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Senior Actu

Les petits frères des Pauvres recherchent des bénévoles pour s’occuper de seniors pendant l’été

L’été, les petits frères des Pauvres organisent des vacances et des actions de proximité pour les personnes âgées souffrant de solitude et pour les plus de 50 ans en situations de précarité. Dans ce cadre, l’association recherche 1.000 bénévoles-vacances disponibles de 8 à 15 jours prêts à participer activement au bon déroulement de ces séjours : temps de partage et d’échange, tâches ménagères, repas, sorties culturelles et touristiques, animations diverses…


Les petits frères des Pauvres recherchent des bénévoles pour s’occuper de seniors pendant l’été
L’association les petits frères des Pauvres organise chaque année dans ses maisons de vacances une centaine de séjours à la campagne ou au bord de la mer. Pour ce faire, elle sollicite des bénévoles qui doivent se rendrent disponibles pendant 8 à 15 jours consécutifs et participer activement au bon déroulement du séjour (12 personnes accompagnées/12 bénévoles au maximum) :

En ce qui concerne les vacances, elles sont encadrées par des responsables et tous les frais liés aux séjours sont pris en charge par l’association. Les maisons de vacances sont situées au bord de la mer, à la campagne ou proches des implantations de l’association. Elles sont toutes différentes dans leur cadre de vie, leur capacité d’accueil et la région où elles sont implantées. Elles sont aménagées pour accueillir le public à mobilité réduite et toutes les chambres individuelles attribuées aux personnes âgées sont équipées d’une salle de bain.

En ce qui concerne les actions de proximité, mises en place pour les personnes qui ne peuvent pas partir en vacances, l’association organise des actions quotidiennes de proximité dans les villes où elle est implantée : vacances à la journée, balades, visites, déjeuners…

Si, selon les statistiques nationales, 60 % des personnes âgées en France ne partent pas en vacances, le savoir-faire des petits frères des pauvres intègre la nouvelle donne démographique et relève le défi de ce qu’André Rauch, chercheur à l’université Marc-Bloch de Strasbourg, nomme « le choc du 4e âge ». La perte d’autonomie des plus âgés serait corrélée à un « traumatisme profond » qui peut provoquer divers symptômes et à pour conséquence d’émousser le désir : « Tout l’enjeu est alors de réveiller ce désir qui passe
aussi par les loisirs…
» .../...

Le temps des vacances est un moment privilégié pour rompre leur isolement, les faire changer d’horizon, les aider à reconstruire des liens, des amitiés, une vie sociale. Il s’agit alors de trouver une formule adaptée qui tiendrait compte à la fois du « sens de vacances » pour chaque personne et de ses possibilités relationnelles.

À Lille, Lyon, Paris, Nantes, Toulouse ou Marseille, tout comme dans les petites équipes hexagonales où l’organisation des vacances repose entièrement sur les épaules des bénévoles, l’enjeu est d’oser imaginer, à partir des attentes ou des désirs des personnes accompagnées, des projets innovants, séjours à thèmes, vacances à la carte, ou « personnalisées »… qui renouvellent les séjours classiques

En 2007, à Morainvilliers, aux portes de Paris, le château niché dans la verdure est ouvert non-stop pendant un mois, pour permettre des mini-séjours, dont certains centrés sur un thème, tels le « bien-être » ou la « musique » pour mélomanes de tout acabit. De la même manière, des séjours à la carte se déroulent à Notre-Dame-du-Gaou, au Lavandou dans le Var, sous l’égide de la fraternité marseillaise. Les vacanciers peuvent demeurer de trois à quinze jours dans la maison.

« Bol d’air » express

Toujours dans le but de « répondre au mieux aux besoins et désirs des personnes », l’implantation toulousaine organise des séjours de quelques jours à une semaine, dans un gîte-hôtel à 45 km de la ville rose, voire des « accueils à la journée ». Le château de Terrides offre aux seniors la possibilité d’entrer en contact avec un public de vacanciers qui résident dans le même lieu ; ce qui représente un enrichissement pour tout le monde, assurent bénévoles et salariés qui partagent cette expérience depuis 2005.

C’est aussi le cas des séjours à la ferme des Vigneaux en Sologne, organisés par deux fraternités d’Île-de-France, dans un lieu de vie intergénérationnel, où petits et grands et public familial se retrouvent autour des repas ou des activités en lien avec la vie à la ferme. Les vacances à la journée constituent également une réponse appréciée par les personnes qui ne peuvent, ou ne veulent plus quitter leur domicile.

À Marseille, Nantes, Lille, Toulouse, de plus en plus de personnes adhèrent à cette formule de « bol d’air » express, assorti de diverses animations dont, à Lille, des ateliers « bien-être », « mémoire », « image de soi » qui visent à valoriser les partants. « Bols d’air », également pour les personnes en situation de précarité de Paris-Saint-Maur, soit de courts séjours qui répondent au besoin de partir à d’autres saisons.

À Nantes et Paris, des séjours individuels sont aussi proposés à ces personnes qui ont connu l’extrême précarité et souhaitent prendre des vacances « comme tout le monde » et/ou voyager en solo. Ces propositions permettent d’impliquer les personnes dans l’organisation de leur déplacement, donc de faire des choix qu’elles doivent assumer pour elles-mêmes et leur éventuel compagnon de voyage, ce qui représente un pas de plus vers l’autonomie.

Un temps d’évasion essentiel

Solliciter les souhaits des invités quant au lieu de séjour, aux activités qu’ils aimeraient mener suppose, en amont, tout un travail d’organisation, d’anticipation et surtout de coordination entre les animateurs vacances, salariés de l’association, les bénévoles qui rendent visite toute l’année aux personnes accompagnées et les responsables de séjour qui sont souvent des bénévoles ponctuels.

C’est à cette synergie – et au savoir-faire indéniable de tous les acteurs – que l’on doit la réussite de ces vacances. Ce défi est d’autant plus acrobatique que les personnes du 4e âge ont beaucoup de difficultés à se projeter dans l’avenir, à concrétiser leurs souhaits de partances, et ce d’autant plus qu’ils sont peu valides, voire très dépendants. À Nantes, tout un travail de recueil d’informations est mené pour mieux connaître les personnes, recenser leurs handicaps, ce qui permet de répartir les plus dépendantes et d’équilibrer les différents séjours.

Quoi qu’il en soit, « ce temps d’évasion est essentiel, confirme André Rauch. En retrouvant la capacité de se projeter, les personnes âgées retrouvent du même coup un sens à leur vie. » Autant dire que l’enjeu est de taille et mérite de solliciter un peu plus chaque année la créativité des uns et des autres.

Échappées belles

Sortir des personnes âgées d’une structure hospitalière, avec leurs soignants, pour un ou quelques jours de vacances est parfois un défi. Un certain nombre d’équipes petits frères s’y emploient, à Nantes, par exemple, à Creil-Clermont-Liancourt dans l’Oise ou aux Herbiers en Vendée.

L’implantation lyonnaise a mis sur pied, depuis près de vingt ans, un véritable partenariat (VIP pour Vacances inter partenariales) au bénéfice de quelque cinq cents personnes en institutions. La convention passée avec onze hôpitaux, centres gériatriques ou maisons de retraite de la région permet d’organiser des séjours de vacances de cinq jours ou des « accueils à la journée » dans la maison de Charmanon, à Grézieu-la-Varenne, dans les monts du Lyonnais. « L’objectif, explique Laurence Poulard, qui coordonne les vacances à Lyon, est de sortir les personnes âgées de l’hôpital en leur offrant un cadre reposant et des vacances, malgré la dépendance ou la maladie… »

En 2006, les bénévoles petits frères ont accueilli une centaine de personnes âgées. Tandis que 294 résidants ont pu passer une journée à la campagne accompagnés de 60 soignants. La présence du personnel hospitalier, outre qu’elle décharge les bénévoles des soins de nursing, contribue à modifier les regards des uns et des autres et facilite le retour dans l’institution. Les résidants peuvent ainsi vivre des vacances à leur rythme, où le meilleur de la vie leur est offert : bien manger, être chouchoutés, choisir ses activités et ses paresses… Un temps privilégié où l’écoute redevient primordiale pour les professionnels.

Témoignages de personnes âgées

« Avec les petits frères, je me sens en confiance »

J’ai beaucoup voyagé car j’étais habilleuse dans une troupe de théâtre. Depuis que j’ai perdu mon mari, je me sens très seule. Je pars en vacances au printemps et en été. Avec les petits frères, je me sens en confiance : on se laisse vivre, on est “aux petits soins” avec vous. La vie en collectivité m’apporte beaucoup moralement. En vacances, on sort tous les jours et même en prenant de l’âge j’aime beaucoup les sorties ! J’ai gardé contact avec des bénévoles rencontrés l’été. On s’appelle pour prendre des nouvelles. Je pense particulièrement à une jeune… Qu’est-ce qu’on a pu rigoler ensemble quand on partait faire des courses ! Bien sûr, le retour est difficile, mais je pense aux prochains séjours et puis tous les jeudis, je viens à la fraternité.
Clémentine, 78 ans, Lyon

« On est chouchoutés par les bénévoles »

J’attends les vacances avec impatience. Avant le départ, je suis très stressée, j’appréhende de bouger, car j’ai des difficultés à me déplacer. C’est la panique pour préparer ma valise : qu’est ce que je mets ? Des vêtements chauds, légers ? Un bénévole vient me chercher à mon domicile pour retrouver le groupe à Lyon, et là je me mets dans l’ambiance du groupe et des vacances. Là, je retrouve des amis. On est « chouchoutés » par les bénévoles. Je me souviens encore de mon premier séjour en 1997 ! » J’ai beaucoup de souvenirs notamment de mon séjour [à Montguichet, en décembre 2005] où j’ai passé une fin d’année agréable. On a fêté le réveillon, on a eu un bon repas, on a dansé… On était tous déguisés avec des djellabas : qu’est ce qu’on a bien rigolé !
Marguerite, 86 ans, Aix-les-Bains

Quelques chiffres

Grâce à la générosité de quelques 12 350 bénévoles hexagonaux de tous les âges mais aussi des jeunes venus de l’étranger, les vacances telles que les conçoivent les petits frères des Pauvres proposent à quelque 14 500 personnes isolées et démunies, dont la moyenne d’âge est proche de 85 ans, d’avoir accès à des séjours particulièrement adaptés à leur état. 40 séjours de vacances de moins de quatre jours ont été organisés en 2006, ce qui représente 1.050 nuitées. 163 séjours de vacances de plus de quatre jours ont été organisés de mai à septembre soit 1.637 jours. Ce qui représente 24.987 nuitées au total.

Les maisons de vacances des petits frères accueillent : des associations de malades (Alzheimer ou adultes handicapés), des établissements pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) ou des maisons de retraites, des services d’aide et de soins à domicile qui tous, commencent à réaliser les bienfaits des vacances pour les personnes accompagnées, et pour entretenir la relation entre soignants et résidants.

Témoignages de bénévoles

Des échanges intergénérationnels

L’été 2006, la fraternité Paris-Sud m’a demandé d’accompagner un nouveau projet dans un gîte à la ferme intergénérationnel en Sologne. Expérience nouvelle sortant des schémas habituels. Nous sommes donc partis un peu à l’aventure ne connaissant ni les lieux ni le fonctionnement du centre : six personnes âgées et sept bénévoles, réunis une semaine en juillet. Nous étions logés dans un bâtiment de ferme conçu pour accueillir des groupes de personnes âgées. Les deux principaux repas étaient pris avec les personnes vivant sur le site, entre 25 et 40 convives. Soyons réalistes, les deux premiers jours nous avons surtout rencontré les autres vacanciers lors des repas. Avant d’oser la rencontre, il fallait que notre groupe se découvre. Il fallait également tenir compte de nos invitées, de leurs aspirations et de leurs souhaits, et du rythme de vie à la ferme ; comme il a fallu prendre en compte la canicule. Malgré tout, et grâce aux responsables de la ferme très accueillants, de réels échanges se sont produits, timides au début, puis plus spontanés. Nous avons vécu au rythme de la ferme : arroser le potager, soigner les animaux…

Jean-Marc Olivier, bénévole

Bon voyage !

Vendredi 11 août. Au centre hospitalier de Loos, grand branle-bas : huit personnes âgées des deux résidences (Marceline Dupont, unité de soins de longue durée, et la maison de retraite les Magnolias) partent à la Prée. 9h, les voitures démarrent. Bon voyage !

C’est ainsi que commence le journal d’Andrée, qui depuis 2004 raconte ses séjours de vacances sur un cahier à petits carreaux à couverture bleue.

En 2006, l’équipe de Loos (Nord) était à l’abbaye de la Prée et la scribe, d’une fine écriture penchée, consigne d’une plume alerte mais concise les détails de ce séjour de treize jours au coeur du Berry, telle cette kermesse du 21 août : « le temps nous faisait hésiter : tant pis ! On monte les jeux organisés par les bénévoles, et chacun son tour nous passons devant chaque (stand) et alternons des points, selon notre adresse ou même notre mémoire. Mais tous furent récompensés par un lot. » Visites à Vierzon ou à Bourges (sa cathédrale et le musée du meilleur ouvrier), ateliers tricot ou cuisine, scrabble ou loto (avec lots), « un peu ou beaucoup de sieste », selon l’appétit des dormeurs, course de fauteuils roulant… rien n’arrête les vacanciers, pas même le temps maussade de ce mois d’août 2006. « Après un dernier apéritif à la mûre ou au cassis », vient déjà le temps de boucler les valises et le jeudi 24, après avoir noté l’heure d’arrivée, Andrée termine par cette ultime note : « Il y avait de nouveaux bénévoles que nous avons accueillis avec plaisir et que nous espérons revoir souvent. Merci, merci, merci. »

Andrée, Lille (Nord)

Connaître la maison de vacances

Bénévole depuis 1995 et responsable de séjour à Lille (Nord), Thérèse Bletchen envisage son rôle comme celui d’un médiateur qui en premier lieu donne le ton d’un séjour et veille à ce que l’harmonie ne se rompe pas.

Être attentif aux besoins et aux rythmes des personnes âgées, savoir concilier les demandes des bénévoles et les désirs des invités, c’est une condition indispensable pour bien réussir un séjour. J’ajoute que connaître la maison de vacances, c’est important pour se repérer, pour bien placer les personnes âgées. C’est ce que j’ai fait à la Prée en 2005. J’y suis allée avant le séjour ; on m’a fait visiter. J’ai vu les personnes qui seraient là : le cuisinier, la lingère, la responsable…

Un responsable du séjour précédent était encore là, il m’a donné une liste de ressources locales, toutes les choses à faire à proximité ; Il m’a expliqué le fonctionnement de la maison, donné des conseils pour faciliter le séjour, jusqu’à l’escalier de bois qui grince -éviter de le prendre le soir… Quand nous sommes arrivés, je connaissais déjà la tête des gens : je crois que cela a joué sur la réussite du séjour. Pour moi, un séjour agréable, c’est aussi plus que le beau temps l’ambiance qui y règne et le désir de chacun que le séjour soit réussi. Dans l’équipe de Loos, on se connaît, c’est déjà plus facile. On a des liens d’amitié et c’est précieux. Dans d’autres équipes, ça ne se passe pas forcément comme ça : soit il y a trop de bénévoles nouveaux qui ne se connaissent pas, soit les bénévoles ne s’entendent pas entre eux et ça compromet la réussite du séjour.

Thérèse Bletchen

Devenez bénévole-vacances aux petits frères des Pauvres

Être bénévole, c’est :

- être âgé au moins de 18 ans,

- avoir un esprit volontaire,

- être disponible pendant toute la durée du séjour ou des actions de proximité,

- être présent et à l’écoute auprès des personnes accompagnées,

- aimer travailler en équipe,

- pas de compétences professionnelles particulières,

- avoir éventuellement le permis de conduire B depuis au moins 2 ans (apprécié) .

Le bénévole s’implique de différentes manières :

- accepter les tâches quotidiennes (courses, lessive, vaisselle, ménage…),

- aider éventuellement à la toilette (bains, douches) et au confort des personnes,

- organiser des activités ludiques (sorties, animations,…) pour apporter un agréable temps de vacances aux personnes accompagnées,

- respecter le rythme de la personne âgée : l’aider dans ses gestes quotidiens, l’accompagner dans les activités estivales (shopping, promenade,…) tout en respectant sa liberté.

La ligne bénévoles : 0 825 833 822
Site Internet de l'association les petits frères des Pauvres


Publié le Vendredi 13 Avril 2007 dans la rubrique Social | Lu 9609 fois