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Le Gin dans tous ses états

Surtout connu pour être un élément constitutif de cocktails ou de long-drinks, le gin contrairement à d’autres spiritueux comme le whisky ou le cognac n’est pas associé à un territoire ou une région. C’est donc à un voyage dans le monde du gin que nous vous convions aujourd’hui.


Fabriqué dans l’Illinois dans une micro distillerie, ce gin est à la fois puissant et rafraîchissant. Il est l’exemple parfait des petites productions réalisées par de véritables artisans. Photo JCC
Associé à nos voisins d’outre-manche, le gin trouve ses origines dans l’accession au trône d’Angleterre du néerlandais Guillaume III d’Orange. De sa Hollande natale, il emporte dans ses malles le genièvre qui sera la base de la fabrication du gin. Un alcool officialisé au milieu du 18ème siècle par le Gin Act qui légalise et réglemente sa production et sa commercialisation.
 
Hormis ce point de départ connu, le gin ne bénéficie pas aujourd’hui d’une AOC et peut être produit dans n’importe quel pays du monde. Outre les Britanniques, les Américains et les Allemands sont de grands producteurs de gin. Mais les curieux peuvent également trouver des produits venant de France, de Suède, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, de Belgique, d’Italie et même d’Espagne ! Curieusement ce dernier pays étant le plus gros consommateur de gin en Europe.
 
Si dans ses origines il n’était qu’une boisson populaire élaborée à partir d’un alcool neutre de grain ou de mélasse et d’une distillation de baies de genièvre, il est devenu au fil du temps un alcool plus complexe dans sa composition. Les agrumes, la coriandre, la cannelle, la réglisse, le fenouil, l’anis, l’angélique ou la muscade s’invitent régulièrement dans les différentes recettes.

Si l’origine italienne de ce gin peut surprendre, il ne faut pas oublier que les bars italiens sont garnis d’apéritifs à base de plantes. Très épicé, avec des poussées de clou de girofle et de cannelle, ce gin qui comprend une dizaine d’ingrédients est obtenu sans distillation uniquement par macération et infusion. Photo JCC
Dans certains cas, on peut même y trouver des arômes d’iris, de rose ou de cumin. On se rapproche de formules qui tiennent plus de la pharmacopée ou de la parfumerie. Pour les produits particulièrement typés, une dégustation s’impose avant l’achat. Des notes de lavande peuvent ne pas plaire à tout le monde, sans parler de l’ajout de baies roses qui efface tous les autres ingrédients !
 
C’est sous la forme de Gin Tonic, que la consommation du gin est la plus répandue. Plus surprenant est l’utilisation de la pomme comme composant principal. C’est ce que propose la maison Drouin connue pour ses Calvados de qualité qui vient d’élaborer un gin où l’on compte pas moins de 30 variétés de pommes, outre bien sûr, quelques plantes indispensables.

Un gin écossais qui convient parfaitement en mix et en cocktails. Neuf ingrédients, notamment le fruit du baobab et de la fisalis. Très exotique, rafraîchissant et fruité, il laisse un goût de pâtisserie. Photo JCC
Aujourd’hui encore, 70%  de la production de gin est utilisée de cette manière. Un mariage qui nous vient des soldats de l’armée des Indes. En effet, pour lutter contre le paludisme, les militaires de l’Empire britannique consommaient de l’écorce de quinquina (la quinine). Peu agréable au goût, ils n’avaient rien trouvé de mieux que de rajouter un peu de sucre, du gin et de l’eau de Seltz pour agrémenter la potion. Le Gin Tonic est ainsi né à la fin du 19ème siècle.
 
Déjà à cette époque, les marques Tanqueray, Beefeater et Gordons dominaient le marché. Des produits industriels toujours très présents dans les rayons de vos supermarchés. Mais c’est peut être grâce à l’introduction en 1988 d’une nouvelle marque de grande diffusion, le Bombay Sapphire, que la mode du Gin est revenue dans la communauté des barmen européens. Au-delà de ces grands noms, nous vous invitons à la découverte de quelques produits plus rares dans une promenade autour du monde. Avec un constat, l’élaboration d’un gin de qualité demande un réel talent de botaniste, voire d’ingénieur agronome !
 
Joël Chassaing-Cuvillier

Comme son nom l’indique, ce gin produit en Allemagne contient 47 ingrédients. Mentholé et résineux par l’ajout de bourgeons de pin, il est très marqué par les agrumes. Un gin épicé qui peut être bu seul. Une grande élégance. Photo JCC

Un gin français riche de 19 plantes différentes. Iris, fenouil, genièvre, violette, anis, cardamone, réglisse… Conçu en Charente dans un alambic à Cognac, ce gin est à la fois floral et fruité. Son nom trouve ses origines à Dunkerque en 1775 où il fut produit jusqu’en 1889. Photo JCC


Publié le Vendredi 18 Décembre 2015 dans la rubrique Divers | Lu 1553 fois