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La vie sexuelle et amoureuse des baby-boomers célibataires

Le très célèbre hebdomadaire américain Newsweek s’intéresse dans son dernier numéro à la vie sexuelle des baby-boomers célibataires. Conscients qu’une grande partie de son lectorat appartient à cette génération, le magazine dissèque sur plusieurs pages, les nouveaux codes amoureux de cette tranche d’âge d’Américains qui représente un marché de 78 millions de personnes.


On constate depuis quelques années, que de plus en plus de couples se séparent aux alentours de la cinquantaine/soixantaine. L’allongement de la durée de vie, une meilleure santé, la retraite des femmes, etc. Désormais, les couples ne sentent plus forcément liés jusqu’à la fin de leurs jours.

De fait, passés les cinquante ans, hommes et femmes se remettent à chercher -si ce n’est l’âme sœur- en tous les cas, une personne avec qui passer de bons moments. Sans pour autant, toutefois, avoir envie de se remarier ! Ainsi, selon une récente étude de l’Association américaine pour les personnes retraitées (AARP), les femmes américaines célibataires de 40/50 ans (celles qui apparaissent dans la série Desperate Housewives, ce qui peut expliquer le succès phénoménal de ce feuilleton) ne sont que 14% à désirer trouver un nouveau mari (vs 22% pour les hommes).

Les temps ont changé, les mœurs aussi. A la place d’un (re)mariage en bonne et due forme, cette génération de célibataires privilégierait plutôt les relations sérieuses, sur la durée, mais sans pour autant désirer refaire leur vie en fonction d’un nouveau partenaire. En gros, on sort, on voyage, on couche ensemble, on passe du bon temps, mais chacun reste chez soi…

C’est le cas d’un exemple cité par l’hebdomadaire américain. Diane Barna, secrétaire dans l’Ohio, âgée de 51 ans, a vécu pendant vingt-cinq années avec le même homme, jusqu’à ce qu’il décède l’année dernière. Au départ, elle imaginait que sa vie amoureuse s’arrêterait là, avec la mort de son compagnon : « j’avais connu l’amour, le véritable, et tout le monde n’a pas cette chance » explique-t-elle en précisant : « j’ai un bon travail, un cercle d’ami, de nombreux centre d’intérêts. Je pensais que j’allais en rester là ». Pourtant, cette femme vient de rencontrer un homme. Elle sort avec depuis six mois : « c’est une bonne personne, un homme bien et je suis très à l’aise avec lui » indique Diane à propos de son nouvel ami. « A notre âge, si l’envie nous prend de coucher ensemble le premier soir, pas la peine d’attendre le troisième rendez-vous. Il faut y aller ».
La vie sexuelle et amoureuse des baby-boomers célibataires

La vie sexuelle et amoureuse des baby-boomers célibataires
Même constat pour Katherine Chaddock, professeur d’Université et auteur d’un ouvrage en langue anglaise sur l’amour chez les femmes de plus de cinquante ans. A 58 ans, elle est toujours hyperactive : elle travaille, elle voyage, elle s’occupe de ses enfants, etc.

Pour elle, la relation idéale serait une histoire à temps partiel. « Je pourrais très bien me contenter d’un partenaire qui habite à une centaine de kilomètres de chez moi. On se verrait le week-end, du vendredi au dimanche. Ensuite, on ferait un break de quelques jours. Je retournerais chez moi m’occuper de mes chats et je pourrais me balader librement dans mon appartement, avec mes strips de blanchiment dentaire, sans avoir à me soucier de qui que ce soit ».

Autre phénomène qui devient de plus en plus courant et que l’on rencontre plus fréquemment chez les baby-boomers : les femmes d’une cinquantaine d’années n’hésitent plus à fréquenter un homme plus jeune. Dans la génération de leurs parents, on considérait encore que l’homme pouvait séduire beaucoup plus longtemps que la femme. Là aussi, les choses ont évolué. L’actrice Kim Cattrall, 49 ans, célèbre pour son rôle de publicitaire dans la série Sex and the City sort avec un jeune homme de 27 ans. Elle raconte qu’il lui est difficile de vivre avec un homme de son âge. « Ils se sentent en compétition avec mon personnage. Un garçon plus jeune n’exprime pas ce besoin. Et puis ce qui me plait le plus, c’est que je peux lui faire découvrir mon univers et les choses qui me passionnent. Il est plus ouvert ».

Autre idée préconçue qui n’est pas toujours vraie : les hommes quinquagénaires ne recherchent pas forcément une femme plus jeune. En témoigne ce monsieur de 49 ans, qui a vécu une aventure avec une femme beaucoup plus jeune que lui pendant quelques temps : relation passionnée et de très nombreuses sorties tardives. « Ce style de vie me tuait » indique-t-il. « Je n’ai plus l’habitude de toutes ces soirées, la relation s’est vite émoussée. Nous n’étions pas sur la même longueur d’onde. Cette femme avait clairement besoin de quelqu’un de plus jeune, de plus amusant ».

Si les relations changent, évoluent avec le temps, les moyens de se rencontrer se modernisent eux aussi. Terminé le sempiternel dîner arrangé chez les amis. Le net devient l’un des moyens le plus couramment employé par les boomers pour trouver un(e) partenaire. Comme le souligne Jim Safka, directeur de Match.com, site de rencontres en ligne, « les personnes de 50 ans et plus sont les internautes qui croissent le plus rapidement sur le site avec 300% d’augmentation depuis 2000 ».

Cette évolution de la vie sexuelle et amoureuse des personnes de 50 ans et plus, n’est pas non plus sans poser quelques problèmes. Seuls 39% d’entre eux utilisent systématiquement le préservatif. La plupart ne se rendent absolument pas compte des dangers qu’il peut y avoir à faire l’amour sans protection. Il ne se sentent pas concernés par le sida, ni par les autres maladies sexuellement transmissibles d'ailleurs. C’est ainsi que le nombre de cas de HIV chez les femmes de plus de 50 ans est en augmentation depuis quelques temps. Entre 1998 et 2000, la part des femmes de plus de 50 ans atteintes du sida a doublé pour passer de 8.9% à 15% indique Linda Fisher, directeur de recherche pour l’AARP.

En guise de conclusion, laissons la parole à Helen Gurley, qui a écrit en 1962 « Sex and the Single Girl », l’un des tous premiers livres sur la sexualité féminine : « le sexe est une activité tellement agréable, et ce, à tous les âges de la vie » indique-t-elle, alors qu’elle est âgée maintenant de 83 ans. « Alors pourquoi le laisser uniquement aux jeunes ? »


Publié le Vendredi 17 Février 2006 dans la rubrique Société | Lu 8515 fois