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Senior Actu

Liban – Des seniors âgés délaissés par le gouvernement


Confronté au vieillissement de sa population, le Liban n’a pas d’autre choix que de réfléchir aux moyens d’offrir à ses personnes âgées l’aide et le soutien qu’elles méritent. Pourtant, à en croire l’article du Daily Star paru le 29 juin, la route est encore longue.

« Partout dans le monde, une personne qui passe le cap des 65 ans est considérée et traitée comme un ‘aîné’ », constate Azzam Houri, Président du Dar al-Ajazza al-Islamiya, une des 40 institutions pour personnes âgées que compte le Liban. Avant d’ajouter que « dans ce pays-ci, il n’existe pas une seule loi en faveur des seniors. »

Il semble même que ce soit le contraire. Les personnes âgées se voient souvent privées de leurs droits de citoyens et sont simplement placées dans des lieux qui leur sont réservés.

Malgré les propos encourageants du Sheikh Marwan Qabbani, représentant du Mufti* Mohammed rashid Qabbani, qui lors d’une conférence de presse, a déclaré qu’ « une personne âgée ne devrait jamais être perçue comme un fardeau mais aimée et respectée par dessus tout », Azzam Houri note qu’au Liban, « elles sont tout simplement oubliées. »

En 1997, un comité national pour les personnes âgées a pourtant été instauré. Il a notamment permis d’inaugurer l’année dernière 33 « clubs » pour seniors où les personnes âgées peuvent venir passer la journée avant de retourner dans leur famille.

Mais il s’agit d’une bien maigre avancée. Les établissements pour seniors sont tous gérés par des organisations non gouvernementales à qui le ministère de la Santé attribue 15 600 livres libanaises (soit 8 euros) par jour et par résident et le ministère des Affaires sociales, 4 100 (soit 2 euros). Comme le fait remarquer Maha Abu Charaweb, à la tête du Foyer Saint Georges, il faut 53 000 livres (29 euros) pour subvenir aux besoins d’une personne. De même, c’est aux institutions que revient le coût des hospitalisations. Quant aux médicaments, ils ne sont que rarement disponibles malgré les promesses du gouvernement.

Seuls les personnes qui ont travaillé pour le compte du gouvernement bénéficient d’une couverture médicale gratuite. Les autres, c’est-à-dire la majorité, doivent compter sur leurs proches et les trop peu nombreuses institutions.

Le désintérêt de l’Etat à l’encontre des personnes âgées reflète sa volonté de laisser le secteur entre les mains des aides non gouvernementales. Le ministère des Affaires sociales, Asaad Diab, note cependant la nécessité de coopérer avant que cette situation ne devienne une menace pour la société libanaise.

D’après les chiffres de la CIA, le Liban compte 3 777 218 habitants (estimation datée de juillet 2004). L’espérance de vie à la naissance est de 72,35 ans en moyenne (69,91 pour les hommes et 74,91 pour les femmes). Les personnes de plus de 65 ans représentent environ 6.9% de la population totale.

* un mufti est un théoricien et interprète du droit canonique musulman, qui remplit à la fois des fonctions religieuses, judiciaires et civiles. (Petit Robert)


Publié le Jeudi 1 Juillet 2004 dans la rubrique Social | Lu 845 fois