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Senior Actu

Le Medef annonce que les négociations pour l'emploi des seniors sont nouées

Alors qu’un collectif de quinquas s’apprête à défiler le 12 juin prochain à Paris et devant les conseils régionaux pour revendiquer leur droit au travail, le Medef a récemment annoncé que les négociations sur l’emploi des seniors étaient « effectivement nouée ».


Et le syndicat patronal de préciser qu’un texte d’accord a été abordé, ayant permis de passer « en revue le préambule « Constats et d’objectifs » et le titre I : « Evolution des représentations socioculturelles ». Les titres suivants seront examinés lors de la négociation du 24 juin prochain a indiqué le Medef.

En ce qui concerne « les constats et objectifs », l’idée est les salariés doivent pouvoir poursuivre leur activité professionnelle jusqu’à obtenir une retraite à taux plein et que lorsqu’ils sont au chômage et qu’ils ont un certain âge, cet âge ne soit pas un obstacle à leur réembauche par les entreprises, précise le syndicat.

De plus, compte tenu que « le taux d’activité et le taux d’emploi des seniors est en France parmi les plus bas des pays industrialisés, que l’âge moyen de la population active croît et que la population en âge de travailler va commencer à baisser », à partir de là, il est possible de « tirer les leçons à la fois sur le plan économique et sur le plan social de cette situation ».

Sur le plan économique : le déséquilibre entre l’offre et la demande de compétences risque de se traduire à terme par des manques de main d’œuvre qualifiée. L’Insee indique d’ailleurs que si le taux d’activité des seniors n’augmente pas, nous perdrons chaque année 0,5 point de croissance.

Les conséquences sociales : c’est un gâchis que d’avoir toutes ces personnes d’un certain âge très dynamiques qui peuvent et souhaitent travailler et qui ne trouvent pas d’emploi ; le fait que des salariés partent trop tôt va à l’encontre d’une carrière professionnelle complète et donc d’une retraite complète.

Aussi, le Medef poursuit en indiquant que « d’une façon générale il convient de prendre en compte non seulement les besoins des entreprises mais également les besoins des salariés, notamment ceux qui veulent travailler et qui se trouve rejeté sur le bord du chemin du fait de leur âge ».

Le syndicat patronal note encore que « différents éléments de la politique à mener pour l’emploi des seniors ont été évoqués. Le conseil de Lisbonne a notamment été cité, il a donné un objectif qui devrait pouvoir être poursuivi : il s’agit d’une part de prendre des mesures qui tiennent compte de la diversité des situations des secteurs ou que rencontrent les salariés, et d’autre part de convaincre branches professionnelles et entreprises autant que les salariés de contribuer à cette augmentation du taux d’activité ».

Et de continuer en mentionnant que « cette augmentation du taux d’activité est une bonne chose, mais que ce qui est important est l’augmentation du taux d’emploi. Cela en prenant en considération le salarié qui est dans son entreprise et peut y rester parce que le poste de travail est adapté ou parce que lui-même s’adapte au poste de travail, les syndicats mettant l’accent sur l’adaptation du poste de travail au salarié. Le consensus s’est fait pour reconnaître que ces deux points différents sont aussi importants l’un que l’autre. Il faut également créer les conditions pour que les entreprises soient amenées à ne plus avoir peur de recruter un salarié de 52 ou 53 ans ».

Ces questions sous tendent celles du titre I du projet d’accord : Evolution des représentations socioculturelles. Il s’agit d’abord d’arriver à changer un certain nombre d’images, ce qui passe par les médias, et de rétablir la vérité. Il faut rappeler, souligne le Medef, qu’il y a des cas où le vieillissement peut avoir des incidences négatives, mais que contrairement aux idées reçues, le vieillissement de la population active n’a pas d’impact sur la productivité moyenne.

Le syndicat patronal indique avoir « accepté l’idée qu’il convenait que les entreprises ou les branches se mobilisent pour démythifier les idées reçues. Il s’agit de sensibiliser les chefs d’entreprise, la ligne hiérarchique, les salariés, les organisations syndicales : l’augmentation du taux d’emploi des seniors est un objectif à la fois d’intérêt général, compte tenu des déséquilibres des régimes sociaux, un objectif d’intérêt social pour les salariés et un objectif d’intérêt économique et social pour les entreprises pour qu’elles continuent à trouver la main d’œuvre dont elles ont besoin ».

Et le Medef de conclure qu’un accord pourrait être trouvé avant l’été mais que « ce n’est pas garanti » malgré un « relatif consensus sur les constats et objectifs ».


Publié le Vendredi 27 Mai 2005 dans la rubrique Emploi | Lu 1979 fois