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La majorité des médecins veut harmoniser les recommandations sur le traitement de l'Alzheimer

Les résultats d’une nouvelle enquête, communiqués à Madrid, le 20 juillet dernier, lors de la Conférence Internationale sur la maladie d’Alzheimer et troubles apparentées (ICAD/ADRD) montrent que 85 % des médecins spécialisés dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer considèrent qu’il est urgent d’établir des recommandations cliniques claires et harmonisées sur le diagnostic et le traitement de cette pathologie.


Sur les 376 médecins sondés lors de cette enquête financée par les laboratoires Eisai Europe et Pfizer, les trois-quarts (73%) ont déclaré évaluer la réponse au traitement de leurs patients dans les trois mois, alors que seulement 8% ont déclaré attendre plus de six mois.

Une autre étude (AWARE), récente également, a montré que les patients atteints d’une forme légère à modérée de la maladie ne montraient pas de réponse significative au traitement pendant les 24 premières semaines, mais présentaient une amélioration significative quand le traitement était poursuivi pendant douze mois supplémentaires. De plus, cette même étude souligne qu’un déclin initial ou une stabilisation suivant l’initiation du traitement n’indique pas nécessairement un manque d’efficacité du traitement. Les patients peuvent ressentir des bénéfices si le traitement est poursuivi et que les critères de temps d’évaluation sont prolongés.

Cependant, les résultats de l’enquête menée sur le congrès ICAD soulignent que plus d’un tiers des médecins choisiraient de changer de stratégie plutôt que de poursuivre le traitement pris par leurs patients quand ils constatent un déclin ou une stabilisation des symptômes au moment de l’évaluation initiale du traitement (respectivement 35% et 34%).

« Bien que les médecins reconnaissent le bien fondé de traiter la maladie d’Alzheimer avec des médicaments, les conclusions de l’enquête montrent que ce n’est pas toujours le cas en pratique clinique », a commenté le Dr Bengt Winblad (Institut Karolinska, Stockholm, Suède). « La stabilisation des symptômes ou le ralentissement du déclin dans le temps doivent être considérés comme des bénéfices liés au traitement dans le cadre du suivi d’une maladie dégénérative progressive telle que la maladie d’Alzheimer. Il est important que les médecins prennent ceci en considération lors des évaluations du traitement initial. »

Les symptômes clés de la maladie d’Alzheimer se manifestent au niveau de la cognition, de la fonctionnalité (déclin fonctionnel) et du comportement. Un pourcentage significatif de 52% des médecins interrogés lors du congrès ont déclaré donner la priorité à l’évaluation cognitive devant l’évaluation fonctionnelle et comportementale pour déterminer un succès clinique. En fait, près de la moitié des personnes sondées ont placé les troubles du comportement derrière la détérioration cognitive et fonctionnelle lorsqu’il s’agit d’évaluer l’importance des symptômes. Pourtant, 97 % des médecins interrogés étaient d’accord avec le fait que l’évaluation de ces trois domaines (cognitif, fonctionnel et comportemental) était importante pour déterminer les bénéfices d’un traitement de la maladie

Le Dr Bengt Winblad a déclaré que « les résultats de l’enquête (…), soulignent l’importance d’un traitement continu et d’une évaluation sur plusieurs critères. Même en l’absence de réponse cognitive significative à un traitement de la maladie d’Alzheimer, les bénéfices en termes de comportement et de fonctionnalité peuvent être constatés chez des patients sur le long terme. Ce qui pourrait améliorer significativement leur qualité de vie ».

« Des recommandations claires et harmonisées sur le diagnostic et le suivi de la maladie d’Alzheimer sont indispensables pour standardiser le traitement et les pratiques d’évaluation si nous voulons améliorer la vie de nos patients atteints de la maladie d’Alzheimer ».

A propos de la démence et de la maladie d’Alzheimer

- Un nouveau cas de démence est diagnostiqué toutes les 7 secondes.
- 24 millions de personnes vivent dans le monde avec une démence et, d’ici 2020, la prévalence de la démence est estimée à 42,3 millions, puis à 81,1 millions en 2040 (1).
- Par ailleurs, 60-70% des personnes atteintes de démences souffriraient de la maladie d’Alzheimer.

(1) Johannsen P et al, CNS Drugs 2006; 20 (4): 311-325.


Publié le Mercredi 30 Août 2006 dans la rubrique Santé | Lu 2732 fois