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Senior Actu

Les Belges se réjouissent de partir en retraite

En Belgique, une personne sur deux met fin à sa carrière professionnelle avant l’âge légal de la pension, certaines d’entre elles le font de manière volontaire ou pour des raisons personnelles. Cette nouvelle vie, le Belge la conçoit de manière active, et répondant à des critères de qualité et de niveau de vie identiques, voire supérieurs. Ce sont les principales conclusions qu’AXA a pu tirer de son deuxième Baromètre mondial des pensions, mené en collaboration avec le bureau d’études Significant GfK, sur la base d’une enquête indépendante auprès de 6915 personnes – actives et pensionnées – réparties dans 11 pays différents.


Selon cette récente étude, les actifs belges de plus de 25 ans aimeraient partir relativement tôt en retraite : à 56 ans en moyenne, et d’autant plus tôt que les répondants sont jeunes. Ils n’ignorent toutefois pas devoir vraisemblablement travailler plus longtemps : jusqu’à 61 ans en moyenne, contre 59 ans pour les pensionnés d’aujourd’hui. Chez ces derniers, la moitié sont partis en préretraite et 63 % d’entre eux ont pris cette décision volontairement.

L’enquête qualitative complémentaire menée par AXA Belgique montre que la raison d’être de ces départs anticipés volontaires est double : il s’agit de profiter de la vie tant que cela reste possible et d’échapper au stress induit par le travail et par les déplacements domicile-lieu de travail.

Les Belges se jugent majoritairement (80 %) capables d’assurer un travail de qualité au-delà de 65 ans et s’accordent pour dire qu’on ne « devient vieux » qu’à partir de 73 ans. De nombreux actifs (47 %) aimeraient pouvoir continuer à travailler après la pension, mais d’après les répondants âgés de 50 ans et plus, l’offre qui leur est adressée après la pension est peu intéressante, manque de flexibilité et ne correspond pas à leurs attentes sur le plan de la rémunération.

Par rapport à ses voisins, aux Etats-Unis ou à l’Australie, les Belges qui se réjouissent de prendre leur retraite ne constituent pas une exception. Les répondants dans ces autres pays partent eux aussi à la retraite avant leur 60ème anniversaire et aimeraient pouvoir le faire plus tôt encore. « Ainsi naît une génération entière de seniors triomphants et de retraités qui profitent de la vie », constate Jacques Monheim, initiateur du Baromètre Pension d’AXA. « Et qui sont suivis par des générations d’actifs qui se préparent plus tôt, et mieux, à réaliser leur rêve d’une pension active ».

La retraite est avant tout l’occasion de vivre ses passions et de s’occuper de sa famille. Le Belge actif espère surtout pouvoir beaucoup voyager (59 %), s’occuper de sa famille, de ses enfants et petits-enfants (23 %) et consacrer du temps à ses divers hobbies (15 %), au jardinage (11 %) et au sport (9 %). Il fait d’ailleurs partie des personnes qui voyagent le plus longtemps par rapport aux voyageurs du reste du monde : le Belge actif part en moyenne 25 jours par an, durée qui passe à 45 jours de séjour à l’étranger pour les pensionnés. Dans ce groupe des retraités, suivent les Français (33 jours), les Espagnols (19 jours) et les Japonais (12 jours), pour des voyages de longue distance. .../...
Les Belges se réjouissent de partir en retraite

Autre résultat marquant de l’enquête : le rapprochement avec la famille, les enfants et les petits-enfants. Trois Belges pensionnés sur quatre sont en contact avec leurs enfants et petits-enfants plusieurs fois par semaine –ce qui constitue un des pourcentages les plus élevés au monde : seuls les Espagnols (85 %) et les Italiens (80 %) ont des relations grands-parents/petits-enfants plus fréquentes encore.

Plus de deux tiers des Belges actifs pensent que leur niveau de vie se maintiendra –voire s’améliorera– après leur départ à la pension. Une perception bien avisée si on la compare aux réponses des Belges déjà retraités. Seuls les pensionnés francophones (38 %) évoquent un recul plus sensible du niveau de vie. La Belgique obtient en la matière, l’un des meilleurs résultats parmi les pays interrogés.

Le Belge s’attend en effet à disposer, après l’âge de la retraite, de moyens matériels suffisants pour s’assurer une vie confortable. Il se contente du montant attendu de la pension (1.328 euros) et se prépare très activement par le biais de diverses formules comme l’épargne (75 %), l’épargne-retraite (56 %), l’assurance vie (63 %) et l’assurance de groupe (31 %)...

Par ailleurs, sa qualité de vie reste également stable –ou s’améliore– comme c’est le cas dans la plupart des pays interrogés. Selon les pensionnés, le facteur de bonheur consiste à jouir d’une bonne santé et d’un revenu suffisant. L’enquête qualitative d’AXA Belgique montre bien que le fait de disposer d’avoirs suffisants pour payer ses factures est une condition sine qua non.

Le Belge pensionné (93 %) semble donc heureux voire très heureux, et se retrouve dès lors au premier rang des pays étudiés. Pour conclure, de très nombreux Belges (71 %) estiment que leur pays leur offre le meilleur niveau de vie. Bien que les pensionnés francophones soient plus nombreux (36 %) à croire en un niveau de vie supérieur dans l’un ou l’autre pays étranger.

Confirmation de « l'économie du bonheur »

Toon Vandevelde, professeur d’Ethique et d’Economie à la Katholieke Universiteit Leuven (KUL), constate la parfaite adéquation entre les conclusions du Baromètre des pensions d’AXA et celles qui résultent de l’Economie du bonheur : « Les gens qui prennent leur retraite s’attendent à ce que leurs revenus diminuent, et c’est ce qui se passe effectivement. Pourtant, cela ne les rend pas plus malheureux, du moins dans la mesure où ils ne se retrouvent pas dans la misère. Aussi longtemps qu’ils ne tombent pas en dessous d’un certain seuil de revenus, c.-à-d. aussi longtemps qu’ils sont capables de continuer à payer leurs factures, les gens restent satisfaits ».

Et ce professeur d'ajouter « souvent, ils éprouvent un véritable soulagement de pouvoir sortir de la course à l’emploi et à des promotions, la compétition pour gagner et consommer toujours plus. De toute évidence, les gens sont capables de compenser la baisse de revenus par d’autres sources de satisfaction : un rythme de vie plus tranquille, plus de temps pour la famille et les amis, des voyages… »


Publié le Mercredi 18 Janvier 2006 dans la rubrique Retraite | Lu 3715 fois