Sommaire
Senior Actu

Les funérailles ne sont plus ce qu'elles étaient : le marché évolue avec les baby-boomers

Le marché du funéraire évolue. Même si le concept de base reste le même, à savoir, honorer la mémoire du défunt, les pratiques changent et désormais, les individus et plus particulièrement les baby-boomers, essaient d’anticiper et de préparer à l’avance l’organisation de ce douloureux évènement de manière à décharger ceux qui restent, des soucis techniques, matériels et financiers.


Arrivant à l’aube de la retraite, les baby-boomers commencent à préparer l’organisation et le paiement de leurs funérailles. Cette évolution est relativement récente et se développe avec le vieillissement de cette génération issue du baby-boom d’après-guerre.

Alors que pendant très longtemps, le fait d’anticiper son propre décès était considéré comme un tabou, aujourd’hui, nombreux sont ceux qui préfèrent avoir recours à des prestations de prévoyance leur permettant de faire respecter au mieux leurs dernières volontés et surtout de soulager leur famille de toute considération financière en matière d’obsèques. Une étude TNS Sofres publiée en octobre 2003 indique d’ailleurs que « 87% des Français interrogés n’estiment pas choquant de prendre des dispositions pour organiser ses obsèques à l’avance ».

Au-delà des aspects financiers, on constate aussi une évolution des pratiques. Désormais, les individus s’intéressent plus à la mise en valeur du défunt qu’à la disposition du corps. De nouvelles demandes sont en train d’émerger et les professionnels de ce secteur proposent de nouveaux produits en conséquence. Aux Etats-Unis par exemple, il n’est plus rare, lors d’une cérémonie, de visionner une vidéo célébrant la vie du défunt. Le dernier film de Cameron Crowe, Rencontres à Elizabethtown avec Orlando Bloom, Kirsten Dunst et Susan Saradon illustre bien ces nouvelles pratiques. Lors des funérailles du père qui vient de mourir, une grande cérémonie est organisée, où parents et amis viennent dire quelques mots sur le disparu, illustrés par des photos sur grand écran. Sa femme, pour lui rendre hommage, présente un numéro de claquettes et un neveu organise même un mini concert rock !

Un récent sondage américain réalisé par l’Association nationale des directeurs funéraires, montre d'ailleurs que 62% des adultes souhaitent une personnalisation de leurs obsèques. Parmi les options les plus demandées, on retrouve le discours réalisé par la famille ou les proches (50%), diffuser leur musique favorite (47%) et le passage de photos et d’effets personnels (42%). « Désormais, les familles préfèrent mettre en valeur la personnalité du défunt » précise le propriétaire d’une entreprise de pompes funèbres.

En France, les acteurs de ce secteur mettent aussi en place de nouveaux produits. PFG-Roblot a lancé, en 2005 et dans toute la France, un service dédié à l’accompagnement après les obsèques : Celao. Pendant trois mois et pour un montant de 220 euros, chaque souscripteur appelle librement une assistante conseil , qui écoute, conseille, effectue toutes les démarches et fait valoir ses droits. PFG-Roblot indique que 1.000 dossiers sont traités par mois et précise qu’il s’agit d’une assistance technique, procurée par des professionnelles formées et compétentes, grâce à un progiciel spécialement créé pour ce service.

De son côté, Roc-Eclerc propose des offres plus personnalisées. Cette société a inauguré, elle aussi, une plateforme d’assistance après décès au profit des familles : Enaos. Grâce à cet outil, chaque affilié de la marque offre aux proches une gestion complète des formalités à accomplir à la suite d’un décès. Cette prestation est mise en place dans un souci d’accompagnement et d’aide aux proches du défunt, pour les aider à faire face à la gestion administrative souvent lourde en cette période de deuil, par exemple : gestion des remerciements, lettre de formalités, etc.

Le groupe, en ce qui concerne la crémation, travaille aussi sur des offres plus complètes censées mieux répondre aux attentes des consommateurs. Et de rappeler que cette pratique est autorisée par l’Eglise depuis 1963. Elle concerne un peu plus d’un cinquième des décès (25% à Paris) contre moins de 1% il y a 20 ans. La crémation s’accompagne donc maintenant d’une cérémonie spécifique et personnalisée afin que ce moment soit vécu sereinement. Le lieu de recueillement, de sépulture et de souvenir subsiste et fait l’objet de conseils particuliers auprès des familles.


Publié le Mercredi 30 Novembre 2005 dans la rubrique Consommation | Lu 6491 fois