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Le plan de lutte contre la maltraitance des personnes âgées : utile mais pas suffisant pour l’ADEHPA

Suite à la présentation mercredi dernier par Philippe Bas, ministre délégué aux Personnes âgées, de son plan de lutte contre la maltraitance des aînés, l’Association des directeurs d'établissements d'hébergement pour personnes âgées (ADEHPA) a estimé dans un communiqué que ce plan était utile mais clairement pas suffisant.


Même si l’ADEHPA souligne que les démarche de Philippe Bas en matière de lutte contre la maltraitance et en faveur de l’évaluation sont utiles (l’association précise d’ailleurs qu’elle y a pris « toute sa part en les soutenant et en participant aux instances concernées (Comité de lutte contre la maltraitance, Conseil de l’Evaluation) » elle considère qu’elles restent malgré tout modestes…

Et de préciser que le « Comité de lutte contre la maltraitance existe depuis de nombreuses années et seul son élargissement aux personnes handicapées constitue une nouveauté ; la méthodologie de lutte contre la maltraitance est utile, mais nombre de textes et recommandations ont déjà été élaborés, le plus souvent par les professionnels ».

L’association s’étonne par ailleurs que l’essentiel des dispositifs de contrôle se concentre sur les établissements et ne concerne pas les personnes à domicile qui subissent 70% des maltraitances. Aussi, l’ADEHPA estime que la création de l’ANESM (Agence Nationale de l’Evaluation) dotée de moyens propres était souhaitable, mais ne fait que prolonger le Conseil National de l’Evaluation créé par la Loi de 2002. .../...

Pour Pascal Champvert, président de l’ADEHPA, toutes ces mesures restent insuffisantes. « Une fois de plus, l’essentiel n’est pas abordé » souligne-t-il dans le communiqué.

Pour lui, il est indispensable de « cibler les contrôles contre les établissements et services à domiciles indélicats et les fermer car l’effet d’annonce d’un renforcement des contrôles non suivi d’effet n’a aucun sens ; l’ADEHPA rappelle qu’elle demande en vain depuis de nombreuses années la fermeture de 5 % d’établissements ». M. Champvert indique également qu’il faut « éviter l’épuisement des familles et des professionnels à domicile comme en établissement. Pour cela il faut rattraper trente ans de retard français et augmenter le nombre des professionnels travaillant auprès des personnes âgées où qu’elles vivent ».

C’était d’ailleurs l’analyse du Plan Solidarité Grand Age rappelé ce jour par Philippe Bas remarque l’ADEHPA en précisant qu’il « est dommage que ce dispositif n’ait débouché que sur des résultats minimes par manque d’arbitrages budgétaires sérieux ».

C’est pourquoi l'association interpelle les candidats à la présidence de la République, pour qu’ils expliquent, au-delà des belles intentions, comment et quand ils financeront les moyens nécessaires à une vie digne pour nos aînés fragilisés.

Rappel des dix grandes mesures de ce plan

I / Développer une culture de la bientraitance dans les établissements
- En lançant l'Agence nationale d'évaluation sociale et médico-sociale (ANESM), qui sera l'agence de la bientraitance ;
- En incitant les établissements à mettre en oeuvre une démarche d'amélioration de la qualité, grâce à une auto-évaluation, à la fixation d'objectifs d'amélioration de la qualité et à des contrôles externes ;
- En diffusant les bonnes pratiques, en sensibilisant et en formant les personnels, en les aidant à faire évoluer leurs comportements pour améliorer la qualité de vie des résidents et leur propre travail, et en leur apportant le soutien psychologique nécessaire aux conditions difficiles dans lesquelles ils exercent parfois leur métier ;
- En renforçant les effectifs dans les établissements et en veillant aux critères de recrutement. Les personneles doivent être suffisamment nombreux et qualifiés, formés à la psychologie de la personne âgée, à la spécificité du soin gériatrique, reconnus en tant que tels et soutenus dans leur travail ;
- En poursuivant l'amélioration du cadre de vie des résidents (le plan de modernisation et d'humanisation des maisons de retraite et établissements pour personnes handicapées, lancé en
2006, a été reconduit en 2007), ce qui contribue aussi à offrir de meilleures conditions de travail aux professionnels.

II / Renforcer la lutte contre la maltraitance
- En facilitant les signalements de maltraitance, grâce à : la généralisation des antennes d'accueil téléphonique dans tous les départements ; une campagne d'information sur le numéro d'accueil téléphonique national et l'extension des plages horaires d'écoute ;
- En désignant dans chaque DDASS un "correspondant maltraitance", identifié, coordonnant les informations en provenance des différents services de l'Etat ou des services du Conseil général, et assurant le suivi des dossiers ;
- En doublant le nombre des inspections dans les établissements ;
- En veillant à l'application des sanctions et en mettant en oeuvre un meilleur suivi des contrôles ;
- En étendant les compétences du Comité national de Vigilance contre la maltraitance aux personnes handicapées ;
- En appliquant la nouvelle loi sur la réforme des tutelles pour lutter contre la maltraitance financière (pour mémoire).

Pour aller plus loin, lire aussi :
Un plan pour agir contre la maltraitance des personnes âgées


Publié le Vendredi 16 Mars 2007 dans la rubrique Société | Lu 12754 fois