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Senior Actu

Les seniors et les jeux d’argent : une population à risque, des conséquences désastreuses

Le Canada vient d’inaugurer un nouvel organisme, le « Groupe de ressources de l'Ontario sur les problèmes du jeu chez les personnes âgées de 55 ans et plus » qui vise à venir en aide aux prestataires de services qui travaillent auprès des aînés afin de prévenir les problèmes de jeu touchant cette population, indique un récent communiqué de presse.


Alors que les Français dépensent chaque année davantage d'argent dans les jeux de hasard (Française des Jeux, PMU, casinos), que l’on estime même que 300.000 à 500.000 d’entre eux seraient dépendants de cette manie et que 10% des seniors américains seraient en situation de risque par rapport au jeux d’argent, au Canada, un nouvel organisme, le « Groupe de ressources de l'Ontario sur les problèmes du jeu chez les personnes âgées de 55 ans et plus » vient de voir le jour à Ottawa.

« Le jeu devient rapidement une activité plaisante et intéressante chez un nombre croissant d'adultes de 55 ans et plus. Pour la plupart, cela s'avère une expérience sûre et agréable. Cependant, les répercussions du jeu compulsif peuvent être particulièrement désastreuses parmi ce groupe d'âge avancé » indique Betty MacGregor, responsable du Programme d'évaluation et de traitement de l'alcoolisme et de la toxicomanie chez les personnes âgées (LESA) au Centre de santé communautaire du Centre-ville à Ottawa.

Cet organisme a donc mis en place différents produits dont une vidéo et une trousse de sensibilisation au jeu problématique. « Ces outils ont été réalisés en vue de sensibiliser davantage au jeu et d'aider à empêcher qu'il ne devienne un problème chez les personnes de 55 ans et plus » a encore souligné Betty MacGregor. .../...

Rappelons qu’une étude américaine de l'Université de Pennsylvanie publiée l’année dernière, révélait que "70% des américains de plus de 65 jouent au casino et qu'un sur dix (11%) peut-être être considéré comme étant une personne « à risque » vis-à-vis du jeu".

« Les résultats de cette étude mettent en avant un problème de santé publique, ou les hommes et les femmes seniors sont concernés de la même manière » soulignaient alors les auteurs de cette enquête. Parmi ces seniors, les groupes les plus à risque sont les gros buveurs, les personnes souffrant de stress post traumatique, les minorités ethniques et raciales et les vétérans. En revanche pas de différences notables entre les sexes.

Les 10.9 % de joueurs seniors qui sont considérés comme « à risque » sont capables de miser 100 dollars -environ 75 euros- sur un seul coup ou alors de parier un montant supérieur à leurs moyens financiers, « ce qui peut s'avérer particulièrement dangereux », précise David Oslin, l'un des chercheurs. « Le jeu ne crée pas seulement des problèmes de dépendance, il entraîne aussi une paupérisation des plus modestes. Beaucoup des personnes que je reçois me sont adressées par les services qui gèrent le RMI et les minima sociaux. Quand on touche le RMI, jouer 10 euros par jour, c'est jouer beaucoup d'argent » souligne aujourd’hui dans le quotidien Le Figaro, le Dr Marc Valleur qui dirige le centre de soins et d'accompagnement des pratiques addictives de l'hôpital Marmottan, à Paris.

Cette étude, menée sur une échantillon de 843 personnes de plus de 65 ans, fait aussi ressortir que de nombreuses personnes âgées considèrent les jeux d'argent comme un passe-temps inoffensif. Elles y jouent donc, sans même se rendre compte que cette activité peut s'avérer dangereuse. Et les auteurs de citer une étude de 2001, qui indiquait qu'une journée dans un casino était pour les seniors, l'un de leurs loisirs favoris.


Publié le Mardi 27 Juin 2006 dans la rubrique Société | Lu 4019 fois