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Senior Actu

Les seniors boostent la création d’entreprises dans les nouvelles technologies

Le chômage chez les personnes de plus de 50 ans est actuellement un dramatique problème dans l’ensemble des économies occidentales. Pourtant, selon une récente étude américaine, la situation pourrait très bien s’inverser d’ici quelques années, notamment dans le domaine des nouvelles technologies. Explications.


Les plus de 50 ans représentent plus de la moitié de l'auto-emploi

Même si l’on ne peut nier que jusqu’à aujourd’hui, l’industrie des nouvelles technologies a été dominée par de jeunes managers, les années qui viennent pourraient changer et voir arriver toute une cohorte d’entrepreneurs de 50, 60 ou 70 ans indique une étude du cabinet de placement Challenger, Gray & Christmas.

Et l'étude de préciser que les entreprises cherchent de plus en plus à externaliser certains de leurs services. Pour cela, elles font souvent appel à de petites sociétés, parfois unipersonnelles. Or, il se trouve que de plus en plus de seniors créent leur propre affaire afin de ne pas être confrontés à la fastidieuse -et souvent inutile- recherche d’emploi. Au final, et c’est bien là le paradoxe, les grandes entreprises se tournent vers de petites sociétés gérées par des personnes de plus de 50 ans qu’elles n’auraient même pas reçues pour un simple entretien d’embauche compte tenu de leur âge…

Ces entrepreneurs seniors représenteraient maintenant plus d’un quart (27%) des « patron-salariés » ce qui les placent en deuxième position, juste derrière les 45-54 qui sont premiers avec un peu plus de 27%. Pourtant entre 2000 et 2005 tous les chiffres concernant l’auto-emploi étaient à la baisse sauf chez les plus de 55 ans, chez les 45-54 ans mais aussi chez les 20-24 ans ; ces trois tranches d’âge ayant connu respectivement une augmentation de 29%, 6% et 18% en cinq ans... et même 18% chez les plus de 65 ans !
Les seniors boostent la création d’entreprises dans les nouvelles technologies

Comment expliquer l’émergence de ces start-ups seniors ?

L’une des raisons est la baisse de la bourse après l’explosion de la bulle internet. Un bon nombre de personnes de 50 ans et plus se sont retrouvées sur le carreau. Face aux difficultés pour retrouver un emploi, certains d’entre eux ont préféré monter leur propre société, devenir maître de leur destinée financière, plutôt que de se retrouver confrontés à l’âgisme (discrimination par l’âge). Autre argument : passé un certain cap dans la vie professionnelle, les salariés aspirent à un peu plus de libertés et de flexibilité dans leur travail, ce que leur permet l’auto-emploi, puisque dans une certaine mesure, ils n’ont de compte à rendre à personne d’autre qu’à eux-mêmes.

De surcroît, il semblerait que ces entrepreneurs séduisent les grandes sociétés. Premièrement, les entreprises leur font confiance compte tenu de leur background et de leur expérience. Elles considèrent qu’ils sont efficaces plus rapidement que des employés plus jeunes ou saisonniers.

Mais surtout, les entreprises commencent à se tourner vers l’avenir. Elles réalisent petit à petit qu’avec les grandes vagues de départs en retraite des baby-boomers dans les cinq années à venir, la force de travail va fortement diminuer dans les 10/15 prochaines années. Les grandes sociétés pourraient ainsi se retrouver d’ici quelques temps en situation de manque de main d’œuvre qualifiée. Bientôt, les grosses structures devront donc réfléchir aux différents moyens à mettre en place afin d’inciter leurs employés à rester dans le domaine du travail le plus longtemps possible et/ou devront faire appel à ces micro-entreprises créées par des personnes qui maîtrisent parfaitement leur métier.

Les anciens employeurs vont devenir les principaux clients de ces entreprises unipersonnelles…

Ainsi, ironiquement, les grosses structures qui encore aujourd’hui boudent les salariés de plus de 50 ans devront peut-être demain devoir faire appel à ces micro-entreprises gérées par des seniors. Face à la multiplication des CDD et à l’externalisation des services, elles devront se tourner vers des structures qui connaissent parfaitement leur domaine d’activité et qui sont réactives et efficaces le plus rapidement possible. Or qui mieux qu’un ancien salarié de tel ou tel secteur d’activité connaît mieux que lui son métier ?

Enfin, cette étude considère que cette situation devrait s’avérer positive pour les deux parties. D’un côté, cela devrait permettre aux entreprises de réduire leurs frais de structure et de pouvoir bénéficier de l’expérience et du savoir-faire de ces salariés âgés freelance. D’autre part, cela devrait permettre aux seniors de percevoir des compléments de revenus, qui seront le bienvenu, du fait qu’un bon nombre de ces individus a perdu une grosse partie de leur capital lors de l’effondrement de la bourse, réserves financières qui étaient en grande partie destinées à financer leurs retraites.

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Publié le Vendredi 26 Août 2005 dans la rubrique Emploi | Lu 6036 fois