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Lancement de la première banque tissulaire en France dédiée à Alzheimer

La banque tissulaire dédiée à la maladie d’Alzheimer est récemment devenue opérationnelle avec la signature de la convention d’utilisation par ses usagers. L’association France Alzheimer, à l’origine du projet avec France Parkinson, a consacré 100 000 euros à l’aménagement de cette banque destinée à faciliter la recherche médicale, et notamment, à une meilleure compréhension des lésions constatées dans le cadre des maladies neurodégénératives.


La création d’une banque tissulaire offre à la recherche de nouveaux moyens. Comme le souligne le communiqué de France Alzheimer : « en effet, les chercheurs ont besoin d’étudier les tissus humains prélevés sur des personnes malades ainsi que sur des personnes préservées de la maladie afin de mieux comprendre les lésions observées ».

L’association France Alzheimer a ainsi conclu un partenariat avec plusieurs autres structures concernées par les maladies neurodégénératives pour créer une plateforme commune. Cette banque tissulaire doit permettre aux chercheurs de disposer d’échantillons permettant de mieux comprendre le processus de formation des lésions constatées… Constituant un espoir pour les personnes malades qui attendent un traitement curatif.

Dans son communiqué, France Alzheimer souligne également qu’elle « mène de longue date une réflexion sur les moyens de favoriser la recherche médicale en constituant une banque tissulaire dédiée à la maladie d’Alzheimer ». Elle a ainsi participé en 1999 au groupe de travail pour le Don de Tissu Post-Mortem qui a attiré l’attention du public sur l’intérêt du don d’organe pour la recherche médicale.

En décembre 2004, l’association avait présenté le projet de création d’une banque tissulaire dédiée à la maladie d’Alzheimer. Cette ambition est désormais atteinte avec l’ouverture de la plateforme de ressources biologiques au sein de l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Plus concrètement, cette plateforme commune à plusieurs associations conserve les échantillons de tissus humains à l’intérieur de congélateurs où règnent une température de -80°C. Elle est gérée par le « Groupement d’intérêt économique Neurologie-Collection d’Echantillons Biologiques », communément désigné sous l’appellation de Neuro-CEB. .../...

Ce GIE a été créé par France-Alzheimer et France-Parkinson en mars 2006. Elles ont été rejointes par l’association pour la recherche sur la sclérose en plaques (ARSEP) en octobre 2007. La Fédération française pour la recherche sur l’épilepsie (FFRE) a également exprimé son intention de rejoindre cette structure.

« Les prélèvements sont opérés dans le respect de la loi bioéthique de 1994 et reposent sur le consentement écrit de la personne effectuant le don. Les collections constituées doivent faire l’objet d’une déclaration et leur utilisation est conditionnée à l’accord du Comité de Protection des Personnes et de la Direction générale de la santé (DGS). En outre, l’accès des équipes de recherche aux échantillons tissulaires est soumis à l’examen préalable du projet par le conseil scientifique propre à chaque collection » précise le communiqué.

A terme, les tissus cérébraux mis à la disposition des chercheurs devraient permettre de mieux appréhender le processus d’apparition des dégénérescences neurofibrillaires et des plaques amyloïdes. L’étude de ces lésions cérébrales, propres aux personnes atteintes par la maladie d’Alzheimer, est ainsi susceptible de faire progresser les connaissances sur la maladie. La présence de la cohorte IFRAD, coordonnée par le Pr. Dubois, au sein de la plate-forme commune permet aux chercheurs d’avoir accès à l’ensemble des collections constituées pour la maladie d’Alzheimer.

Ces collections doivent comprendre des tissus provenant de personnes qui n’étaient pas atteintes par la maladie. Les chercheurs peuvent en effet analyser les lésions constatées sur les personnes atteintes par la maladie en les comparant avec des tissus témoins provenant de personnes préservées. Ces tissus témoins sont toutefois encore rares puisque seuls trois prélèvements ont été effectués alors que cinq cents consentements ont été enregistrés.

Les personnes envisageant de réaliser un don de cerveau pour faire progresser la recherche doivent prendre contact avec Mme Marie-Claire Artaud, coordinatrice du GIE à l’adresse suivante :Plateforme de ressources biologiques
Bâtiment Roger Baillet
Hôpital de la Pitié-Salpêtrière
47 Bd de l'Hôpital
75651 Paris cedex 13

Tél. : 01 42 17 74 19


Publié le Mardi 10 Juin 2008 dans la rubrique Santé | Lu 5021 fois