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Senior Actu

Les seniors : un marché d’avenir pour le secteur de l’habillement

Pour la 58ème édition de Tissu Premier, qui s’est déroulée à Lille la semaine dernière, le salon international des professionnels de la mode vestimentaire et des accessoires a choisi d’explorer le marché des seniors dans le secteur de l’habillement. Cette population dont le pouvoir d’achat est 30% supérieur à la moyenne, pourrait « bien être le pilier de soutien fondamental de la croissance » selon les auteurs de cette étude baptisée « Les seniors, un nouvel eldorado ».


Le constat est toujours le même, et ce, quelque soit le domaine d’activité : le marché des seniors n’est pas suffisamment pris en compte. Et le secteur de l’habillement ne fait pas exception à la règle.

Alors que les seniors représentent un tiers de la population, la moitié du revenu net des ménages et dépensent chaque année 150 milliards d’euros, les professionnels du textile ne s’intéressent pas encore assez à cette clientèle qui a bien changé depuis les années 70. Pourtant, faut-il encore le rappeler, les seniors d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes que ceux d’hier. Ils ne veulent plus de la garde-robe de la grand-mère ! Ils recherchent le confort, soit, mais pas au détriment de l’élégance.

Dans ce contexte, les professionnels du textile ont tout intérêt à prendre en compte les besoins et les désirs de ces clients exigeants et connaisseurs. En effet, alors qu’une Française dépense en moyenne 526 euros en vêtements par an, une femme de plus de 65 ans n'y consacre que 379 euros.

« La consommation des plus de 65 ans pourrait encore augmenter, surtout si les différents secteurs leur proposaient des produits adaptés » remarque Karine Sfar, directrice des études de la Fédération expertise textile qui a réalisé cette enquête sur les seniors et l'habillement. De fait, la France reste très en retard par rapport à l’Europe du Nord, aux Etats-Unis et au Japon ; des marchés clairement plus sensibilisés aux besoins des aînés. .../...
Les seniors : un marché d’avenir pour le secteur de l’habillement

Ainsi, comme le souligne les auteurs de cette étude, « un marketing de masse n’est pas adapté au marché des seniors. Pour séduire cette clientèle, la distribution devra se diriger vers un marketing relationnel qui lui permettra de la conquérir ».

D’autre part, le vieillissement physiologique et psychologique des seniors implique une nécessaire adaptation des points de vente et plus particulièrement de leur politique de merchandising. En effet, dès 45 ans, la presbytie touche un Français sur deux et près de 90% dès 60 ans. « L’étiquetage des produits doit donc répondre à des règles évidentes de clarté, visibilité et information. Parallèlement, l’ambiance des magasins, en particulier musicale, doit être adaptée au vieillissement de l’ouie qui peut être perturbée par une musique trop forte. La présence de vendeurs seniors peut également être un facteur de succès » conseillent les experts à l'origine de cette étude.

Par ailleurs, rappellent encore les spécialistes de la Fédération Expert Textile, « les seniors sont sensibles à l'innovation si elle n'est pas gadget, si elle apporte une certaine fonctionnalité, un service, une amélioration de leur qualité de vie ». Dans le domaine de la santé par exemple, on voit se développer depuis quelques années des pyjamas qui réduisent les sueurs nocturnes liées à la ménopause, les T-shirts high-tech pour prévenir les arythmies cardiaques, des textiles anti-douleurs, les collants et les chaussettes contre les jambes lourdes, etc. « Ce genre de vêtements devrait connaître une forte demande dans les années à venir ». Les seniors, pour des raisons évidentes de manque de souplesse, apprécient également les chemises, vestes et pantalons qui sont faciles à enfiler. Enfin, les plus de 50 ans privilégient également les matières écologiques, qui respectent la protection de l’environnement.

Et l’étude de conclure, que se vêtir fait partie des tâches que le vieillissement rend des plus difficiles. Mais se vêtir, c’est également continuer à plaire et se sentir indépendant, ce qui a une incidence indiscutable sur le bien-être psychologique. Or, les industriels et les distributeurs d’habillement n’en sont aujourd’hui qu’à des balbutiements pas toujours probants tandis que d’autres secteurs progressent (alimentaire, loisirs, voyages…) Ce secteur va donc devoir se confronter à un enjeu d’envergure : satisfaire les besoins de ces consommateurs avertis. Des produits à forte valeur ajoutée et une communication efficace seront les conditions sine qua non pour y parvenir !



Publié le Lundi 10 Septembre 2007 dans la rubrique Consommation | Lu 14458 fois