Sommaire
Senior Actu

Maltraitance : un premier bilan pour le numéro d’urgence 3977

A l’occasion du 15 juin, Journée internationale contre la maltraitance, Valérie Létard, secrétaire d’Etat à la Solidarité a dressé un premier bilan du 3977 : de fait, depuis le 5 février 2008, date de son lancement officiel, le nombre d’appel n’a cessé d’augmenter, témoignant ainsi de la triste utilité de ce numéro à 4 chiffres et de sa capacité à lever le tabou de la maltraitance des personnes âgées et des personnes handicapées en France.


En trois mois, le 3977 a reçu 12.309 appels, soit autant d’appels qu’en 2006. Les appels proviennent pour 72% d’entre eux de femmes et concernent la maltraitance à domicile. Les victimes sont des femmes pour 71% d’entre elles. La moitié (48,5%) ont un âge compris entre 76 et 90 ans (pic entre 81 et 86 ans). Par ailleurs, dans 54% des cas, les auteurs sont des hommes âgés de 41 à 61 ans qui dans 47% cas cohabitent avec les victimes.

S’agissant de la nature de l’appel, les écoutants soulignent que les trois-quarts des appels ont un rapport avec la maltraitance, dont 20% concerne la maltraitance des personnes handicapées. Un quart correspond à des demandes d’informations, à des situations d’isolement et de désarroi.

Les professionnels de terrain se servent aussi du 3977. En effet, ils se trouvent souvent démunis devant des situations de maltraitances qu’ils ne savent pas comment traiter voire même, parfois, identifier. Ils s’adressent alors au 3977 pour obtenir des conseils sur la conduite à tenir et les démarches à entreprendre.

Dans ce contexte, la plate forme d’écoute nationale, gérée par l’association pour la bientraitance des ainés et des handicapés (AFBAH) s’est étoffée : elle compte désormais neuf personnes qui se succèdent et qui font en sorte que l’écoute soit assurée par trois personnes à minima de 9h à 19h. On compte désormais plus de 100 appels par jour pendant les horaires d’ouverture contre 20 appels par jour en 2007. Pour permettre à AFBAH de faire face à cette activité, le ministère souligne qu’il « a accru sensiblement sa participation financière : 360 000 euros en 2008 contre 70 000 euros en 2007 ».

Au niveau départemental, le traitement des situations et l’organisation gérée par le réseau Alma s’étoffe également : La direction d’Alma France se renforce : aux deux postes existants, on a désormais ajouté deux nouveaux postes dédiés à la formation, à l’évaluation du réseau.

Sur les cinq coordinateurs régionaux prévus, souligne le communiqué du gouvernement, deux sont déjà mis en place (région Grand Ouest et région Nord) tandis que celui de la région Grand Est le sera dès septembre prochain. Par ailleurs, les antennes départementales se développent : sur les 58 antennes en marche, 23 ont déjà élargies leur activité à l’écoute des personnes handicapées. Toute antenne créée par l’association ALMA (allo-maltraitance) est désormais « doublée » d’une activité dédiée aux personnes handicapées. Dans les six prochains mois, Alma va créer 23 nouvelles antennes, l’objectif étant de couvrir les trois-quarts du territoire pour la fin 2008.

Rappelons que le 3977 s’insère dans un dispositif général en faveur de la bientraitance des personnes âgées et des personnes handicapées mis en place depuis mars 2007. Cette culture passe par un projet de vie, un projet de soins adaptés à l’état de santé de la personne, à ses choix de vie jusqu’en fin de vie, la mise en place de protocoles de prise en charge, le respect des gestes simples : veiller au respect des choix de la personne concernée, heure à laquelle elle souhaite se lever, petit-déjeuner, toilette, vêtements qu’elle souhaite porter, voisins de table, appeler quelqu’un par son nom, le vouvoyer, donner une place aux familles si elles le souhaitent.

Enfin, pour que la bientraitance s’impose, Valérie Létard souhaite que l’on s’ouvre aux méthodes qui font leur preuve à l’étranger et qui s’implantent progressivement en France. La méthode canadienne Gineste-Marescotti® dite méthode « humanitude » est très largement répandue et figure au premier rang des méthodes non médicamenteuses dont le plan Alzheimer promeut le développement. « Elle est unanimement saluée par les spécialistes qui interviennent auprès des personnes âgées » souligne le communiqué du gouvernement qui ajoute qu’elle « repose sur une manière précise de regarder, de parler, de toucher, de sorte que la personne âgée accepte plus facilement les gestes de soins, se sent mieux, souffre moins ».


Publié le Mercredi 18 Juin 2008 dans la rubrique Social | Lu 6531 fois