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Les Français et la prévention : quels sont les freins ? Comment les lever ?

Si sept Français sur dix se disent concernés par le surpoids, les maladies cardiovasculaires ou le diabète, seuls 14% disent appliquer parfaitement au quotidien des comportements de prévention pour leur santé, selon les résultats de l’enquête Research International pour Sanofi-aventis « Les Français face à la prévention ». La prévention reste vécue encore très souvent comme une « contrainte » qui va à l’encontre de la notion de « plaisir ». Pourtant, compte tenu du mode de vie actuel plus sédentaire et d’une alimentation plus riche, les maladies cardiovasculaires et l’obésité sont en forte augmentation. Les messages de prévention entendus doivent davantage s’imposer et être appliqués…


Quels sont les freins à une bonne prévention de sa santé ?

- Des freins informationnels : Si 67% des Français associent la prévention santé à un « bon » comportement alimentaire, seuls 10% l’associent à l’activité physique régulière. Le message de prévention santé via l’alimentation et l’activité physique n’est pas encore véritablement assimilé.

Alors que 52% déclarent faire plus attention qu’avant à leur alimentation, seuls 22% déclarent pratiquer plus régulièrement un sport ou une activité physique. Encore une grande majorité des personnes interrogées n’a pas évalué les risques d’une alimentation déséquilibrée et de la sédentarité, ni celle des bénéfices de la prévention. L’abondance d’informations semble brouiller la communication, voire favoriser les comportements d’évitement.

- Des freins socioculturels : 29% évoquent une privation de plaisir, 19% une difficulté à changer leurs habitudes. Le coût élevé des fruits et légumes est évoqué par près de la moitié des personnes de classes socioprofessionnelles modestes (employés, ouvriers…). L’alimentation est porteuse de valeurs telles que la vie, la convivialité et l’amour. Ces croyances, habitudes et pratiques, sont en dissonance avec les messages de prévention, dont les bénéfices ne sont alors pas immédiats.

- Des freins éducationnels : 28% des 18-30 ans disent manquer d’idées pour préparer des repas sains et équilibrés, versus 22% des 31-49 ans interrogés. La perte de savoir-faire est accentuée par le manque de repas pris en famille, l’absence d’horaires fixes, chacun mange ce qu’il veut quand il veut…

- Des freins environnementaux : 26% des jeunes de 18 à 30 ans pointent du doigt le manque de temps pour cuisiner, versus 15% des personnes de 31 à 49 ans. 8% des personnes interrogées déclarent ne pas préparer elles-mêmes leur repas, 11% ne pas pouvoir faire les courses autant qu’elles le voudraient. Des horaires de travail parfois décalés et la tendance à « vouloir tout, tout de suite » encouragent une cuisine rapide (micro-onde) et le snacking… C’est le règne du tout prêt.

- Des freins environnementaux : 52% des personnes interrogées disent qu’il n’est pas facile de pratiquer une activité physique régulière. 48% mettent en cause le manque de temps pour pratiquer une activité sportive.

- Des freins motivationnels : 30% déclarent manquer de motivation et de courage pour faire du sport. 15% évoquent ne pas pratiquer d’activité physique car personne ne peut les accompagner. Alors que la prévention est synonyme de faire attention à soi, certains individus fragiles psychologiquement s’installent dans une négligence généralisée ou même jouent inconsciemment avec le risque. Ils ne réagissent que lorsque l’accident de santé survient. .../...
Les Français et la prévention : quels sont les freins ? Comment les lever ?

Varier les plaisirs avec une alimentation équilibrée et corriger quelques idées reçues…

1. La margarine est moins calorique que le beurre
FAUX. Le beurre et la margarine contiennent le même nombre de calories (environ 360 kcal pour 100g). En revanche, la qualité des graisses qui les composent diffère. Pour le beurre, elles sont d’origine animale et contiennent des acides gras saturés. La margarine est d’origine végétale avec des acides gras insaturés.

2. On ne peut pas manger d’oeuf quand on a trop de cholestérol
FAUX. Tout le cholestérol de l’oeuf est concentré dans le jaune, le blanc n’en contenant pas du tout. En cas de taux trop élevé, il est recommandé de limiter sa consommation à 2 oeufs entiers par semaine et de surveiller sa consommation de graisses et, en particulier, de graisses saturées.

3. Les pâtes font grossir
FAUX. 200 grammes de pâtes cuites apportent en moyenne 180 kcal. Alors non seulement les pâtes ne font pas grossir mais il est possible de les accompagner d’assaisonnement pour améliorer leur valeur nutritionnelle.

4. Il faut manger léger le soir
VRAI. Si le déjeuner comportait un plat accompagné de légumes, une entrée ou un dessert. FAUX. S’il se résumait à un sandwich. Dans ce cas, le repas du soir devra être plus copieux et comporter un plat, des légumes, un produit laitier, un fruit et du pain.

5. Les épinards sont très riches en fer
FAUX. Bien que la plupart des consommateurs y croient dur… comme fer, les épinards ne contiennent que 4mg/100g. Loin derrière le boudin cuit (20mg/100g), le foie (15mg/100g) ou le persil (10mg/100g).

Apprendre à se nourrir différemment

Si changer est difficile, modifier de façon durable ses habitudes alimentaires l’est encore plus car se nourrir dépasse largement le simple besoin physiologique. Les Français n’ont pas une vision claire de leur alimentation : beaucoup de pratiques alimentaires ont changé sans que nos compatriotes en prennent totalement conscience. Ainsi, si 65% déclarent manger des hors d’oeuvre, seulement 35 % en consomment réellement6. Ce décalage entre attachement aux habitudes alimentaires et la réalité rend difficile la mise en oeuvre du changement.

Les bénéfices à court et long terme d’une alimentation adaptée
Les études scientifiques le confirment : une alimentation variée, équilibrée et adaptée à l’âge et au mode de vie, contribue à rester en bonne santé et à protéger de certaines pathologies. Les fruits et les légumes (minéraux, vitamines, fibres, antioxydants..) sont des aliments de choix notamment dans la lutte contre l’obésité et la prévention du diabète. Ils ont également un effet protecteur prouvé vis-à-vis des maladies cardiovasculaires et de certains cancers.

Le pain et les féculents apportent des protéines végétales et des glucides complexes indispensables au bon fonctionnement des muscles et du cerveau.

Les produits laitiers sont une source importante de calcium, un élément qui favorise la croissance et la bonne santé des os et intervient au niveau de la coagulation sanguine et de la contraction musculaire.

Les viandes, les volailles, les poissons et les oeufs procurent des protéines animales, des vitamines et des minéraux. Par ailleurs, les graisses contenues dans le poisson (acides gras polyinsaturés Omega-3) pourraient jouer un rôle favorable dans la prévention des maladies cardiovasculaires ou de certains cancers.

« Une alimentation variée et équilibrée est un des facteurs essentiels au bon fonctionnement de l’organisme. Les raisons sont nombreuses pour expliquer les écarts. Mais il en résulte pour l’individu une mauvaise adaptation à son environnement qui s’associe à des troubles fonctionnels et organiques. Toutes les observations, toutes les études soulignent que la correction qualitative et quantitative des désordres alimentaires constitue une prise en charge essentielle faisant assimiler la nutrition et la diététique à de véritables expertises de santé », précise le Dr Arnauld Maloubier, médecin-nutritionniste à Paris.

Les bénéfices à court terme :
Sur le métabolisme :
• Le taux de mauvais cholestérol (LDLc) diminue, celui du bon cholestérol (HDLc) augmente.
• Le taux de glycémie6 (concentration de sucre dans le sang) s’abaisse.
• Les besoins journaliers en glucides, lipides, protéines, vitamines et minéraux sont comblés pour un meilleur équilibre de l’organisme.
• L’aide à la perte de poids (perte des graisses corporelles et abdominales) et à la prévention de la reprise de poids.
Sur l’appareil cardiovasculaire
Sur le plan du bien-être et de l’estime de soi
• Les sensations de faim et de satiété sont mieux perçues, ce qui contribue à un meilleur contrôle du comportement alimentaire.

Les bénéfices à long terme :
- Diminution des risques :
• d’infarctus du myocarde,
• d’accident vasculaire cérébral,
• d’hypertension artérielle,
• de chutes,
• d’ostéoporose,
• de troubles neurologiques.
- Amélioration :
• de la fonction cardiaque,
• de la digestion,
• du système immunitaire,
• de la qualité de vie ; elle progresse notamment grâce à une amélioration de la capacité physique (énergie, augmentation de la masse musculaire) et des fonctions cognitives.
- Prévention :
• du développement du syndrome métabolique, du diabète,
• du développement d’une hypertension artérielle,
• des maladies articulaires chroniques.

Garder la forme en pratiquant une activité physique régulière et corriger quelques idées reçues…

1. Le sport fait maigrir
FAUX. Le sport ne fait pas maigrir et ne peut, en aucun cas, remplacer un régime alimentaire équilibré. Cependant, il permet de muscler son corps et donc de consommer plus d’énergie (calories) au repos. Enfin, la pratique régulière d’une activité physique d’endurance permet d’éviter l’effet « yoyo » des régimes à répétition.

2. Il faut manger plus quand on fait du sport
FAUX. Une activité physique modérée ne nécessite aucun régime particulier, ni aucune boisson énergisante car l’apport alimentaire en France suffit largement pour marcher une ½ heure par jour. Mieux vaut manger équilibré et éviter les repas trop copieux quand on doit pratiquer un sport.

3. Faire du sport est dangereux
VRAI et FAUX. Pratiquer une activité physique expose à certains dangers que ne connaissent pas les personnes qui restent chez elles. Mais les sujets pratiquant régulièrement un entraînement ont 100 fois moins de risques d’avoir un accident cardiaque que les gens inactifs.

4. L’activité physique prend du temps
FAUX et VRAI. Qui peut vraiment dire qu’il n’a pas le temps de faire 30 mn de marche tous les jours, surtout quand cette activité peut être répartie dans la journée ? A ce niveau de capacité, marcher une demi-heure d’affilée ou 3x10 mn revient presque au même.

Les Français et la prévention : quels sont les freins ? Comment les lever ?
L’important est de se donner un rendez-vous avec soi-même et de s’y mettre !
La pratique d’une activité physique régulière permet de bénéficier d’un certain nombre de bienfaits sur le plan de la santé.

« L’organisme réagit différemment en fonction de la durée et de l’intensité de l’effort. Une activité physique qui, telle la marche soutenue, fait appel à l’endurance, n’aura pas le même impact cardiovasculaire qu’un exercice brusque et intense » explique le Dr Alain Ducardonnet, cardiologue et médecin du sport.

Quels bénéfices santé peut-on attendre de l’activité physique et sportive en endurance ?
Sur l’appareil cardiovasculaire :
- Le coeur apprend à s’économiser. En pratique, l’entraînement régulier permet d’abaisser la fréquence cardiaque au repos. A niveau d’effort identique, on acquiert une réserve d’énergie plus importante ce qui permet de poursuivre une activité physique plus longtemps, de s’essouffler moins rapidement et de mieux récupérer après l’effort.
- Le coeur devient moins sensible au stress. Le taux moyen de catécholamines (hormones de stress) s’abaisse. Les palpitations et les sensations d’emballement de la fréquence cardiaque se font moins nombreuses.
- La pression artérielle tend à s’équilibrer, notamment pour les personnes souffrant d’hypertension artérielle légère à modérée.
- La surface capillaire d’échange entre le sang et les muscles se développe. Mieux irrigués, ces derniers sont capables de fournir des efforts plus importants. La diminution des résistances périphériques a également un effet bénéfique sur la pression artérielle.
Sur le métabolisme :
- La glycémie à jeun s’abaisse. Lors d’une APS d’endurance, les cellules se « nourrissent » du sucre circulant dans le sang. De ce fait, l’activité physique fait aujourd’hui partie du traitement du diabète, en particulier chez le sujet jeune.
- Le taux de mauvais cholestérol diminue, celui du bon cholestérol augmente.
- Associée à un régime adapté, l’activité physique a un effet stabilisateur sur le poids.
Sur l’appareil locomoteur :
- L’entraînement permet de lutter contre la déperdition de la masse musculaire liée notamment à l’âge.
- La masse osseuse tend à augmenter et son architecture est conservée
- La souplesse articulaire conservée.
Sur le plan neurologique :
- Les principales fonctions (équilibre, adresse, vigilance) restent en éveil.
Sur le plan du bien-être :
- Les endorphines produites pendant l’effort sont responsables de certains effets euphorisants ou diminuant les sensations douloureuses.

L’atelier activité physique : passer à l’action !
Pour entretenir le système cardiovasculaire, il faut sortir de chez soi, bouger, marcher, courir… Seuls les exercices de force et d’étirements peuvent être pratiqués à la maison ou au bureau.

La recommandation du PNNS de 30 mn de marche active par jour (= 10 000 pas à comptabiliser avec un podomètre), peut être complétée, déclinée, optimisée par la pratique d’une (ou plusieurs) activité(s) physique(s) ou sportive. Tous les sports à base de course (sports collectifs, de raquette, …) ou d’opposition comme les sports de combat, ont des effets cardiovasculaires très intéressants. L’aviron et le ski de fond sont les sports les plus bénéfiques dans ce domaine.

Combien de temps faut-il s’entraîner ? La durée de l’entraînement est conditionnée par son intensité. C’est une lapalissade, mais plus on va lentement plus il faut marcher, courir ou pédaler longtemps. Mais quelle que soit la forme choisie, elle est efficace à tous les coups. La référence reste la préconisation du PNNS : 30 mn par jour (= 10 000 pas) que l’on peut faire d’une seule traite ou en fractionnant l’effort.
- 30 mn de marche
- Ou 30 mn en alternant marche et course
- Ou 30 mn de course à allure lente : type footing
- Ou 30 mn de course en alternant allure lente et rapide : fractionné

Comment doser son effort ?
« Il faut privilégier la sensation d’aisance respiratoire. Marchez vite, trottinez ou courez mais essayez de rester en équilibre respiratoire c’est-à-dire juste en dessous de l’essoufflement, en mesure de parler avec un partenaire qui marche ou court avec vous. Cet état d’équilibre respiratoire vous permettra de prolonger votre effort le plus longtemps possible et d’être d’autant plus efficace » précise Paul Alart, Directeur SUAPS (Université René Descartes Paris).

Important : dans tous les exercices d’étirement, il faut absolument respecter la douleur qui nous donne la limite de nos possibilités du moment et ne jamais donner d’à-coups qui fragilisent le muscle et les tendons.


Publié le Jeudi 25 Octobre 2007 dans la rubrique Bien-être | Lu 10240 fois