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Les Solitudes en France en 2012 : 4,8 millions de personnes seules… Quelles solutions ?


La Solitude en France en 2012… La Fondation de France vient de publier son rapport annuel et tente d’apporter des réponses à ce phénomène d’exclusion qui touche de plus en plus de personnes dans l’Hexagone compte tenu du délitement croissant des liens sociaux.


Attentive au phénomène d’exclusion qui place la solitude au cœur de la question sociale, la Fondation de France publie aujourd’hui son rapport 2012 sur les Solitudes*. Loin de reculer, la solitude a progressé de 20% depuis 2010 et s’étend à des populations jusqu’ici épargnées par le phénomène.

Face au délitement croissant des liens sociaux, la Fondation de France affirme son engagement dans la lutte contre les Solitudes au travers des actions qu’elle identifie, accompagne et soutient financièrement. « Si la réponse matérielle, médicale ou économique à une situation constitue une étape incontournable, reconstruire la personne dans sa capacité à entretenir des liens durables revient à restaurer pleinement sa dignité d’être humain » souligne Francis Charhon, Directeur général de la Fondation de France.

De plus en plus seuls

La part de la population française en situation d’isolement a augmenté de 20% en deux ans.
11% de Français (9% en 2010) soit 4,8 millions de personnes, ne disposent d’aucun réseau de sociabilité et peuvent donc être considérés comme objectivement seuls.

L’âge moyen passe de 59 à 54 ans

9% des 30-39 ans sont seuls en 2012, alors qu’ils n’étaient que 3% en 2010. Le profil de ces trentenaires peut expliquer cet isolement : ils vivent généralement seuls, sans enfant, sont peu diplômés et rencontrent des difficultés à trouver leur place dans le monde du travail. Ainsi, l’âge moyen des personnes isolées passe de 59 ans à 54 ans.

Le travail n’est plus un gage d’insertion sociale

Le travail, longtemps apparu comme l’un des grands moyens d’insertion dans la société, ne joue plus ce rôle aujourd’hui : 27% des Français en emploi (contre 20% en 2010) disent ne pas être en mesure de construire des relations autres que strictement professionnelles avec leurs collègues.
Les travailleurs pauvres (- de 1000€ de revenus par mois) qui cumulent souvent précarité de l’emploi, temps partiel et horaires décalés et les travailleurs indépendants sont les plus exposés. 44% d’entre eux (contre 36% en 2010) n’ont pas de relations sociales dans le cadre de leur travail.

« Je ne compte pour personne, je ne compte pour rien »

13% des Français éprouvent en 2012 un sentiment d’abandon, d’exclusion ou d’inutilité (10% en 2010). Ce ne sont plus les autres qui manquent à leur place, c’est la personne seule qui n’a plus de place parmi eux : « que l’on soit là ou pas ne change rien pour personne ».

On ne nait pas seul, on le devient

La solitude n’est pas un état mais le résultat d’un processus, d’un enchainement d’événements qui peut être enrayé. Les raisons d’isolement citées renvoient à une rupture familiale (31%), amicale (13%), professionnelle (10%) à un problème de santé ou de logement.

Les réponses de la Fondation de France

Face à ce constat, la Fondation de France réaffirme son engagement contre les Solitudes. Elle se mobilise en soutenant chaque année pour un montant de 5 millions d’euros, plus de 500 actions portées par des associations et des acteurs de terrain, qui œuvrent au quotidien et au plus près des personnes isolées.

Pour lutter contre les solitudes, la Fondation de France propose :

1- de sortir d’une démarche d’assistanat, pour privilégier les projets qui mettent la personne au centre des actions qui la concernent, afin qu’elle se sente de nouveau « utile », qu’elle retrouve sa place parmi les autres et qu’elle reprenne sa vie en main avec confiance et dignité.

2- d’agir au quotidien et dans la durée, car la solitude est un mal de tous les jours qu’aucune initiative ponctuelle ne peut enrayer.

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Publié le Mercredi 27 Juin 2012


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