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Le roi vient quand il veut de Pierre Michon : du côté de chez soi


L’œuvre de Pierre Michon est paradoxale. Les commentaires et l’exégèse de ces textes sont plus importants que ce qu’il a écrit.

Dominé par quelques livres, comme « Vies Minuscules » ou « La Grande Beune », au demeurant assez brefs, l’œuvre n’en finit pas de nourrir la réflexion. Selon l’expression moderne et horripilante Pierre Michon est un auteur « culte ».

Puisqu’il est question de culte autant parler de dévotion. C'est-à-dire de celle que voue cet écrivain à la littérature et à l’écriture.

En trente entretiens, étalés sur plus de vingt ans, rassemblés dans ce recueil, Pierre Michon explique son travail ainsi que sa passion d’auteur.
Le roi vient quand il veut

Il parle des influences qui l’ont poussé a écrire, influences tantôt personnelles (sa mère ou la Creuse), tantôt littéraires et alors, défilent Faulkner, Rimbaud, Beckett, Flaubert bien sûr mais aussi Giono ou Proust.

De la forme et du fond de ses écrits il en dit : « mes récits sont souvent construits autour d’une ellipse hyperbolique (…) qui transforme la durée en fulgurance ».

Cet ouvrage recueille ces éléments et dessine une sorte d’autobiographie littéraire de Pierre Michon. Il expose ses personnages : c’est l’auteur qui apparaît. Quand il raconte des vies minuscules c’est l’écrivain majuscule qui se met en scène.

Quel étrange objet littéraire que ce livre. Il tient du roman, du journal de bord et de la confidence. Le personnage central, l’auteur, écrit des mythologies et est, lui-même, une mythologie au sens barthésien du terme, ce qui n’est pas un hasard.

L’impatience grandit. On attend son prochain roman « exténué », même si pour lui « c’est la galère. Mais la mer est belle ».

Le roi vient quand il veut
Pierre Michon
Editions Albin Michel
371 pages
22 euros


Publié le Lundi 10 Décembre 2007 dans la rubrique Culture | Lu 2941 fois