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La thyroïde : un organe sous influences, surtout après 60 ans…

La troisième édition de la Semaine nationale de la thyroïde* (du 25 au 31 mai 2009), vise à informer et sensibiliser le grand public sur la thyroïde, ses dérèglements à certaines étapes de la vie (notamment pour les seniors) et l’influence de notre environnement sur cet organe. Cet évènement a également pour objectif de favoriser le dialogue entre les médecins traitants et les Français. Détails.


Pendant une semaine, les professionnels de santé se mobiliseront pour sensibiliser et informer les Français du rôle essentiel joué par la glande thyroïde. Cette troisième semaine d’envergure nationale permettra de relayer auprès du grand public de nombreuses informations utiles, de répondre à des interrogations et de mettre fin à certaines idées reçues.

Les deux premières éditions de cette Semaine Nationale de la Thyroïde, en 2005 et 2007, avaient permis de sensibiliser le Grand Public à cet organe peu connu qu'est la thyroïde et de faire un point sur les dérèglements pouvant être observés à toutes les étapes de la vie.

En effet, la thyroïde est un organe essentiel pour le développement et le fonctionnement du corps humain. Elle fabrique des hormones thyroïdiennes dont la production est finement régulée pour obtenir un équilibre thyroïdien, propre à chaque individu. Tout dysfonctionnement thyroïdien a donc des répercussions sur notre quotidien.

Les dysfonctionnements de la thyroïde peuvent concerner chacun d’entre nous, hommes, femmes, jeunes, sujets âgés. Mais, certaines étapes de la vie, plus que d’autres, sont susceptibles de favoriser l’émergence ou révéler ces dysfonctionnements.

Cette troisième semaine de la thyroïde est ainsi dédiée au thème « La thyroïde : un organe sous influences ». Elle fait ainsi le point sur la thyroïde, ses dérèglements et l’influence de l’environnement sur cet organe : alimentation, tabac, polluants, stress…
La thyroïde : un organe sous influences, surtout après 60 ans…

La thyroïde en quelques mots

La thyroïde est une glande située à la base du cou, à l’endroit où se ferme le col de chemise. Elle peut être facilement palpée par un médecin car elle est située juste sous la peau et les muscles du cou. Elle mesure environ 5 cm de haut, 2 cm de large et pèse entre 20 et 25 g chez l’adulte. Elle est constituée de 2 lobes ce qui lui confère une forme particulière qui rappelle celle d’un papillon. En général, la taille d’un lobe n’est pas plus large que celle de la deuxième phalange de son pouce.

La thyroïde est responsable du développement harmonieux du corps humain depuis la naissance. Les hormones thyroïdiennes sont indispensables pour une croissance optimale en poids et en taille. Elles sont également primordiales pour le bon développement des fonctions cérébrales.

La thyroïde permet de réguler de nombreuses fonctions de l’organisme.
Ainsi, les hormones thyroïdiennes servent à réguler la production de chaleur et permettent de s’adapter aux variations de température extérieure. Elles agissent également au niveau de la production de l’énergie nécessaire au corps humain. La thyroïde est donc essentielle pour l’adaptation de l’organisme à l’environnement. Les hormones thyroïdiennes agissent également de façon spécifique sur différents organes (le squelette, les muscles, le coeur, le tube digestif, le système nerveux…), ainsi que sur notre tonus, notre peau, nos cheveux, nos ongles. Ainsi, tout dysfonctionnement thyroïdien peut perturber le fonctionnement du corps humain.

Les anomalies de la fonction thyroïdienne sont fréquentes, avec une nette prédominance chez les femmes. Les hommes sont également affectés, bien que dans une moindre mesure. La fréquence de ces anomalies augmente de façon marquée avec l’âge.

Ces anomalies thyroïdiennes sont d’une grande diversité.
Perturbation de la fabrication des hormones thyroïdiennes
Certaines anomalies perturbent la fabrication des hormones thyroïdiennes et s’explorent par des dosages sanguins. Quand la thyroïde s’emballe, l’excès d’hormones fabriquées entraîne une accélération de la plupart des fonctions de l’organisme. C’est l’hyperthyroïdie.

Quand la thyroïde s’essouffle, elle ne produit pas assez d’hormones thyroïdiennes. Ce « trop peu » est la cause d’un ralentissement global des fonctions de l’organisme. C’est l’hypothyroïdie.

Modification de taille ou de forme de la thyroïde
D’autres affections de la thyroïde sont relatives à des modifications de la taille et/ou de la forme de la thyroïde et s’explorent par la palpation du cou et/ou par les techniques d’imagerie médicale comme l’échographie, si nécessaire.
- Une grosse thyroïde est appelée goitre.
- Une thyroïde peut être remaniée en vieillissant, par le développement de petites « boules » appelées nodules. La fréquence des nodules thyroïdiens s’accroît avec l’âge. A la palpation, elle est de 4 % à 45 ans et 9 % à 70 ans. Grâce à l’échographie, le nombre de nodules repérables augmente et est de 30 à 50 % en moyenne dans la population adulte, pour atteindre 80 % à 70 ans.

Ces différentes affections de la thyroïde sont parfois associées sans pour autant revêtir un caractère de gravité. Si les affections de la thyroïde sont fréquentes et diverses selon l’âge, elles sont le plus souvent très bien soignées.


Un dérèglement thyroïdien perturbe notre quotidien…
Comme tous les organes, la thyroïde vieillit et les troubles deviennent plus fréquents avec l’âge chez l’homme comme chez la femme. Les dérèglements sont plutôt en faveur d’un hypofonctionnement chez les seniors de plus de 60 ans puisque 10 à 15 % de cette population est touchée par l’hypothyroïdie, contre 1 à 3 % pour l’hyperthyroïdie.

Avec l’âge, les dérèglements thyroïdiens peuvent être plus discrets et certaines manifestations cliniques peuvent ainsi être mises, à tort, sur le compte du vieillissement, comme : la fatigue, l’intolérance au froid, la sécheresse cutanée, la perte des cheveux, le manque d’appétit, les troubles de la mémoire, un syndrome dépressif…

Certains dysfonctionnements thyroïdiens peuvent également accroître le risque cardiovasculaire : élévation anormale du taux de cholestérol, risque d’infarctus du myocarde, hypertension artérielle en cas d’hypothyroïdie ou troubles du rythme cardiaque en cas d’hyperthyroïdie. Il est donc important de surveiller la thyroïde dès la cinquantaine, particulièrement sur un terrain à risque cardiovasculaire.

Attention, après 60 ans, les troubles thyroïdiens deviennent plus fréquents et plus difficiles à diagnostiquer car les manifestations d’hyperthyroïdie ou d’hypothyroïdie peuvent être discrètes et mises, à tort, sur le compte du vieillissement.

La thyroïde réagit à notre environnement
Substances chimiques contaminantes
De nombreuses substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle sont susceptibles de perturber les fonctions endocriniennes de l’organisme : on les appelle les perturbateurs endocriniens. Pour certains, il existe encore peu de preuves de leur nocivité chez l’homme. L’alimentation est la source d’exposition majeure. Cependant, ces perturbations sont souvent favorisées par la coexistence d’une carence iodée et d’une malnutrition.

Substances naturelles contenues dans certains aliments :
Certains fruits, légumes ou graines tels que le millet, le sorgho, le soja ou l’arachide, faisant partie des aliments de base de pays en voie de développement, sont particulièrement riches en flavonoïdes. Ces substances sont susceptibles d’entraîner un goitre et une hypothyroïdie particulièrement en cas d’apports iodé et protéiques faibles et d’alimentation peu diversifiée.
C’est pour cette raison qu’une supplémentation en d’iode devrait être particulièrement recommandée chez les femmes enceintes consommant des phyto-estrogènes comme le soja.

Substances chimiques pouvant se retrouver dans l’alimentation :
Certains agents chimiques peuvent se retrouver dans l’alimentation et interagir sur le fonctionnement thyroïdien :
- les pesticides comme le DTT ou la dioxine sont retrouvés dans l’eau, les poissons d’eau douce et le lait.
-les biphénlys bromés (PBB) et chlorés (PCB) utilisés dans l’industrie polluent l’atmosphère puis se déposent sur les étendues d’eau. Ainsi, ils peuvent contaminer notamment les poissons d’eau douce et pourraient être responsables d’une diminution des hormones thryoïdiennes ou du développement d’une auto-immunité thyroïdienne.
- les phtalates sont des composés notamment présents dans les plastiques et les PVC, ils peuvent contaminer l’eau en étant dégradés par des bactéries et avoir alors une action anti-thyroïdienne et goitrigène.
- les dérivés phénoliques sont des polluants d’origine industrielle retrouvés dans l’eau qui ont aussi des effets goitrigènes.

Tabac
Les risques cardiovasculaires et cancérigènes du tabac sont bien connus, mais il existe également des effets thyroïdiens, liés à la présence de nicotine, thiocyanate et pyridines. Le tabagisme affecte la thyroïde en induisant une augmentation de volume de la thyroïde. En effet, le volume thyroïdien moyen est plus important chez les fumeurs que chez les non-fumeurs. Ce risque de développer un goitre pour les fumeurs est d’autant plus élevé en cas de carence iodée et si le sujet est féminin.

Le tabac est également l’un des facteurs de risque d’un dysfonctionnement de la thyroïde appelé « maladie de Basedow », maladie auto-immune dans laquelle l’organisme produit des anticorps agissant contre sa propre thyroïde. Les fumeurs ont un risque 2 fois et demi plus important de développer cette maladie et un risque 7 fois plus important de développer des complications oculaires. Le risque de récidive après traitement est également augmenté. Le risque est directement lié au nombre de cigarettes consommées et disparaît après arrêt de l’intoxication tabagique.

Traitement médicamenteux
Certains médicaments peuvent avoir une influence sur le fonctionnement thyroïdien et justifier une surveillance particulière de la thyroïde avant et pendant le traitement. Parmi ceux-ci, on retrouve l’amiodarone (utilisée dans les troubles du rythme en cardiologie), les interférons (utilisés notamment dans le traitement des hépatites chroniques), certaines thérapies ciblées (utilisées dans certains traitements anti-cancéreux)… De même, certains produits riches en iode tels que les produits de contraste iodés, utilisés pour certains examens d’imagerie médicale et certains antiseptiques locaux, peuvent perturber le fonctionnement thyroïdien et être responsables d’hyper ou d’hypothyroïdie.

Stress
Le stress peut exercer une influence sur le système immunitaire. Ainsi, certaines maladies dites auto-immunes sont souvent précédées par un stress important. L’apparition d’une maladie de Basedow, maladie déjà évoquée plus haut dans laquelle l’organisme produit des anticorps agissant contre sa propre thyroïde, peut avoir pour origine des épisodes de stress répétés ou graves.

Il n’est pas nécessaire de se préoccuper de sa thyroïde au quotidien.
En effet, bien que les dérèglements de la thyroïde soient fréquents, la majorité des troubles sont bénins et aisément pris en charge.
Cependant quelques conseils sont importants pour la thyroïde.
En cas de traitement thyroïdien, préserver l’équilibre obtenu
L’équilibre thyroïdien est fragile, et peut être difficile à obtenir et à maintenir.
Pour le préserver, il est important de suivre certaines règles :
• respecter les doses prescrites, les horaires de prise
• ne pas oublier de prendre son traitement et ne pas l’arrêter si l’on se sent mieux
• faire attention aux autres prises médicamenteuses qui peuvent interagir sur l’efficacité du traitement
• connaître les signes de déséquilibre

Il n’y a pas de précaution alimentaire particulière à adopter, si ce n’est éviter des excès spécifiques.
Prévenir son médecin de tout nouveau traitement
Prévenir son médecin et son pharmacien de tout nouveau traitement car certains médicaments peuvent perturber le fonctionnement de la thyroïde. C’est le cas des médicaments contenant de l’iode comme les produits de contrastes iodés, l’amiodarone ou certains antiseptiques locaux.

* La troisième édition de cette Semaine nationale de la thyroïde, réalisée sous l’égide de
la SFE, du SEDMEN, de la FENARADIAM et du Club Thyroïde®, en partenariat avec
2 associations de patients (AFMT et Vivre sans thyroïde) et avec le soutien de Merck
Serono


Publié le Mercredi 20 Mai 2009 dans la rubrique Santé | Lu 11577 fois