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Senior Actu

Les villes américaines ne sont pas adaptées aux seniors

Un nouveau rapport de l’AARP indique que les villes, les agglomérations et les transports ne sont pas adaptés à une population senior en pleine croissance. Cette récente enquête, réalisée par ce puissant lobby américain de 36 millions de membres, œuvrant pour la défense des droits des seniors, souhaite porter un regard neuf sur l'adéquation des zones urbaines aux besoins des plus de 50 ans et proposer des solutions visant à les rendre plus appropriées à une population vieillissante.


L’adaptation des villes aux besoins de personnes âgées est une question qui pourrait devenir, dans les années à venir, une priorité pour un grand nombre de municipalités dans le monde. Qui n’a jamais remarqué que certaines stations de métro ne sont absolument pas accessibles aux personnes âgées, mais aussi aux femmes enceinte, aux personnes en fauteuil roulant ou même plus simplement, à un voyageur équipé d’une valise à roulettes ?
Malheureusement, ce qui est vrai dans le métro, se retrouve également dans nos rues ou dans nos logements. Des trottoirs trop hauts, des portes trop étroites, des appartements mal agencés et peu évolutifs…

Compte tenu du vieillissement de la population, les Etats-Unis –mais l’Europe n’est pas en reste- risquent de se retrouver confrontés à un grave problème structurel à moyen terme s’ils ne réagissent pas rapidement. En effet, le bureau des statistiques américain prévoit que d’ici 2030, avec l’arrivée massive des baby-boomers à l’âge de la soixantaine, le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans va au moins doubler dans la moitié des états du pays. D’ici 2020, le nombre de 50/64 ans va augmenter de 13 millions et celui des plus de 65 ans de 18 millions.

« A chaque fois qu’une personne âgée estime qu’elle ne peut plus raisonnablement vivre seule à domicile, c’est une crise au niveau individuel mais aussi au niveau familial » indique l’un des responsables de l’AARP. L’association s’est donc penchée sur les questions de logement et de mobilité.

Ce rapport indique que lorsqu'un logement s’avère inadapté à une personne âgée, cette dernière se sent plus isolée et doit même, souvent, abandonner son habitation. Dans un « monde idéal », il faudrait donc que les appartements ou les maisons soient conçus dès le départ, en vu d’être habités par différents types de personnes, ou qu’au moins, ils soient facilement modulables ou adaptables.

Or ce n’est pas le cas actuellement. Pourtant, depuis quelques temps, certaines entreprises ou associations, se battent pour que les nouveaux immeubles soient tous construits de manière à être utilisables par tout un chacun (concept de barrier free) : personne valide, âgée ou handicapée.

En effet, lorsque les logements sont bâtis dès le départ sur les bases de ce genre de concept, les problèmes d’adaptation deviennent moins prégnants et de plus, les surcoûts à la construction sont extrêmement faibles voire inexistants. Et in fine, cela peut fortement reculer l’âge auquel un aîné devra définitivement abandonner son logement parce qu’il n’est plus adapté à ses besoins et qu’il n’est donc plus vivable.

Mais l’inadaptation du parc immobilier n’est pas le seul problème auquel les municipalités vont être confrontées dans les années à venir. La structure même des villes (voiries, édifices publics ou transports) risque d’avoir à être repensée dans un grand nombre de nos sociétés vieillissantes.

Aux Etats-Unis par exemple, les transports en commun sont très peu développés. Or il faut savoir qu’il est pratiquement impossible de se déplacer sans voiture, les villes ne sont absolument pas adaptées à la marche à pied. Que fait une personne âgée le jour ou elle ne peut plus conduire ? Elle est condamnée à rester chez elle, ne peut plus sortir faire ses courses, aller chez le médecin ou même se balader. Le problème des transports pourrait ainsi, devenir particulièrement épineux en Amérique d’ici quelques temps.

L’AARP demande donc aux pouvoirs publics de se pencher très rapidement sur cette problématique et d'envisager le plus tôt possible des alternatives : favoriser la marche à pied (développement des trottoirs), encourager l’utilisation du vélo, faciliter l’accès aux magasins ou centres de santé, augmenter les services de taxis ou de transports spécialisés, etc. Bref, imaginer de nouvelles manières de se déplacer afin de ne pas être tributaire de la voiture, tout en évitant l’isolement et en favorisant l’implication des seniors dans la vie de la société. Un vaste programme en perspective...

Pour en savoir plus, lire aussi :
Japon – Construction de quartiers favorisant la mixité intergénérationnelle
France – Signature d’un protocole d’engagement « Label Habitat Seniors Services »
Les villes américaines ne sont pas adaptées aux seniors


Publié le Jeudi 7 Juillet 2005 dans la rubrique Habitat | Lu 3530 fois