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Les baby-boomers au lit : leur anxiété sexuelle révélée au grand jour

Pfizer, le fabricant du Viagra, a fait réalisé par Ipsos-Reid un grand sondage intitulé « Les baby-boomers au lit. Attitudes, opinions et comportements sexuels de la génération des baby-boomers ». Cette enquête brosse un tableau exclusif des facteurs qui influent sur les opinions des gens au sujet des rapports physiques et des relations sexuelles. 40 ans après, où en est la « génération de l’amour libre » ?


Les baby-boomers au lit : leur anxiété sexuelle révélée au grand jour
La « génération de l’amour libre » a peut-être été pionnière de la révolution sexuelle mais, selon la sexologue clinicienne spécialiste en relations conjugales, Mme Diane Brouillette, le plus beau cadeau que les baby-boomers lègueront aux générations futures est sans doute leur nouvelle ouverture et appréciation des rapports sexuels à leur âge.

« Notre société reconnaît rarement aux personnes vieillissantes un rôle d’amants sexuellement actifs. On entend souvent à leur sujet : « ils sont trop vieux pour faire l’amour » ou « cela peut être dommageable pour leur santé ». Pourtant, « cette génération des baby-boomers demandent de plus en plus d’aide médicale et sexologique », explique Mme Brouillette.

« La révolution sexuelle fut une période excitante et riche en expérimentations pour les jeunes de l’époque. Mais la sexualité évolue avec l’âge chez l’homme et la femme. Le désir, l’excitation, c’est-à-dire l’érection et la lubrification, diminuent en vieillissant. L’orgasme est moins essentiel, moins intense, mais par contre il se diffuse à l’ensemble du corps. Le plaisir est aussi présent qu’avant. Tous ces changements peuvent constituer un réel test pour les couples. Cette période peut s’avérer intense et remplie de tendresse, de douces récompenses, de sensualité et même de sexualité, ou carrément aliénante, à cause de l’anxiété de performance sexuelle et la peur de l’échec que ces changements peuvent susciter, et génératrice d’un sentiment d’isolement, par crainte d’en parler au partenaire sexuel, tout dépendant de la façon dont on aborde ces changements sexuels et comment on se prépare à y faire face », explique Mme Brouillette.

Bien que près de 80% des baby-boomers prennent des mesures concrètes pour maintenir une bonne santé à long terme, et que le même pourcentage de répondants affirment se sentir et paraître plus jeunes qu’ils le sont réellement, Diane Brouillette n’a pas été surprise d’apprendre que les baby-boomers vivent, en secret, la même anxiété : l’effritement de leur vie sexuelle et intime en vieillissant. .../...

Les baby-boomers craignent l’effritement de leur vie intime et sexuelle

Selon des données récemment tirées de l’étude canadienne « i[Les baby-boomers au lit. Attitudes, opinions et comportements sexuels de la génération des baby-boomers]*i », quelque 40% des femmes et 60% des hommes admettent craindre de voir leurs performances sexuelles s’effriter avec l’âge.

« Il s’agit d’une préoccupation profonde dont très peu de gens discutent, et qui génère un sentiment d’anxiété chez plusieurs personnes de cette génération », explique Mme Brouillette. « Et malheureusement, la une diminution des réactions physiologiques sexuelles, associée à l’anxiété de performance, favorise l’apparition des dysfonctions sexuelles, dont principalement les difficultés érectiles, la baisse du désir sexuel et la diminution de la fréquence des relations sexuelles. Alors que nous avançons en âge, les dysfonctions sexuelles ne sont pas seulement très courantes, elles sont prévisibles et doivent être abordées de façon sensée et empathique. »

De fait, un quart des baby-boomers affirment souffrir de problèmes de santé qui altèrent leur vie sexuelle. D’autres problèmes courants affectent également la vie sexuelle de cette génération. En effet, près d’un tiers des femmes confirment que la ménopause les empêche de jouir pleinement de leurs relations sexuelles, alors que 25% des hommes interrogés avouent souffrir de troubles érectiles.

Moins de la moitié des baby-boomers s’embrassent ou s’enlacent au quotidien

« À ma grande surprise, j’ai constaté que 15% des baby-boomers n’embrassent ou n’enlacent jamais leur partenaire. 20% ne le font qu’une ou deux fois par mois, et seulement 39% manifestent ce type d’affection au quotidien », confirme Diane Brouillette. « En vieillissant, il est primordial de trouver des façons de multiplier les contacts physiques et de renforcer les liens conjugaux, au lit comme au quotidien. Les jeux de séduction et le désir sexuel procurent un plaisir de vivre. »

Pas de recette miracle pour donner un second souffle à votre vie sexuelle

« Bien que les comportements suggérés, comme l’échange d’affection, la priorisation des rapports sexuels et les sorties en amoureux, peuvent aider à alimenter la passion chez un couple sain, les relations sont souvent très complexes et la dysfonction sexuelle peut l’être tout autant. Les couples doivent donc s’informer et s’engager à y remédier en étroite complicité. »

« Par-dessus tout, gardez espoir. Même si votre vie sexuelle subit quelques transformations, vous pouvez y trouver plaisir et satisfaction. La sexualité de l’homme et de la femme se ressemblent beaucoup plus à cet âge. Tous deux ont besoin de plus de calme et de préliminaires amoureux pour bien fonctionner sexuellement. S’il y a présence de problèmes intimes et sexuels, vous pouvez les résoudre si vous y êtes déterminés », rassure Mme Brouillette.

Il est possible de donner un second souffle à votre vie sexuelle si vous prenez les mesures suivantes :

Passez un examen médical complet

- Parlez à votre médecin de vos problèmes sexuels de façon explicite et directe.

- Voyez à optimiser votre état de santé général

- Développez des stratégies d’adaptation sexuelle en fonction de votre état de santé, de vos limites physiques

N’oubliez pas que les troubles sexuels naissent d’un état de stress.

Le corps et d’esprit ne font qu’un dans votre sexualité. Tous les problèmes d’ordre sexuel, non diagnostiqués comme « organiques » par votre médecin, sont fondés sur un facteur émotif quelconque. Il est donc important de prendre soin non seulement de votre corps, mais aussi de votre esprit.

Acceptez que votre style de vie sexuelle se transforme avec l’âge

Tout le monde souhaite évoluer sur le plan sexuel, mais les couples se sentent souvent menacés par divers facteurs qui peuvent nuire à cet épanouissement.

Ayez le courage de demander l’avis d’un spécialiste si votre vie intime est affectée en raison d’un problème de santé, d’une baisse de libido, d’une altération de performance sexuelle ou d’une impasse sur le plan relationnel :

• Menez votre propre recherche
• Parlez à votre médecin
• Obtenez l’aide d’un(e) sexologue ou d’un(e) thérapeute conjugale qualifié(e)

Soyez prêt(e) à exprimer vos besoins à votre partenaire

Tout changement peut éveiller un sentiment d’instabilité. Lorsqu’un des partenaires change, l’autre change inévitablement. Pas de panique, votre couple réussira à trouver un nouvel équilibre s’il fait preuve de patience, de détermination et de capacité d’adaptation.

Nourrissez une plus grande complicité avec votre partenaire dans toutes les facettes de votre vie

Cherchez des moyens de créer un sentiment réciproque d’investissement émotif, de bonté, de patience et d’empathie… ce sont les meilleurs aphrodisiaques!

« Enfin, il est important de reconnaître que des aides médicales, comme les hormones et les médicaments pour traiter la dysfonction érectile constituent des outils qui peuvent aider à régler un problème, mais qui ne peuvent, à eux seuls, régler tous les problèmes sexuels », poursuit Mme Brouillette. « Cependant, toute relation saine peut profiter de la tranquillité d’esprit et du bonheur qu’un médicament procure en diminuant l’anxiété de performance, ce qui permet aux couples de se détendre et de se recentrer sur le plaisir de leur relation sexuelle », explique-t-elle.

« Adopter une vision holistique de votre relation de couple et traiter les problèmes émotifs sous-jacents demande temps et attention, tant pour vous que pour votre partenaire. Toutefois, c’est la seule façon d’assurer une évolution sur le plan sexuel et d’en obtenir pleine satisfaction, malgré les années », conclut Diane Brouillette.

* Le sondage a été mené en ligne à la fin du mois de novembre 2005 auprès d’un groupe de 2 498 personnes (1 314 hommes et 1 184 femmes) âgées de 40 à 64 ans. L’échantillon était équilibré par région en fonction des données du recensement et comporte une marge d’erreur de +/- 2 %.


Publié le Mercredi 6 Décembre 2006 dans la rubrique Bien-être | Lu 12635 fois