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Le coût de la vie devient-il plus cher plus vite pour les seniors ?

Partant du constat que l’évolution du coût de la vie est mesurée sur la base de l’indice des prix à la consommation, mais que ce dernier n’est pas forcément représentatif pour certains groupes de la population, et notamment pour les seniors, une étude d’ING Belgique s’est penchée sur la question de : « savoir si la vie n’est pas devenue plus chère plus rapidement » pour les aînés belges en raison de leurs habitudes de consommation.


L’indice des prix à la consommation reflète l’évolution des prix d’un panier de biens et de services qui est censé être représentatif des dépenses des ménages, rappelle en préambule cette étude. Et de préciser que « ce panier n’est toutefois nécessairement représentatif pour certains groupes de la population comme les personnes âgées. Etant donné que les pensions sont ajustées en fonction du coût de la vie « moyen », il convient assurément d’en tenir compte lors de la détermination des efforts en matière d’épargne ».

Dans cet esprit, cette étude réalisée par ING Belgique, banque en ligne specialisée dans les produits d'épargne, s’est penchée sur la question de savoir si la vie n’était pas devenue plus chère plus rapidement pour les aînés en raison de leurs habitudes de consommation.

« Le coût de la vie pour les seniors peut augmenter plus fort ou plus faiblement que celui de la population totale étant donné que cette catégorie d’âge se distingue par des habitudes de consommation spécifiques » estime cette étude. Le tableau ci-dessous montre que ces différences se manifestent déjà pour de très grands groupes de biens et de services. .../...
Le coût de la vie devient-il plus cher plus vite pour les seniors ?

Le coût de la vie devient-il plus cher plus vite pour les seniors ?

L’une des différences les plus frappantes porte sur les soins de santé : chez les personnes âgées, la part des soins de santé dans les dépenses est supérieure de 3% à celle de la population totale. Pourtant, le tableau ne contient que la partie payée par le consommateur, le ticket modérateur. Or, il est clair que les coûts de santé vont augmenter très fortement pendant plusieurs décennies.

« Cette évolution ne sera pas principalement due au vieillissement de la population, mais bien aux progrès réalisés par la technologie médicale et aux modifications des attentes de la population vis-à-vis du monde médical. Il conviendra dès lors de prendre des décisions difficiles en ce qui concerne la mesure dans laquelle ces dépenses supplémentaires pourront/devront être absorbées par les finances publiques » estiment les auteurs de cette étude.

Il va de soi que la part de cette catégorie de dépenses augmentera encore fortement, comme elle l’a par ailleurs déjà fait : en 1978, les tickets modérateurs relatifs aux dépenses de santé ne s’élevaient qu’à 408 euros par ménage sur une base annuelle, contre 1.435 euros en 2004, soit une augmentation de 251%. Or, durant cette période, les dépenses totales des ménages n’ont crû que de 145%.

Une autre différence notable relative à la structure de la consommation se situe au niveau de la part du logement et des coûts connexes : pour les personnes âgées, cette part atteint 17,4% des dépenses, contre 14,8% pour la population totale. « En outre, le coût du logement pour les aînés est probablement largement sous-estimé dans ces enquêtes » remarque l’étude. Et de préciser que « l’un des défauts de l’indice des prix à la consommation est en effet que le prix des maisons de repos et de soins n’y est pas inclus. Les personnes faisant partie de ménages collectifs comme les maisons de repos et de soins n’ont pas été incorporées dans l’enquête sur le budget des ménages non plus. Pourtant, nul n’ignore que le coût de ces institutions ne cesse d’augmenter : en 1992, on payait 790 euros par mois pour une chambre individuelle dans une maison de repos, contre 1.250 euros aujourd’hui. La Fédération des Mutualités chrétiennes a encore calculé récemment qu’il valait mieux épargner dès sa vingtième année 111 euros par mois pour être certain de pouvoir payer plus tard la facture de sa maison de repos ».

Et les auteurs de cette étude de conclure que « si l’on applique les données relatives à la structure de la consommation des personnes âgées et de la population totale aux augmentations de prix par catégorie entre 2004 (introduction du nouvel indice) et 2006, il apparaît que durant cette période, les prix ont augmenté de 1,9% pour la population totale et de 2,1% pour nos aînés ».

« Cette différence n’est pas négligeable, estiment-ils, d’autant plus qu’elle est indéniablement sous-estimée pour les raisons mentionnées ci-dessus. Si les allocations telles que les pensions ne sont qu’indexées à l’indice santé, cela entraîne dès lors une érosion croissante du pouvoir d’achat relatif des personnes âgées vis-à-vis de la population totale ».


Publié le Vendredi 4 Mai 2007 dans la rubrique Consommation | Lu 8177 fois