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Les Français, la santé et l’argent : vivre longtemps et en bonne santé

L’assureur AG2R La Mondiale, vient de présenter la 6ème édition du baromètre « Les Français, la santé et l’argent »*, un sondage qui aborde la perception qu’ont les Français de leur santé, de son financement et du système de soins. Pour plus des deux-tiers de nos compatriotes, « vivre longtemps et en bonne santé » constitue toujours le premier critère d’une bonne qualité de vie.


Ce baromètre montre que dans cette période de crise économique et financière, les Français font preuve d’une préoccupation particulièrement forte pour leurs ressources financières que ce soit par rapport aux revenus dont ils disposeront à la retraite ou à leur capacité à faire face à leurs dépenses de santé.

En cas de hausse trop importante de leur cotisation d’assurance complémentaire santé, certains d’entre eux sont même prêts à envisager de ne plus y recourir pour couvrir ce type de dépenses.

Toutefois, ils restent toujours conscients de bénéficier d’un système de soins de qualité, mais la plupart d’entre eux estime que celui-ci tend à se détériorer au fil des ans...

Pour 67% des Français, « vivre longtemps et en bonne santé » constitue toujours le premier critère d’une bonne qualité de vie même s’il perd quatre points comparé à 2010, ce chiffre s’élevant à 79% chez les retraités.

Dans le même temps, le deuxième item a fait un bond de neuf points et a ainsi quasiment rejoint le premier puisqu’ils sont désormais 65% à considérer leur niveau de « ressources financières » comme une composante essentielle de leur qualité de vie. Les plus sensibles à cet aspect sont les personnes les plus fragiles économiquement (ayant un revenu inférieur à 1.200 euros ; -71%) ou celles qui ont un niveau d’étude inférieur au Bac (70%).

Autres composantes d’une bonne qualité de vie : viennent ensuite le fait « d’avoir du temps pour soi », de « ne pas être stressé » ou de « vivre dans un environnement préservé » (36 à 37%).

Si la dépendance reste la préoccupation majeure face à la vieillesse (47%), on constate un net recul au fil des années (-14 points depuis 2007) face à l’inquiétude grandissante des Français concernant leurs finances. Ils sont en effet de plus en plus nombreux à se soucier de leur « niveau de revenus » (21%, +8 points depuis 2007) et de leur capacité à « disposer de moyens financiers pour se soigner » (19%, +6 points depuis 2007 dont +5 points par rapport à 2010) lorsqu’ils pensent à leur situation personnelle quand ils seront âgés.

La perte d’autonomie inquiète essentiellement les hauts revenus (62% des personnes touchant 3.000 euros et plus), les cadres et retraités (59%) et les 50-64 ans (56%) ; tandis que le niveau de revenus préoccupe principalement les jeunes (33% des 18-24 ans), les personnes disposant de moins de 1.200 euros par mois ou ayant un niveau d’études inférieur au Bac (29%), les employés et ouvriers (27%). Enfin 11% des personnes interrogées s’inquiètent du risque d’être confrontées à l’isolement quand elles seront âgées (18% pour les cadres).

Pour 57% de la population française, la part des dépenses de santé occupe toujours une place très importante dans l’ensemble des dépenses quotidiennes. Les 65 ans et plus sont même 73% à faire ce constat ainsi que 67% des personnes issues d’un foyer disposant pas de moins de 2.000 euros de revenus.

La recommandation médicale constitue toujours le critère fondamental dans le choix d’un professionnel de santé ou d’une structure médicale (50%), la proximité (22%) et les conseils de l’entourage (17%) restant stables. Si le tarif n’est impactant que pour 6% de la population totale, il pèse plus dans le choix des foyers modestes (12% pour les revenus inférieurs à 1.200 euros).

Même si huit Français sur dix reconnaissent que la qualité du système de soins est meilleure en France que dans d’autres pays (82%), on note une baisse constante de ce taux sur les cinq dernières années (-2 points depuis l’année dernière et – 4 points depuis 2007).

Parallèlement, la proportion des personnes estimant que le système de soins se détériore est en forte progression ces dernières années puisqu’elles sont désormais trois-quarts à le penser (74%), soit une hausse de cinq points en un an et de treize points en cinq ans. Ce ressenti est encore plus manifeste chez les 50-64 ans et les employés/ouvriers (79%) ainsi que parmi les résidants de villes de moins de 20.000 habitants (80%). Il est moins marqué pour les 18-24 ans (59%) et les habitants de l’agglomération parisienne (66%). On note ainsi un clivage entre les petites et les grandes agglomérations qui souligne notamment l’existence de déserts médicaux dans les zones rurales.

Par ailleurs, ils sont toujours près de neuf Français sur dix (chiffre constant, 86%) à avoir conscience que les dépenses de santé sont de moins en moins remboursées par la Sécurité sociale (90% des 35-49 ans).

On constate une véritable préférence de la population pour un recours au financement collectif des dépenses de santé puisque près d’une personne sur deux favoriserait l’augmentation des cotisations sociales afin qu’elles soient prises en charge par la Sécurité sociale (48%, +6 points par rapport à 2010). C’est la première fois depuis cinq ans que ce taux atteint un niveau aussi élevé et il atteint même 54% chez les employés et ouvriers.

À l’inverse, ils ne sont plus que 25% à privilégier une hausse des cotisations de leur complémentaire santé (-5 points en un an). Ce revirement démontre que les Français préféreraient faire appel à la solidarité dans un contexte économique et financier où ils n’ont pas la certitude de pouvoir faire face à ces dépenses individuellement.

Malgré cela, la population française est globalement disposée à dépenser davantage pour ses problèmes dentaires et optiques : 64% pour des problèmes de vue, 60% pour des problèmes dentaires et 40% pour des infections sans gravité pouvant être soignées par automédication (chiffres stables).

Une réduction voire une suppression de la complémentaire santé en cas de hausse excessive de la cotisation
La majorité des personnes interrogées serait prête à financer elle-même la part des dépenses de santé non prises en charge par la Sécurité sociale : un tiers renoncerait à sa complémentaire santé si la cotisation devenait trop chère (32%), parmi elles 45% des 18-24 ans.

Mais, si les Français devaient choisir un seul risque (ou groupe de risques) à assurer, ils opteraient en priorité pour l’hospitalisation (42%) risque plutôt rare mais onéreux, puis à proportion équivalente pour d’une part le dentaire et l’optique (28%) et d’autre part la médecine et la pharmacie (27%). Les foyers les plus modestes c’est-à-dire percevant un revenu mensuel de moins de 1.200 euros sont plus enclins à conserver une couverture de leurs dépenses en médecine et pharmacie (34%).

Enfin, les Français se disent prêts à restreindre leur choix d’équipements et professionnels de santé en optant pour ceux indiqués par leur complémentaire santé en échange d’un meilleur remboursement des dépenses : à 47% pour les soins dentaires, 40% pour les soins chirurgicaux et pour les soins médicaux, 39% pour l’équipement optique mais seulement 11% pour les prothèses auditives. Certains y sont même plus favorables que d’autres, c’est le cas pour 58% des 18-24 ans concernant les soins médicaux et près de 55% des 25-49 ans pour les soins dentaires.

*Ce sondage a été effectué les 7 et 8 octobre 2011 par téléphone auprès d’un échantillon de 953 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.


Publié le Lundi 21 Novembre 2011 dans la rubrique Santé | Lu 1987 fois