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Lettre à… : l’opération de la FNG devient une pièce de théâtre grâce à la Piccola Compagnie

Comme annoncé en début d’année 2007, l’opération « Lettres à… » de la Fondation Nationale de Gérontologie (FNG) devient cet automne une pièce de théâtre grâce La Piccola Compagnie qui a construit un spectacle à partir de ces écrits qui visent à faciliter la liberté d’expression des personnes âgées. Démarrage de la tournée à Sedan le 21 septembre.


Initiée en 2001 par la Fondation Nationale de Gérontologie (FNG), l'opération « Lettres à… » a eu dès le départ pour objectif de faciliter la liberté d'expression des personnes âgées en leur proposant d'écrire une lettre sur un sujet qui leur tenait à cœur.

Désormais, chaque année, ces lettres continuent à être soumises à un jury qui en prime certaines selon des critères définis au préalable.

Cette opération est donc un bon moyen de rompre l'isolement des aînés et de maintenir un lien avec la société. C'est aussi une occasion de lectures et de dialogues favorisant la transmission et la connaissance des personnes âgées pouvant ainsi contribuer à améliorer les relations entre les générations, tout comme le regard que la société peut porter sur le vieillissement et les vieilles personnes.

Lettres à..., ce sont tout d'abord de vieux auteurs, des personnes âgées qui ont écrit dans le cadre de cette opération, mais il s'agit également de rencontres entre certaines de ces lettres et de jeunes comédiens qui y ont découvert ces aînés qui n'ont peur, ni des émotions ni des coups de gueule, qui se refusent à laisser la tristesse ou le rire, l'utopie ou la nostalgie, la pensée de la mort ou le reflet du sourire d'un enfant... être l'apanage d'une génération. .../...
Lettre à… : l’opération de la FNG devient une pièce de théâtre grâce à la Piccola Compagnie

De là est né ce projet. « Ce spectacle sera donné par deux jeunes comédiens, souligne Chloé Waysfeld, nous tenions à ce qu'il soit joué par des jeunes. Il y aura un garçon et une fille. Ils vont prêter leur voix, leurs corps, leur jeu, pour nous transmettre ces lettres en chair et en os, dans l'espace-temps d'un spectacle ». Par ailleurs, un musicien a rejoint les comédiens et chemine à leurs côtés. En improvisateur, en poète, en donnant aux mots et aux histoires la résonance qu’offre la musique quand elle sait ne pas s’opposer au silence, ne pas s’imposer, juste accompagner, vibrer, évoquer, quitter le lieu, changer de temps.

Ce spectacle, indiquent les organisateurs, « c'est enfin, à travers le filtre du théâtre, découvrir ou retrouver la parole des vieilles personnes, entendre ce qu'elles nous disent, au présent, de la manière dont le passé nourrit leur vision de notre société, de son avenir, des relations entre les générations. Ce qu'elles nous disent des progrès dont elles ont profité et profitent, des temps sombres ou heureux qu'elles ont vécu et vivent, des questions de vie, de travail, de temps libre, de famille, de santé, de politique, de société... Des questions qui ne cessent de les animer et sur lesquelles elles invitent les plus jeunes à dialoguer. Entre autres pour que l'âge, quel qu'il soit, ne devienne jamais un facteur d'exclusion ».

Quelques extraits

Lettre à... mes très chers enfants
[...] Mais voyez-vous tous ces objets désuets qui, selon vous, encombrent ma cuisine, sont en fait pour moi des amis. Ma main reconnaît leur poids, leur matière, leur maniement : bref, ils me rassurent. Pouvez-vous imaginer, enfants de la société du jetable que vous êtes, que de tout mon matériel culinaire, ce que je préfère c’est l’ouvre-boîte « crapahuteur » que nous utilisions votre grand-père et moi pour le pique-nique ?
Pour mes soixante-quatorze ans, j’ai bénéficié d’un robot magique, pourvu d’innombrables accessoires, « pour faire une purée bien lisse » m’avez-vous dit. Etes-vous sûrs que c’est ainsi que je l’aime ? [...]

Lettre à... une aide-soignante,
C’est à toi, aide-soignante, que je choisis d’adresser ce message. Pardonne ce tutoiement que j’ai souhaité utiliser, mais comprends qu’en d’autres temps, tu aurais pu être ma petite-fille, ou mon petit-fils, et ce dont je voudrais te parler me paraît tellement important. Car il s’agit bien d’amour. Non, ne dis rien, ne pense rien, écoute simplement [...]

Lettre à... mes p’tits bonheurs,
[...] Et puis, je me suis enhardie à fumer ma cigarette du matin après le café, toute seule, sur ma chaise sur le balcon : mon premier petit bonheur du jour. Évidemment, ce n’est pas passé inaperçu ! Un jour, une équipe sympathique est venue me chercher alors qu’ils mangeaient dehors sous le kiosque. En fumant ma cigarette, j’ai profité de leur présence et de leur joie de vivre. Gros bonheur du jour ! Je me souviens du matin de mon anniversaire, quand j’ai ouvert les yeux, tout une équipe autour de mon lit, avec un plateau fleuri, des cadeaux. C’était chaleureux, j’étais chez moi. Et en cadeau : un petit cendrier !

Prochaines représentations publiques (automne 2007)

Sedan, le 21 septembre
Salle Marcillet

Fontainebleau, les 29 & 30 septembre
(suivi, le 30, d’un Café des âges)
Théâtre des Sablons

Tours, le 15 octobre
Salle des Fontaines - Espace J. Villeret

Aubusson, le 18 octobre
Ecole Nationale Supérieure d’Art

Amiens, le 19 octobre
Salle Marie de Louvencour

La Piccola Compagnie & la Fondation Nationale de Gérontologie
Informations et contact :
La Piccola Compagnie
Tel. 06 82 07 24 23


Publié le Jeudi 6 Septembre 2007 dans la rubrique Intergénération | Lu 8766 fois