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Les Français et le grand âge : une perception positive de la vieillesse mais des critiques sur la prise en charge de la dépendance

A quelques jours de l’inauguration du salon Geront Expo-Handicap Expo 2007, la Fédération Hospitalière de France (FHF) en partenariat avec le Mensuel des Maisons de Retraite vient de révéler les résultats d’un sondage réalisé par TNS SOFRES* sur « les Français et le grand âge ». Depuis plusieurs années déjà, la FHF étudie l’évolution de cette thématique auprès des Français. Pour cette édition, les auteurs constatent perception positive de la vieillesse mais également un jugement critique sur les conditions de prise en charge des personnes âgées dépendantes par les établissements et les pouvoirs publics.


La vieillesse bénéficie d’une image positive dans la société française... Pour 45% des sondés, elle signifie l'expérience, la sagesse pour 40%, une richesse pour la société (30%) mais dans une moindre mesure, les français associent également vieillesse et charge (23%), signe de déclin (18%) et handicap (16%).

« A noter des écarts de perception entre catégories socioprofessionnelles et classes d’âge », précisent les auteurs de cette étude. Ainsi, « les cadres et professions libérales citent plus souvent que la moyenne des représentations positives ». Et au final, ce sont la dépendance et les maladies que les français redoutent le plus à cette étape de leur vie.

Pour une majorité des Français, toujours selon ce sondage, « à l’heure actuelle, la prise en charge des personnes âgées par les pouvoirs publics n’est pas satisfaisante (trois points de plus qu’en 2005) » et « le déficit de politique publique est aggravé d’un déficit de parole et d’information ».

Presque les trois-quarts (71%) des répondants jugent également qu’on ne parle pas assez des problèmes de prise en charge des personnes âgées et dépendantes (8% de plus qu’en 2005) et 59% déclarent avoir le sentiment d’être mal informés sur les dispositifs d’aide (deux point de plus qu’en 2005). .../...
Les Français et le grand âge : une perception positive de la vieillesse mais des critiques sur la prise en charge de la dépendance

Autre point : l’image de la maison de retraite se dégrade en 2007. Les sondés considèrent ce « cadre de vie imparfait et financièrement inabordable ». Ainsi, la moitié (49%) des Français ont une mauvaise opinion des maisons de retraite (11% d’opinion négative de plus qu’en 2005).

Cette perception est socialement homogène mais varie selon les classes d’âge. Les plus critiques sont les 35-49 ans et à l’inverse, les 65 ans et +, sont une majorité à émettre une bonne opinion. D’autre part, les auteurs soulignent que cette opinion semble meilleure parmi les Français qui déclarent avoir dans leur entourage une personne âgée dépendante.

Ainsi, la mauvaise image des maisons de retraite s’articule autour des craintes suivantes : en premier lieu, des tarifs trop élevés (96%), ensuite, des places disponibles insuffisantes (86%) et un coût d’hébergement inassumable (69%). Pour les Français, le recours à la maison de retraite est une « solution par défaut » et quelque soit leur âge, ils partagent la même réticence à l’égard de cette solution d’hébergement.

Les Français se disent par ailleurs prêts à s’impliquer dans la prise en charge des personnes âgées selon leurs moyens : temps ou argent. Pour une grande majorité d’entres eux (87%), ils sont prêts à consacrer du temps à une personne âgée de leur entourage. Les trois-quarts (75%) seraient également prêts à payer une aide à domicile pour favoriser le maintien à domicile de leur proche et presque les deux-tiers (60%) à prendre en charge un parent âgé à leur domicile.

En ce qui concerne la prise en charge des frais de maison de retraite. Quatre personnes sur dix (44%) se disent prêtes à payer une place en maison de retraite à une personne âgée de leur entourage (17% de moins qu’il y a deux ans). Un quart (24%) des répondants déclarent pouvoir assumer 1.500 euros de coût moyen par mois pour cet hébergement et consentent à le payer et 14% se disent prêts à accueillir chez eux à titre onéreux une personne âgée qu’ils ne connaissent pas.

En résumé, les Français choisissent la solution dont ils ont les moyens : schématiquement les plus aisés sont prêts à dépenser de l’argent et les foyers plus fragiles économiquement à dépenser du temps.

Pour l’avenir, les Français se disent favorables à un financement individuel de la dépendance. Plus de la moitié (52%) estime ainsi qu’il faut laisser à chacun la possibilité de souscrire une assurance qui couvre le moment venu les frais liés à la dépendance. Et presqu’un tiers (32%) des répondants privilégient au contraire l’augmentation des prélèvements obligatoires et des cotisations sociales, en d’autres termes une prise en charge de la dépendance par la solidarité nationale.

En conclusion :

Les Français ne semblent pas prendre conscience de la montée en puissance de la dépendance dans les années à venir mais la considère plutôt comme un risque aléatoire (79% des Français n’ont pas de personne âgée dans leur entourage proche).

Pourtant, la France va devoir faire face d’ici deux ans à une augmentation considérable et sans précédent des personnes âgées dépendantes due à l’arrivée des papy-boomers issus du pic des naissances de l’après Première guerre mondiale.

La position nationale face à cet enjeu crucial de société reste ambivalente, les Français ont une bonne image de la vieillesse mais ne sont pas prêts à la financer ni à faire le pari de la solidarité s’ils ne sont pas directement concernés et pourtant ils vont le devenir…

* Enquête TNS SOFRES - Fédération Hospitalière de France réalisée les 11 et 12 avril 2007 auprès de 1000 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus interrogées en face à face à leur domicile par les réseau des enquêteurs de TNS SOFRES


Publié le Lundi 14 Mai 2007 dans la rubrique Société | Lu 8717 fois