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Les jeunes de Shanghai se disent prêts à s’occuper de leurs parents âgés

Alors que la Chine connaît un vieillissement accéléré de sa population, une étude locale menée dans la ville de Shanghai –considérée comme étant la plus occidentale de cet immense pays- semble montrer que les jeunes, pour la plupart issus de la politique de l’enfant unique, sont disposées à s’occuper de leurs parents âgés, indique un récent article de China Daily.


La Chine est un pays qui vieillit vite et qui n’a pas –ou presque pas- d’infrastructures permettant d’accueillir décemment les personnes âgées. Actuellement, il faut savoir que les 65 ans et plus représentent déjà plus de 100 millions d’individus, soit 7.7% de la population. Et d’ici 2050, un tiers des Chinois seront être âgés de 65 ans et plus.

« La Chine est le seul pays au monde qui a commencé à vieillir avant d'être devenu un pays riche » indiquaient récemment des économistes locaux. Face à cette situation, considérée comme une véritable « bombe à retardement », on comprend l’importance des liens familiaux et de l’entraide intergénérationnelle.

Selon une récente étude réalisée par la Commission du Planning familiale et de la de population de Shanghai sur près de 5.000 habitants de la ville âgés de 18 ans et plus –tous enfants uniques-, une majorité (60%) des jeunes shanghaiens se dit prête à s’occuper de leurs parents lorsque ces derniers seront trop âgés pour vivre seuls. .../...
Les jeunes de Shanghai se disent prêts à s’occuper de leurs parents âgés

Les responsables de cette enquête considèrent donc que cette génération d’enfants uniques –environ 1.4 millions de personnes rien que pour la ville de Shanghai- semble très attachée à ses parents et conserve l’influence de la culture traditionnelle chinoise qui veut que plusieurs générations vivent sous le même toit. Mais au-delà des traditions, les sociologues estiment que la politique de l’enfant unique à permis de resserrer les liens parentaux… tout en précipitant le pays dans un vieillissement accéléré.

Parmi les personnes interrogées vivant en couple, six sur dix hébergent déjà l’un des parents du ménage, qui souvent vient en aide aux enfants en réalisant certains travaux domestiques et en gardant les enfants. « Nous avons un besoin crucial de l’aide de nos parents pour garder notre enfant, car mon mari et moi-même travaillons très dur tous les deux. Sans eux, notre vie serait un enfer » indique une maman d’un enfant de 4 ans.

Un même pourcentage se dit prêt à venir en aide à leurs parents le jour où ils en auront besoin. « Mes parents ont pris soin de leurs parents. Je ne peux pas m’imaginer faire autrement. Pour moi, ce serait synonyme d’abandon » indique une jeune femme d’une vingtaine d’années. « Bien sûr, je désire que mes parents vivent avec moi quand ils seront âgés. Je suis le seul enfant qui puisse s’occuper d’eux » indique une femme célibataire.

Cependant les responsables de cette étude tempèrent quelque peu les bonnes résolutions de cette jeune génération en soulignant qu’il n’est pas si facile que cela de se transformer du jour au lendemain en aidant familial. « La réalité est souvent difficile à vivre » indique un spécialiste des questions du vieillissement. D’autant plus que les couples issus d’enfant unique risquent d’avoir à prendre en charge jusqu’à 4 personnes âgées en même temps. De plus ajoute le spécialiste, « cette jeune génération mène un style de vie radicalement différent par rapport à ses aînés ».

Dans « un monde idéal », concluent les responsables de cette étude, il faudrait que les parents vivent dans le même quartier que celui de leurs enfants mais pas chez eux. Que les personnes âgées se trouvent à une demi-heure du lieu de vie des plus jeunes.

Cette enquête a également montré que plus d’un quart des sondés (27%) étaient prêts à faire appel à des sociétés de services à domicile pour s’occuper des parents. Par contre, moins de 10% envisagent le placement en maison de retraite.


Publié le Mercredi 25 Octobre 2006 dans la rubrique Intergénération | Lu 2259 fois