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Lettre ouverte de l’AFD : quand la sécurité des aéroports entraîne une prise de risque pour les diabétiques

L'association Française des Diabétiques (AFD) demande instamment une rencontre conjointe de l’ensemble des parties concernées, afin de clarifier la situation kafkaïenne à laquelle sont confrontées les 500 000 personnes diabétiques insulino-dépendantes quand elles doivent prendre l'avion. En effet, au nom de la prévention des risques d'attentat et des règles de sûreté, aucun liquide ne doit voyager en cabine. Or, les transporteurs ne peuvent absolument pas garantir qu'eux-mêmes, ou l'aéroport d'embarquement ne vont pas égarer les bagages et ainsi priver à l'escale, le passager diabétique de son traitement. La question se complique encore, quand on peut lire dans toutes les notices des fabricants d’insuline, que ceux-ci interdisent formellement le transport de l’insuline en soute...


Voyage en avion : insuline en soute

Quant elles prennent l’avion, les personnes diabétiques insulino-dépendantes (environ 500 000 en France) se retrouvent face à une situation kafkaïenne.

En effet, au nom de la prévention des risques d’attentats et des règles de sécurité édictées récemment dans le monde par les autorités de l’aviation civile et en France par la direction générale de l’aviation civile (DGAC), aucun liquide ne doit voyager en cabine.

Dans le cas de l’insuline, les compagnies aériennes tolèrent que les voyageurs conservent avec eux, en cabine, les quantités strictement nécessaires à leur traitement pour la durée du voyage, le reste devant être placé en soute.

Rappelons que les personnes dont le corps ne secrètent plus naturellement d’insuline (diabétiques insulino-dépendants) ont un besoin d’apport quotidien (jusqu’à 3, 4 ou 5 fois par jour) de cette substance, dont l’arrêt pourrait avoir des conséquences mortelles à très court terme.

Or, les transporteurs aériens ne peuvent absolument pas garantir qu’eux-mêmes ou l’aéroport d’embarquement ne vont pas égarer les bagages et ainsi priver à l’escale, le passager diabétique des moyens de son traitement, pour une durée variable, pouvant atteindre plusieurs jours. .../...
Lettre ouverte de l’AFD : quand la sécurité des aéroports entraîne une prise de risque pour les diabétiques

Dans beaucoup de destinations lointaines, celui-ci n’est absolument pas certain de pouvoir s’y procurer des médicaments de remplacement ; d’autant plus qu’il existe différents types d’insuline et que l’équilibre de certains diabètes nécessite des dosages précis.

La question se complique encore, quand on peut lire dans toutes les notices des fabricants d’insuline, que ceux-ci interdisent formellement le transport de l’insuline en soute. Celle-ci risque en effet de s’altérer en fonction de la température (en particulier en cas de gel).

Par ailleurs, nous devons signaler, précise l’AFD, que l’application de ces mesures de sécurité par des employés d’aéroports mal formés ou sous-informés a créé parfois, à l’embarquement, des comportements discriminatoires, voire agressifs vis-à-vis de personnes diabétiques.

« Dans cette affaire, au nom du sacro-saint principe de précaution, tous les acteurs ouvrent de grands parapluies, en laissant à la personne diabétique, la liberté d’assumer seule ses propres risques ou… de ne pas prendre l’avion » déplore l’association.

Dans ce contexte, l’Association Française des Diabétiques, représentante des 3 millions de personnes diabétiques en France, interpelle donc toutes les parties prenantes de ce dossier, c’est-à-dire : la DGAC, les compagnies aériennes, les aéroports et les fabricants d’insuline.

• Pourquoi les compagnies ne communiquent-elles pas les conditions et les écarts de température dans la soute durant un vol ? Ce qui justifie les contre-indications préventives des fabricants.
• Comment ces mêmes fabricants transportent-ils l’insuline dans les très nombreux pays du monde dans lesquels ils n’ont pas d’unité de fabrication ? N’est-ce pas dans la soute d’avions ?
• Pourquoi, alors, ne communiquent-ils pas les modalités de conditionnement qui leur permettent d’acheminer en toute sécurité ces produits ? Est-il impossible de les reproduire ?
• Pourquoi, puisque les compagnies aériennes ne peuvent pas garantir la non-perte des bagages, n’assurent-elles pas à leurs passagers diabétiques :
- soit, la possibilité d’emmener avec eux en cabine, la quantité de médicaments nécessaires à leur traitement (insulines et aiguilles pour les injections puisque celui-ci s’administre par piqûres) pendant toute la durée de leur séjour.
- soit, la certitude de l’accessibilité immédiate aux mêmes produits, dans l’intégralité des escales qu’elles desservent et pour une durée suffisante, leur permettant en cas de perte de leurs bagages, de pouvoir continuer leur traitement vital ?

L’AFD comprend et approuve les nécessaires mesures de sûreté, mais elle ne saurait accepter que les parties prenantes se déchargent trop facilement des conséquences concrètes que ces dispositions impliquent pour les voyageurs insulino-dépendants, en les laissant seuls en assumer les risques.

L’AFD demande instamment une rencontre conjointe de l’ensemble des parties concernées afi n de clarifier cette situation et de trouver des solutions adaptées.

AFD
88 rue de la Roquette,
75544 Paris Cedex 11

Tél. : 01 40 09 24 25 / Fax. 01 40 09 20 30


Publié le Mercredi 19 Septembre 2007 dans la rubrique Tourisme et loisirs | Lu 8457 fois