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Senior Actu

Les seniors et la grippe : se faire vacciner pour éviter de graves complications

Suite à une conférence intitulée « La grippe : comment optimiser la prise en charge des seniors ? » qui s’est tenue à Paris le 20 novembre 2006 lors du dernier salon « Bien Vieillir », les laboratoires Roche Pharma ont réalisé un dossier spécial visant à mettre en garde les personnes âgées de 60 ans et plus face à cette maladie qui touche particulièrement cette population et peut avoir de graves conséquences.


La grippe est une maladie des voies respiratoires supérieures et inférieures d’origine virale. Cette pathologie s’avère être très contagieuse et évolue sur un mode épidémique. Epidémies qui sont d’ailleurs fréquentes dans les établissements regroupant des personnes âgées. En outre les aînés résidants en institution sont des sujets à haut risque de complications. D’ailleurs, les seniors et les pensionnaires d’établissements pour personnes âgées ou handicapées appartiennent aux groupes prioritaires pour la vaccination antigrippale définis par l’Organisation Mondiale de la Santé pour éviter les formes graves de grippe.

Après une période d’incubation de un à quatre jours (deux en moyenne), les symptômes apparaissent généralement de façon soudaine. Il s’agit de fièvre (évoluant typiquement selon le « V » grippal), de toux, de maux de tête, de malaise général. L’évolution de la maladie est le plus souvent rapide. La température diminue en deux à quatre jours, tandis que les autres signes s’estompent. Mais la toux et la fatigue peuvent persister plus de deux semaines.

Le taux d’attaque de l’infection grippale chez le sujet âgé de plus de 60 ans s’élève à 6,17%, alors qu'il est de 1 % dans la population générale, précise le communiqué. Et le regroupement en collectivité favorise la contagion, puisque la transmission interhumaine de la grippe s’effectue par le biais des gouttelettes de salive et des sécrétions respiratoires. .../...

Les complications de la grippe, liées à l’action du virus grippal ou à une infection bactérienne favorisée par la grippe (pneumonie bactérienne notamment), sont fréquentes chez le sujet âgé.

Plus d’un tiers des aînés de plus de 70 ans présentent d’emblée une complication lors du diagnostic de grippe. Parmi les seniors grippés, 85,5% sont atteints de surinfections respiratoires basses et 2 à 9% sont hospitalisés en raison d’une pneumonie. Et le laboratoire de rappeler que « la grippe est la première cause de mortalité infectieuse des plus de 75 ans, chez qui elle occasionne en France 7 600 décès chaque année (2,4% des décès annuels). La quasi-totalité (95%) des décès liés à la grippe surviennent chez les personnes âgées de plus de 65 ans et 85% chez les plus de 75 ans ».

L’hospitalisation est fréquente chez le sujet âgé de plus de 65 ans (185 hospitalisations pour 100.000 cas de grippe), en particulier chez le sujet à risque (1.800 hospitalisations pour 100.000 cas).

Si la grippe est sévère, un sujet âgé fragilisé par une ou plusieurs autres pathologies, risque d’être alité, de réduire ses apports hydriques et alimentaires. Il aura alors besoin d’une aide pour effectuer les gestes de la vie quotidienne. Dans ce cas, les conséquences sont potentiellement graves : maladie veineuse thromboembolique, malnutrition, troubles de la marche et chutes, escarres. Un déclin fonctionnel est constaté dans les semaines qui suivent une grippe chez les personnes âgées vivant en institution.

La vaccination antigrippale, un geste indispensable. La prévention de la grippe repose principalement sur l’administration du vaccin grippal. En France lors de la saison grippale 2004-2005, la couverture vaccinale des personnes âgées de 65 ans et plus atteignait 63,9% selon la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés, alors que celle de la population générale était de 22,6% seulement (enquête TNS Sofres).

Comme le rappelle le laboratoire, la vaccination réduit la morbidité et la mortalité de la grippe chez les personnes âgées et chez celles qui sont atteintes de maladies chroniques. Ainsi, elle diminue le risque de survenue d’une pneumonie ou d’aggravation d’une maladie cardiovasculaire ou pulmonaire sous-jacente.

Et de préciser que « la vaccination antigrippale réduit de 30 à 50% la mortalité toutes causes confondues chez les personnes âgées de 65 ans et plus en période de circulation de virus grippaux. Chez les aînés vivant dans un établissement de soins, elle réduit la survenue de décès de 68%. Pour les seniors vivant à domicile, la mortalité, quelle qu’en soit la cause, est diminuée de 50% et la mortalité post-hospitalisation pour pneumonie et grippe de 47% ».

Chez les sujets âgés vivant dans un établissement de soins, la vaccination réduit la survenue d’une pathologie respiratoire de 56%, d’une pneumonie de 53% et d’une hospitalisation de 50%. Pour les seniors vivant à leur domicile, elle diminue la survenue d’un syndrome grippal de 35% et l’hospitalisation pour pneumonie et grippe d’un tiers.

Le traitement anti-viral : spécifique et efficace : les inhibiteurs de la neuraminidase sont efficaces contre les virus grippaux de type A et de type B, alors que l’amantadine n’est active que sur les virus de type A. Parmi les antiviraux actuellement disponibles en France, certains sont administrés par inhalation, d’autres présentent l’avantage d’être disponibles sous forme orale. Ils sont indiqués chez la personne âgée pour la prophylaxie comme pour le traitement de la grippe. En traitement curatif, les études cliniques montrent que l’antiviral ne diminue pas la durée médiane de la grippe, mais en revanche réduit la durée totale de la fièvre d’un jour et l’incidence des complications des voies respiratoires basses (principalement bronchites) traitées par antibiotiques.

Le profil de tolérance des antiviraux oraux chez les personnes âgées est semblable à celui des adultes âgés de moins de 65 ans. La tolérance est globalement bonne. Les effets indésirables les plus fréquemment rapportés sont essentiellement des troubles digestifs : nausées, vomissements et douleurs abdominales, la plupart spontanément résolutifs en 24 à 48 heures.

Grippe en collectivités : la prise en charge de la grippe dans les collectivités fait l’objet de recommandations du Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France. La vaccination des résidents doit être effectuée avant la circulation du virus. Celle du personnel soignant est fortement recommandée car il représente la porte d’entrée naturelle de la maladie. « Or, la couverture vaccinale du personnel n’est que de 38% et le personnel est très réticent (41% ne se sont jamais vaccinés) » précise le communiqué.

En période de circulation virale et dès les premiers cas de grippe, le diagnostic clinique doit être confirmé par une identification virologique. Un test de diagnostic virologique rapide doit être pratiqué en cas de survenue en trois jours d’au moins deux cas de syndrome grippal pendant la période de circulation du virus grippal dans la région, chez des résidents ou le personnel de l’institution.

Une épidémie de grippe survenant en collectivité doit faire l’objet d’une déclaration aux autorités sanitaires départementales (DDASS). En cas d’épidémie déclarée, dans un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD), des mesures limitant la progression de l’épidémie doivent être prises.
Elles comprennent notamment :
Résidents atteints : isolement (chambre simple ou chambre double en réunissant deux résidents atteints, éviter la circulation dans les espaces collectifs, retarder les admissions de nouveaux résidents prévues dans les secteurs touchés par l’épidémie, aérer régulièrement la pièce, utilisation de mouchoirs en papiers à usage unique, lavage des mains, port du masque recommandé mais rarement possible)
Résidents non atteints : vaccination et prophylaxie médicamenteuse. Il est possible de vacciner même au début de l’épidémie les sujets non encore vaccinés en période hivernale. Si le diagnostic de grippe a été confirmé par les examens virologiques, les sujets contacts doivent recevoir un traitement antiviral à visée prophylactique. L’oseltamivir est le médicament de choix (actif sur les virus grippaux de type A et B, forme orale). L’oseltamivir en traitement prophylactique après exposition arrête l’épidémie dans huit établissements sur dix en milieu institutionnel. En milieu institutionnel avec un taux de vaccination de 80% et en période épidémique, l’oseltamivir administré pendant six semaines réduit de 92% l’incidence de la grippe.
Personnel soignant : vaccination (recommandée mais pas obligatoire), application rigoureuse des mesures d’hygiène, port de masque, arrêt de travail pour le personnel non vacciné qui présente un syndrome grippal, sinon port du masque obligatoire
Visiteurs : informer, éviter les visites inutiles dans les chambres de malades, mesures d’hygiène (lavage soigneux des mains, après chaque contact, distribution de masques).

Des millions de personnes touchées

Chaque année, l’épidémie hivernale de grippe dure six à huit semaines. La grippe infecte ainsi plus d’une centaine de millions de personnes dans l’hémisphère Nord, dont 2 à 7 millions en France. Toutes les tranches d’âge sont affectées. En moyenne, un adulte sur 10 et un enfant sur 3 sont infectés chaque année.

La grippe peut être particulièrement grave pour les personnes vulnérables comme les personnes âgées, les malades chroniques (asthmatiques, diabétiques notamment), les jeunes enfants et les nourrissons. Chez les patients souffrant d’une pathologie cardiovasculaire ou pulmonaire, la mortalité liée à la grippe elle-même ou à une pneumonie peut atteindre 870 pour 100 000 personnes. La mortalité annuelle directe ou indirecte due à la grippe saisonnière serait de l’ordre de 7500 personnes en France.

Lors des pandémies, la grippe tue par millions. La « grippe espagnole » en 1918-1919 a fait 40 millions de victimes dans le monde. La pandémie de 1957-1958 (« grippe asiatique ») a été fatale à 4 millions d’individus et celle de 1968-1969 (« grippe de HongKong ») à 2 millions.


Publié le Mercredi 20 Décembre 2006 dans la rubrique Santé | Lu 3357 fois