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Les Français face aux cancers…

Quelles avancées dans la recherche contre le cancer ont été fructueuses ces vingt dernières années ? Combien coûte le développement d’un produit innovant en oncologie ? Quel est le délai requis pour sa commercialisation ? L’enquête PACE (Patient Access and Cancer Care Excellence), menée dans six pays* par les laboratoires Lilly avec GfK détermine le niveau de connaissances de la population générale, des patients et du personnel soignant sur les traitements et les soins en cancérologie, sur le système de santé de leur pays et l’implication des malades.


En France, les principaux résultats de l’enquête révèlent que 59% de la population sont satisfaits des avancées effectuées ces vingt dernières années dans la lutte contre le cancer.
 
En revanche, 60% regrettent la lenteur de la mise à disposition des molécules innovantes aux patients. Deux perceptions partagées par l’ensemble des personnes auditées dans le monde.
 
Rappelons que le cancer est à l’origine de 7,6 millions de morts en 2008, soit environ 13% de la mortalité mondiale. En France, le nombre de décès par cancer était estimé en 2011 à 147.500.
 
Une bonne connaissance générale en oncologie mais des idées reçues persistantes

Les résultats de l’enquête PACE soulignent la bonne compréhension en oncologie de la population générale. A l’image des cinq autres pays interrogés, près d’un Français sur deux (48%) considère que l’annonce du diagnostic n’est plus synonyme de mort assurée (contre 65% des Américains). Cet optimisme relatif est partagé par les patients (67%) et les personnels soignants (56%).
 
Par ailleurs, 34% des Français estiment également que le taux de mortalité par cancer a diminué. En effet, le taux de décès attribué au cancer a baissé de 22% chez l'homme et de 14% chez la femme, en vingt ans, en France.
 
Cependant, certains clichés persistent chez les Français interrogés :
- 46% pensent que le cancer est une seule et même pathologie sévissant dans toutes les parties du corps. Les chercheurs ont pourtant recensé plus de 200 types de cancers d’origines différentes (environnementales, génétiques ou biologiques)
- 70% estiment que la Recherche est menée par le secteur public tandis que 58% voient les laboratoires comme un acteur majeur de la Recherche en France.

« Le niveau de connaissance est relativement faible car on est en face d’un paradoxe. On a une maladie qui tue près de 150.000 personnes par an en France, et nos concitoyens veulent à la fois qu’on les guérisse mais ne veulent pas trop en savoir et surtout ne pas savoir s’ils ont eux-mêmes une conduite à risque » explique le Professeur Philippe Rougier, ex-Chef de service Oncologie Digestive à Hôpital Européen Georges Pompidou.
 
Et d’ajouter que « le niveau de connaissance varie en fonction des niveaux socio-économiques, des expériences personnelles et des âges : il augmente brutalement quand l’individu ou un de ses proches est atteint d’un cancer ».
 
« Au-delà de l’envie du malade d’en savoir plus ou non et de son niveau socioculturel, le niveau de connaissance sur la maladie dépend aussi de la qualité de l’information disponible » précise Bernard Delcour, Président de l’Association Française des Malades du Myélome Multiple (AF3M).
 
Toujours selon cette enquête, 60% des Français pointent du doigt le délai d’attente trop long pour l’accessibilité des patients aux molécules innovantes. Et 59% de la population estiment que les progrès en oncologie ont été remarquables ces vingt dernières années ; la moitié des Français interrogés se dit d’ailleurs satisfaite du financement de la lutte contre le cancer. Un point de vue que ne partagent pas les 74% des patients et 81% des personnels soignants qui attendent davantage de financement. Ce manque d’investissement est aussi dénoncé par une bonne majorité de la population des cinq autres pays participant à l’enquête PACE.
   
Autre point important soulevé par 60% de la population française : le temps d’attente beaucoup trop long des patients pour accéder aux produits innovants. En effet, les patients sont 86% à se plaindre de ce délai contre 65% des personnels soignants. Pour la recherche et le développement de nouveaux produits innovants, 77% des Français attendent plus de coopérations au niveau international. Et trois personnes sur quatre souhaitent une meilleure collaboration entre les différents acteurs de la lutte contre le cancer, à savoir les pouvoirs publics, les ONG, les institutions académiques et les entreprises du médicament, afin d’accélérer les progrès en oncologie.  

« Avant d’être autorisées sur le marché français, toutes les molécules innovantes sont souvent autorisées bien avant aux Etats-Unis. En France, le volet réglementaire a pris le dessus. On cherche avant tout à se couvrir des risques d’image, financiers et sanitaires. Une telle approche très réglementée est antinomique avec une démarche d’innovation. La prise d’initiative doit être primordiale. Il faut viser une démarche plus globale qui prenne mieux en compte la qualité de vie des malades, développer des approches projets qui garantissent un haut niveau de sécurité sanitaire tout en simplifiant les processus et en réduisant les délais. Tout cela convergera vers une meilleure maîtrise des coûts » souligne Bernard Delcour.
 
« Le public n’a pas conscience de la rigidité des critères qui s’appliquent à l’industrie et de la notion de « service médical rendu », c’est-à-dire du fait qu’un produit est jugé à la fois sur son efficacité et sur sa tolérance » ajoute le Professeur Philippe Rougier.
 
Les résultats de l’enquête PACE mettent enfin en avant que 72% des Français souhaitent que les patients puissent participer à des essais cliniques. En effet, 56% de la population générale considèrent que les essais cliniques offrent aux patients l’opportunité de faire progresser la recherche mais aussi de recevoir un traitement meilleur. Actuellement, seulement 15% des patients en France ont déjà participé à un essai clinique ; 68% des patients affirment n’avoir jamais abordé ce sujet avec leur médecin.
 
« Le rôle des médecins pour optimiser l’accès des patients aux essais cliniques est très important. Cela demande une certaine discipline parce qu’il existe beaucoup d’essais de types différents : les essais cliniques peuvent être menés par  les industriels, en particulier pour évaluer les  nouveaux produits, ces essais ne pouvant inclure qu’un nombre limité de patients ; ceux qui sont soutenus par le gouvernement à travers  les programmes hospitaliers de recherche clinique (PHRC) et ceux menés par les sociétés savantes » précise le Professeur Rougier.
 
Enfin, 89% de la population française ne verraient aucune objection à ce que les médecins et les chercheurs exploitent leurs données médicales pour améliorer la recherche en oncologie. Près de neuf patients sur dix en feraient de même pour aider les autres malades..
 
*Etude PACE (Patient Access and Cancer Care Excellence) réalisée par les laboratoires Lilly auprès de la population, de patients atteints de cancer et de personnels soignants le cancer en Allemagne, en France, en Italie, au Royaume-Uni, au Japon et aux Etats-Unis – août/octobre 2012. En France, 500 personnes issues de la population générale, 100 patients et 102 personnels soignants ont été interrogés du 24 août au 4 octobre 2012.


Publié le Mercredi 5 Juin 2013 dans la rubrique Santé | Lu 669 fois