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Le veuvage : des conséquences moins néfastes que prévues sur le(la) conjoint(te)

Une récente étude américaine réalisée par des chercheurs de l’Université du Michigan semble démontrer que contrairement aux croyances populaires, le décès du conjoint chez les seniors aurait finalement peu d’effets négatifs sur la santé du survivant, et que ce dernier s’en remettrait plutôt bien six mois après la disparition de son(sa) partenaire.


Selon Deborah Carr, sociologue à l’Université Rutgers et responsable de cette étude réalisée auprès de 1.500 veufs et veuves de 65 ans et plus, 46% des personnes interrogées ont indiqué avoir accepté le décès de leur conjoint comme étant une chose naturelle, faisant partie de la vie... Même celles qui ont connu un mariage satisfaisant et une relation épanouie avec leur partenaire.

« Les résultats de cette étude prouvent que les hommes et les femmes qui se remettent plus facilement de la mort de leur partenaire ne sont pas des individus peu attachés à leur époux(se) ou vivant dans le déni de leur disparition. Ce sont en fait des personnes qui abordent « sainement » la mort de leur proche » ajoute la sociologue.

L’enquête, qui a étudié le comportement des veufs(ves) jusqu’à quatre ans après le décès du partenaire, montre également que de nombreux conjoints(tes) trouvent souvent du réconfort dans le souvenir et l’évocation des meilleurs moments vécus ensemble.

Cependant, il convient de préciser que tout le monde ne vit pas « aussi bien » cette douloureuse expérience. Ainsi, 16% des conjoints survivants sont sujets à des dépressions chroniques pendant plus de 18 mois et 11% des époux(ses) connaissent des moments de déprime très forts pendant six mois. Les choses s’améliorant au bout d’un an et demi. Il faut aussi souligner que le décès du conjoint est vécu comme une délivrance dans un cas sur dix. « Il s’agit des personnes qui se sentent prises au piège dans leur mariage et confrontées à des soins très lourds, très onéreux, dans ce cas le veuvage peut être considéré comme un soulagement » précise Deborah Carr.

Une autre étude publiée très récemment dans la revue spécialisée New England Journal of Medicine indique cependant que le taux de mortalité augmente de manière notable (17% pour les femmes et 21% pour les hommes) chez les conjoints seniors lorsque l'un des deux décède ou est atteint d'une grave maladie.

Pour en savoir plus, lire aussi :

Augmentation de la mortalité chez les couples âgés en cas de maladie ou décès du conjoint
Pays-Bas – Selon le ministère de la Santé, les veufs auraient des difficultés à assumer leur célibat
Etats-Unis – Des cours de cuisine pour hommes âgés portent leurs fruits
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Publié le Jeudi 16 Mars 2006 dans la rubrique Société | Lu 5177 fois