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La mécanique du mal de Jacques Gélat : la guerre des trois


« Le plus beau pour Florence était de se sentir davantage dans le ciel que sur l’eau ». C’est ainsi que débute le nouveau roman de Jacques Gélat. Et cette phrase sera le fil conducteur du récit.
La mécanique du mal de Jacques Gélat

Florence et Laurent sont mariniers, entre Pontoise et Dunkerque. Leur amour est intense et évident. Alors qu’ils font escale pour l’affrètement, Florence surprend dans les yeux de Laurent un regard amoureux pour une autre fille. Laurent a une maîtresse !

Abattue certes, mais Florence a assez de volonté pour garder son époux. Par touches, au fil des situations qu’elle provoque peu ou prou, elle met en place une implacable « mécanique du mal »

Parallèlement se livre en elle une mécanique du bien. C’est un combat tout aussi âpre même s’il est léger et aérien. Florence est à l’écoute d’une intuition qui se révélera être le mystère de la foi : « C’était une force et une douceur qu’elle entendait. Elle les recevait, s’en imprégnait ».

De ces deux combats, Jacques Gélat en tire un récit ciselé et puissant. On connaît son talent (lire aussi « le traducteur », José Corti, 2006) pour mettre en vertige ses personnages à travers une simple inflexion de la perspective. Il en fait des manipulateurs efficaces et innocents. Son écriture est forte, précise et accompagne au plus près les manœuvres psychologiques.

Le lecteur est pris dans les rets de la double intrigue amoureuse, dans une « guerre » pour le bonheur sentimental et spirituel. Une lutte où il n’y a pas de victoire définitive.

Quel enjeu. Quel roman.

Jacques Gélat
La mécanique du mal
Editions Mercure de France
247 pages
18 euros


Publié le Lundi 24 Septembre 2007 dans la rubrique Culture | Lu 3450 fois