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Senior Actu

Le Bus de l’audition démarrera sa tournée française à partir du 26 mars

Dans le cadre de la campagne « Pour qu’on s’entende toujours » qui vise à prévenir et dépister les problèmes d’audition, mise en place par l’association FrancePresbyacousie, le Bus de l’audition démarrera sa grande tournée française les lundi 26 et mardi 27 mars à Paris sur le parvis de l’Hôtel de Ville.


Cette grande action en faveur de l’audition est réalisée sous le patronage du ministère de la Santé, avec le soutien des mairies des villes visitées et en partenariat avec l’assureur Médéric.

Dans chacune des 25 villes visitées, le bus stationnera dans un emplacement choisi avec la mairie, afin d’aller à la rencontre du grand public. De 10 h à 17 h, l’équipe du bus accueillera le public, lui proposera des tests simples, et répondra à ses questions. Les visiteurs se verront remettre un questionnaire (anonyme) afin de mieux cerner leurs problèmes, et de recueillir des données qui permettront d’améliorer la connaissance de la situation de mauvaise audition.

Les personnes sachant qu’elles ont un problème auditif pourront bénéficier d’un conseil individuel. Les autres passeront un simple test puis bénéficieront d’un entretien conseil si un problème est décelé. Un courrier leur sera alors remis pour l’ORL auprès de qui ils choisiront de faire un bilan auditif, qui seul peut dresser un diagnostic complet.

D’autre part, une exposition présentera la problématique de l’audition et de la presbyacousie*. Cinq brochures thématiques seront à la disposition du public pour lui présenter l’itinéraire de l’audition : de la prévention au dépistage et à la prise en charge. Selon les villes, les services sanitaires et sociaux municipaux et des associations seront également présents pour informer le public. .../...
Le Bus de l’audition démarrera sa tournée française à partir du 26 mars

Selon le pré-rapport à la Loi sur les Objectifs de Santé Publique (avril 2003), 9% de la population serait atteinte de déficience auditive, soit près de 6 millions de personnes dont 60% ont plus de 55 ans et sont dans leur immense majorité atteints de presbyacousie. En effet, nous vivons plus longtemps, ce qui augmente ipso facto le nombre de seniors, et donc de malentendants.

Rappelons que la presbyacousie est la marque du vieillissement naturel du système auditif, tout comme la presbytie résulte du vieillissement des fonctions visuelles. De plus, dans le même temps nos conditions de vie sollicitent toujours plus notre système auditif, entraînant une usure prématurée : c’est la presbyacousie précoce.

Le Bus de l’audition démarrera sa tournée française à partir du 26 mars

Mais cette augmentation réelle du nombre de malentendants, et le rajeunissement de l’âge d’apparition de la presbyacousie, ne se traduisent pas vraiment en termes de dépistage et de prise en charge précoce comme en témoigne l’enquête réalisée par la Sofres pour le compte de Presbyacousie.

Si un quart (26%) des plus de 60 ans déclarent souffrir de problème d’audition, 57% n’ont jamais fait contrôler leur audition, dont 29% de ceux qui déclarent souffrir de problèmes auditifs. Alors que les seniors sont généralement suivis par plusieurs médecins spécialistes, le contrôle de leur audition n’est pas leur principale préoccupation. Cette attitude explique le faible pourcentage de personnes appareillées : seulement 20% de la population malentendante, soit un million de personnes. Or les différents niveaux de perte auditive se répartissent à peu près de la manière suivante :
• perte légère de 20 à 40 dB, 55 % soit environ 3 000 000 personnes.
• perte moyenne de 40 à 70 dB, 33 % soit environ 1 800 000 personnes.
• perte sévère de 70 à 90 dB, 9 % soit environ 500 000 personnes.
• surdité profonde> 90 dB, 3 % soit environ 170 000 personnes.

Seules 15 à 20 % des personnes qui pourraient bénéficier d’une aide auditive en sont équipées. Le recoupement de ces données montre qu’en moyenne l’appareillage intervient lorsque la baisse d’audition a largement dépassé la limite de la perte auditive légère (40 dB). En effet, les plus de 60 ans déclarent souffrir de troubles auditifs 7,7 années (enquête SOFRESFPA) après l’apparition des premiers signes de la gêne auditive.

Pourquoi ? Plusieurs causes peuvent expliquer cette absence ou tardive prise en compte des problèmes auditifs : méconnaissance du caractère “invisible” et insidieux de la baisse d’audition qui s’installe sans que l’on s’en aperçoive : image encore trop souvent négative de la “surdité” ; associée à une baisse des facultés intellectuelles ; et fatalisme lorsqu’on considère qu’il s’agit d’un mal inéluctable dû au vieillissement ! Mais également, manque d’information sur les risques lorsque l’on considère que les prise en charge et l’appareillage peuvent attendre et méconnaissance des solutions techniques et des méthodes de rééducation auditive.

Pourtant, la presbyacousie est un problème loin d’être anodin, peu considéré… Elle nous menace au quotidien, dans notre vie sociale et intime : la vie relationnelle est rapidement remise en cause. Le repli sur soi peut être le corollaire de la malentendance, accentué bien souvent par l’isolement social de la vieillesse. De fait, la « gêne sociale » apparaît tôt : entre 20 et 40 dB de perte, disparition des sons faibles (murmures), de la perception de certains éléments phonétiques entraînant malentendus et incompréhension, difficulté à converser dans le bruit… À partir de 40 dB, progressivement seule la voix forte est perçue.

Si autrefois le fatalisme et la résignation permettaient de supporter la baisse d’audition, ces temps doivent être maintenant révolus ! Au 21e siècle, on peut, on doit faire face à la malentendance. Les stratégies de compensation ont fait d’énormes progrès en quelques décennies, permettant de préserver et conserver une communication optimale : appareils de correction auditive, aides techniques, apprentissage de la lecture labiale, aménagements des locaux (domicile, locaux collectifs, espaces de travail)…

La prévention, le dépistage et l’information sont les trois points sur lesquels doit s’appuyer l’action concrète du « Bus de l’audition » auprès du public : prévention en informant sur les risques auditifs ; prévention par une surveillance régulière de l’audition qui décèle le plus tôt possible les premiers troubles ; dépistage qui permet d’évaluer la qualité de l’audition et information sur les stratégies de compensation.

Les enseignements du bus 2006

Lors de la campagne 2006, les visiteurs du Bus de l’audition ont répondu à un questionnaire sur leur vie quotidienne et leur audition. Enregistré grâce à des stylos électroniques, 1.300 formulaires ont été validés et ont apporté un certain nombre d’enseignements.

La majorité des visiteurs ont plus de 60 ans : parce que les horaires du bus (10 h-17 h) le réserve aux personnes inactives ; et parce que l’information est ciblée sur les seniors. Avant même d’effectuer le dépistage, la majorité des visiteurs étaient conscients qu’ils avaient un problème d’audition. Mais seuls 10% se sont déjà vu proposer de porter une prothèse auditive… et seul 1 sur 6 de ces derniers est passé à l’acte. Preuve s’il en est que le dépistage et l’appareillage auditif ne sont pas encore devenu des actes “normaux”.

Ces blocages et ces réticences sont largement liés à trois paramètres, estime l’association. Un coût élevé pour la personne, dû en grande partie au manque d’information sur les divers financements possibles, une réputation désagréable et liée à la vieillesse et le doute sur leur efficacité.

Audiobus : dates de la tournée française

Démarrage à Paris Lundi 26 et mardi 27 mars de 10 h à 17 h Parvis de l’hôtel de Ville, avec un chapiteau de 800 m2
Rueil Malmaison Mardi 3 avril de 10 h à 17 h Parvis de la Médiathèque Jacques Baumel - 15-21 boulevard Foch
Ermont Jeudi 5 avril de 10 h à 17 h Place du Marché Saint-Flaive
Ivry-sur-Seine Mardi 17 avril de 10 h à 17 h Devant la mairie d’Ivry
Bobigny Mercredi 18 avril de 10 h à 17 h Place de la Libération
Fontenay sous Bois Jeudi 19 avril de 10 h à 17 h Centre Médico Social - rue Roger Salengro RER A “Val de Fontenay”
Lorient Mercredi 9 mai de 10 h à 17 h École primaire Merville – Avenue de la Marne
Rennes Jeudi 10 mai de 10 h à 17 h Place de la Mairie
Saint Malo Vendredi 11 mai de 10 h à 17 h Mairie annexe de Paramé
Caen Mardi 22 mai de 10 h à 17 h Place du Théâtre (esplanade Jo Trehard)
Le Havre Mercredi 23 mai de 10 h à 17 h Parking de la plage
Dieppe Jeudi 24 mai de 10 h à 17 h Parvis Saint Rémy
Colmar Mercredi 13 juin de 10 h à 17 h Rue des Clefs (devant la Mairie)
Mulhouse Jeudi 14 juin de 10 h à 17 h Place de la Réunion
Vincennes Mercredi 12 septembre de 10 h à 17 h Place de l’hôtel de ville
Vitry sur Seine Jeudi 13 septembre de 10 h à 17 h Place du marché (à côté de la Maison des Projets)
Antony Mardi 25 septembre de 10 h à 17 h Place des Anciens Combattants d’Afrique du Nord
Orléans Jeudi 27 septembre de 10 h à 17 h Place du Martroi
Saint Jean de Luz Mardi 9 octobre de 10 h à 17 h Place Foch, face à l’immeuble Roxas
Pau Mercredi 10 octobre de 10 h à 17 h Square George V
Narbonne Mardi 24 octobre de 10 h à 17 h Espace Contemporain – Cours Mirabeau
Montpellier Mercredi 25 octobre de 10h à 17 h Lieu à préciser
Nîmes Jeudi 26 octobre de 10h à 17 h devant la Maison des Ainés, rue des Chassaintes


Publié le Jeudi 22 Mars 2007 dans la rubrique Santé | Lu 4029 fois