en particulier. Comment voulez-vous que je ne sois pas ravi de tout ça. En juin dernier par exemple, j’ai été plébiscité par les étudiants de Polytechnique pour jouer à leur concert annuel, le Point Gamma. C’est la plus grosse soirée étudiante de l’année. Vous vous rendez compte ? C’était formidable, tous ces jeunes. Le concert a duré plus longtemps que prévu. Versailles est aussi un merveilleux souvenir, sans parler de tous les autres événements. Non, impossible d’en choisir un.

NTDA : Depuis 30 ans, vous êtes le roi du disco et faites bouger des millions de personnes sur les dance floors du monde entier. Et vous, aimez-vous danser ?

Marc Cerrone : Je vais vous décevoir, mais non, je n’aime pas danser. Au départ, je ne me rendais pas vraiment compte. J’étais le leader, batteur et il était donc naturel que je mette le rythme et mon instrument en avant. C’est le public, les gens qui ensuite ont dit : « Ca bouge, c’est bien, ça donne envie de danser ».

Marc Cerrone : « Celebrate » ses 30 ans de carrière
NTDA : À l’occasion de vos 30 ans de carrière, votre nouvel album Celebrate est annoncé dans les bacs pour cet automne. Est-ce une sorte de bilan, de regard en arrière, pour vous ?

Marc Cerrone : Non pas du tout. J’ai travaillé avec quatre équipes différentes. Tout d’abord, Little Louie Vega des Masters at Work, qui est américain, vous connaissez ? J’ai fait deux titres au son très « Cerrone ».

Il y a aussi des Anglais Sweet Connection et les Français Tefa et Masta qui ont notamment travaillé avec Diam’s. La dernière équipe est allemande. Le résultat est assez satisfaisant, on reconnaît mon style de musique avec même parfois du son « afro » venu de l’époque des Kongas, mais surtout des arrangements très actuels, un son d’aujourd’hui. .../...

NTDA : La promotion de votre nouvel album se fait de manière très inhabituelle, grâce à la société Samsung. Pouvez-vous nous en dire davantage au sujet de ce partenariat ?

Marc Cerrone : Oui, j’ai eu l’honneur et la chance d’être choisi par cette société dans ce partenariat exclusif et d’avant-garde. C’est unique et une nouvelle ère d’expérience musicale s’ouvre. Ça me permet de repousser encore les barrières des générations.

J’en suis très heureux. Mon album a donc été dans un premier temps distribué en exclusivité par le biais de la téléphonie mobile de Samsung Electronics France, en coffrets Bouygues Telecom.

Ils visent le portable d’or et le single « Misunderstanding » est très bien classé. L’album « Celebrate » version plastic est dans les bacs à partir du mois d’octobre 2007.

NTDA : Avec vous, le disco fête ses 30 ans. À cette occasion, le 7 octobre dernier, vous avez donné un concert géant à Time Square à New York. Pouvez-vous nous parler de cet événement ?

Marc Cerrone : Non ce n’est pas le disco a fêté ses 30 ans, ce sont mes 30 ans de carrière. Quant au concert de New York, il est reporté au 4 octobre 2008, pas annulé, reporté ! Et ce sera un gros événement ! Il y aura cinq scènes, 30 heures de spectacle, etc. Pour celui qui était initialement prévu cette année, Madonna avait accepté d’en être la marraine. Il n’y a, a priori, aucune raison qu’elle refuse pour l’an prochain. Il nous reste encore à faire le casting.

Marc Cerrone : « Celebrate » ses 30 ans de carrière
NTDA : Votre fils Greg est un producteur et un DJ de plus en plus convoité. Il semble que votre relève soit assurée ?

Marc Cerrone : Ma fierté ! Mon fils, mes enfants. Il ne pouvait pas en être autrement. Depuis qu’il est tout petit, Greg me voyait travailler, il était sans cesse à mes côtés. Il est très doué, même si après, il faut énormément bosser. Je travaille beaucoup, peut-être ai-je un tout petit peu de talent. Toujours est-il que l’avenir de mon fils s’annonce bien. Pourvu que ça continue, le plus longtemps possible. C’est peut-être ça le plus difficile, durer.

Le 2 février dernier, j’étais sur scène à l’Olympia pour fêter mes 30 ans de carrière. Mes musiciens ont voulu me faire une surprise et ma fille est venue sur scène avec une gerbe de fleurs. Elle a 11 ans et pourtant, elle était très à l’aise, pas gênée du tout. C’est fou ! En réalité, je pense que mes enfants ne se rendent pas compte. Pour eux, c’est normal, ils m’ont toujours vu sur scène.

NTDA : Quels sont vos projets, qu’est-ce qui fait courir Cerrone ?

Marc Cerrone : Mes projets ? Eh bien le grand événement à New York en 2008. Pour le reste, je souhaite simplement continuer, voilà ce qui me fait courir. Il faut que ça dure le plus longtemps possible. L’avenir nous le dira.

Propos recueillis par Véronique Spinosi


Publié le Vendredi 12 Octobre 2007 dans la rubrique Culture | Lu 8097 fois