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Le plan Alzheimer 2008-2012 a été dévoilé le 8 novembre dernier

La commission Ménard sur le plan national de lutte contre la maladie d’Alzheimer 2008/2012 a rendu le 8 novembre 2007 son rapport au président de la République Nicolas Sarkozy, dans lequel elle propose des mesures visant à accélérer les efforts de recherche et à améliorer la prise en charge des malades. Détails et réactions.


Dès sa prise de fonction, le président de la République avait confirmé son engagement en faveur du lancement d’un plan national pour la prise en charge de la maladie d’Alzheimer et des troubles apparentés.

Ce plan, dont le contenu vient d’être rendu public entrera en vigueur dès le 1er janvier 2008 et couvrira la période 2008-2012. Il succède, avec des ambitions et des moyens plus importants, souligne le communiqué du gouvernement, aux deux premiers plans de lutte contre cette maladie, mis en place respectivement en 2001 et 2004.

De fait, les grandes orientations du plan Alzheimer 2008-2012 -présentées initialement le 21 septembre 2007 à l’occasion de la Journée mondiale de la maladie d’Alzheimer- portent notamment sur : le renforcement de la dimension éthique de la prise en charge de la maladie, le développement de la recherche médicale, la simplification et l’amélioration du parcours du malade et de sa famille, dans toutes ses dimensions, l’amélioration de la prise en charge de la maladie d’Alzheimer d’apparition précoce (environ 10 000 nouveaux malades, chaque année, âgés de moins de 60 ans).

« Des moyens nouveaux seront affectés au financement de ce plan » assure le gouvernement. « L’effort budgétaire de l’Etat et de l’assurance maladie sera ainsi complété par les ressources issues de la franchise mise en place par le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2008 ». Par exemple, « Pour la recherche, on a proposé au président de débloquer une somme ciblée sur la maladie d'Alzheimer de 50 à 60 millions d'euros par an. C'est une somme fixe agrée par le président », a indiqué le professeur Joël Ménard, à l'issue d'une rencontre avec le chef de l'Etat.

Quelques exemples précis :
Le diagnostic doit être facilité par le renforcement des consultations mémoire, qui seront soumises à une nouvelle tarification hospitalière « bilan Alzheimer » et par l'informatisation de leur recueil de données sur le malade. Un « forfait Alzheimer » va être crée pour le médecin traitant. Il pourra remettre au malade ainsi qu’à ses proches une « carte d'information », utile notamment en cas de situation de crise. Un « référent médico-social » unique pourra être désigné, compte tenu des liens qui existent, pour cette maladie, entre soin et accompagnement. Enfin, la commission propose des aides à l’aménagement des logements et une meilleure formation des personnes de soins et d'aide à domicile, pour faciliter la vie à domicile.

Parallèlement au lancement du plan Alzheimer 2008-2012, le chef de l’Etat a annoncé la création d’une cinquième branche de la protection sociale, qui complètera les quatre branches actuelles de la Sécurité sociale (maladie-maternité, famille, vieillesse, accidents du travail et maladies professionnelles).

Créée en 2008 à partir de l’actuelle Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie (CNSA), elle aura pour vocation de financer la prise en charge de la perte d’autonomie, qu’il s’agisse des personnes âgées ou des personnes handicapées.

Rappelons que la maladie d’Alzheimer touche en France, environ 860.000 personnes. Cette maladie neurodégénérative est incurable et très invalidante.
Le plan Alzheimer 2008-2012 a été dévoilé le 8 novembre dernier

Propositions de la Commission Alzheimer : donnez votre avis

Dans le cadre du forum « Propositions de la Commission Alzheimer : donnez votre avis », les internautes sont invités à réagir sur plusieurs thématiques : la recherche ; l’amélioration du maintien à domicile et de l’accueil en établissement ; le soutien aux aidants ; les nouveaux métiers et nouvelles compétences ; la prise en charge médicale et sanitaire.

Réactions

« A la lecture de ce rapport, souligne un communiqué du Syndicat national des résidences pour personnes âgées (Synerpa) force est de constater que dans un laps de temps très court, les différents groupes de la commission ont activement travaillé, proposant un catalogue exhaustif mais disparate dans lequel il convient impérativement de faire un tri pour aboutir à un plan efficace.

En effet, au milieu de certaines propositions réchauffées, vues et revues dans les précédents Plans Alzheimer, telles que la mise en place d’unités spécialisées dans les établissements alors même que cela existe déjà ; de certaines autres vraiment absurdes comme l’élaboration des bonnes pratiques professionnelles confiée à l’HAS alors que la majorité relève de l’ANESM, ou encore la pérennisation des CLIC dont la majorité fonctionne mal ; certaines mesures méritent d’être saluées et soutenues par les professionnels : définition d’un statut et formation des aidants, valorisation des personnels, création de nouveaux métiers, création de plates-formes ressources, développement d’une offre diversifiée… »

Toutefois, le syndicat s’interroge sur le financement de ces mesures. « Il est impératif que cette question capitale de financement soit réglée afin que ces propositions ne tombent pas dans l’oubli ». Et de conclure que le « délai du 1er janvier pour une mise en place de ce plan paraît largement précipité ».

De son côté, l’AD-PA souligne qu’à moyen terme, elle « est en accord avec la nécessité d’accroître l’effort de recherche et d’améliorer la coordination entre chercheurs ». « A court terme, l’association soutient la nécessaire reconnaissance des personnes concernées comme des citoyens à part entière, qui passe notamment par l’abandon du terme dévalorisant de « dépendant » à l’instar du récent rapport de la CNSA ».

L’association soutient aussi la notion de libre choix entre établissement et domicile, est favorable à toute amélioration de la formation des personnels, et elle est satisfaite que le rapport demande la création d’un droit universel d’aide à l’autonomie ; cependant, l’AD-PA rappelle avec force que rien de sérieux ne pourra être fait dans ces domaines si l’on ne double pas le nombre des professionnels accompagnant les personnes et leurs familles à domicile ou en établissement.

Et l’AD-PA de souligner que « la Commission indique d’ailleurs clairement cette nécessité, mais reste ambigüe quand elle ajoute que « le succès du Plan ne saurait se mesurer aux seuls efforts financiers qui seront engagés ».

L’AD-PA rappelle sa grande inquiétude à un moment où l’Etat a décidé pour 2008 de limiter les moyens des établissements et services à domicile avec des financements ne permettant pas d’assurer la hausse des salaires et des prix, et pire, gelant les budgets de certaines structures.


Publié le Lundi 12 Novembre 2007 dans la rubrique Santé | Lu 9877 fois