Sommaire
Senior Actu

La maison de retraite « idéale » selon l’association VE.DI.BE

L'association VE.DI.BE (Vieillir dans la dignité et le bien-être), qui vise à favoriser l'écoute des personnes âgées et de leurs familles et qui œuvre à l'amélioration de l'aide à domicile, de la formation des personnels en charge des aînés et des conditions de vie en institutions a réalisé le portrait robot de la maison de retraite idéale. En voici la présentation…


La maison de retraite que nous souhaitons…

- Une maison proche des commerces et des services et le plus près possible des enfants ou de ma famille.
- Obligation d’un directeur diplômé, motivé, avec un minimum de connaissance en gérontologie, et de grandes qualités humaines. Une équipe qui prend la peine de connaître chaque résidant.
- Personnel motivé et qualifié, dont la connaissance doit être constamment mise à niveau par des stages sanctionnés par une évaluation, notamment pour l’accompagnement des personnes handicapées et désorientées. Obligation d’un minimum d’agents qualifiés par lit en fonction de la dépendance.
- Personnel attentif à nos besoins et aimant les personnes âgées. Un personnel stable et en nombre suffisant, qui ait du temps à nous consacrer. - Les petites attentions du personnel sont indispensables au bien-être des résidants. Le pire c’est l’indifférence. « Le médicament-parole, le médicament-humanité, est aussi vital que les autres et manque trop souvent. Il est de ces silences qui font mal. »
- Les agents de service devraient aussi recevoir un minimum de formation à la connaissance des personnes âgées et connaître les premiers gestes de secourisme. (Par exemple en cas de fausse route à table).
- Personnel de nuit avec un minimum de formation en nombre suffisant et présence obligatoire d’une ou plusieurs infirmières en fonction du GMP (Gir Moyen Pondéré)
- Mise en place d’une équipe de personnel « volant », formé et spécialisé pour les week-end et les vacances, afin que les résidants ne soient pas lésés par le manque de personnel.
- Avoir un interlocuteur privilégié, un référent comme il en existe dans les établissements pour personnes handicapées.
- Avoir la garantie que tout sera fait pour assurer mon bien-être en fin de vie, grâce notamment, à une équipe formée à l’accompagnement de fin de vie, et aux soins palliatifs adaptés.
- Encore plus important que le luxe ou le soleil, la proximité d’une communauté de vie.
- Me permettre de conserver un rôle social dans la famille et si possible dans le quartier. Ne pas être soudain abandonné par ceux qui partageaient avec moi une activité.
- Ouvrir la maison vers l’extérieur en intégrant des services tels que haltes garderies, restauration ouverte au quartier, salle pour le club du 3e âge, et pourquoi pas crèche. S’il y a un parc, l’ouvrir aux jeunes enfants du quartier « De voir des enfants, ça nous fait tellement plaisir ! »
- Avoir un secteur par unité pour un accueil de jour, de nuit, de week-end et hébergement temporaire, et faciliter l’échange avec des personnes âgées qui vivent encore à domicile. – Mettre à disposition une chambre d’hôte pour accueillir la famille de passage.
- Liberté d’aller et venir, même en fauteuil roulant, y compris en ville. Le risque zéro n’existe pas et il n’y a rien de pire que d’être cloîtré. Transports adaptés si besoin. Même handicapé, je veux me sentir vivant et libre ! -Ascenseur obligatoire et adapté au handicap dans toute maison de retraite !
- Dès que possible permettre de choisir l’orientation de la chambre : avec ou sans soleil, avec vue sur la rue et son mouvement, ou au contraire, chambre au calme. Fenêtre suffisamment basse pour me permettre de voir à l’extérieur même si je suis alité. Fenêtre à bascule qui allie la sécurité à la possibilité d’aérer correctement.
- A domicile les personnes âgées sont souvent derrière leur fenêtre pour voir la Vie. Prévoir une pièce où les résidants puissent profiter des mouvements de la rue. « Ce qui manque ici, ce sont les bruits de la Vie ! »
- Un domicile spacieux pour y apporter quelques meubles personnels et s’y déplacer en fauteuil roulant. Sanitaire complet. Un interrupteur accessible à la tête du lit notamment pour se lever la nuit !
- Je souhaite un certain pourcentage de chambre à 2, la solitude est parfois difficile, chacun doit pouvoir choisir ; ou prévoir des chambres pouvant communiquer.
- Pour les retraités du baby-boom et les autres : équipement suffisant pour permettre les ordinateurs, internet, câble etc... dans chaque chambre.
- Possibilité pour les moins handicapés d’entre nous d’avoir une plaque chauffante qui peut être mise hors d’usage en cas de trouble psychique.
- Bip d’alarme sur soi (on peut tomber n’importe où)
- Téléphone en ligne directe afin de permettre le choix de l’opérateur et un coût moins prohibitif.
- Couloirs larges avec mains courantes.
- Les portes coupe-feu doivent être ouvertes pour faciliter le passage avec déambulateur ou chaise roulante. Ces portes se referment automatiquement en cas d’alerte au feu.(ex : Hôpital Corentin Celton)
- Respecter l’adulte qui est en chacun de nous avec son passé, son expérience et son histoire, et nous appeler par notre nom et non pas « papi et mami » surtout lorsque l’on n’a pas eu la chance d’être grands-parents.
- Lorsqu’il frappe à ma porte, le personnel doit attendre que je dise « Entrez ». Je suis chez moi. Imagine-t-on un personnel hôtelier entrer dans une chambre sans y être invité !
- Ne pas m’imposer l’heure du lever. Proscrire les aberrations de certains horaires. Respecter mon rythme !
- En crèche tout est pensé pour l’épanouissement de l’enfant. La maison de retraite ne doit pas être une simple garderie, une sorte de rebut. Les résidants doivent aussi pouvoir entretenir et développer leurs talents.
- Une animation qui ne s’impose pas mais dont le but est de favoriser la relation entre les résidants. Il faut que peu à peu des liens se nouent et que chacun invite l’autre dans son « chez soi ». Le nouveau résidant doit être présenté avec beaucoup de chaleur humaine.
- Faciliter les échanges entre les familles des résidants et faire de la maison de retraite une sorte de grande famille qui intègre les isolés. Proposer régulièrement des déjeuners entre familles.
- La maison de retraite doit m’aider à me sentir utile jusqu’à ma mort, et ne pas freiner l’aide que je pourrais apporter aux plus handicapés sous prétexte de responsabilité.
- Encourager les bénévoles qui passent dans les chambres à avoir un échange réel avec les résidants, notamment les sans famille.
- En plus des Conseils de Vie Sociale trop souvent inefficaces, favoriser une association des résidants et des familles animée uniquement par eux-mêmes SANS la présence de la Direction ou du personnel, sauf à la demande de l’association sur un ordre du jour précis.
- Pouvoir disposer selon le cas, d’un petit carré de jardin, d’un balcon pour y cultiver fleurs ou légumes, ou m’offrir la possibilité d’entretenir certains parterres - Participer à des activités culinaires et au choix des menus.
- Pouvoir déguster des mets aux saveurs d’autrefois, et prohiber une réglementation sanitaire trop stricte.
- Choix du médecin et du type de médicaments (ex: homéopathie)
- Une boîte à idées sera mise dans un lieu discret sans obligation de révélation d’identité.
- Contrôle plus précis des différents paramètres qui entrent dans le prix de journée afin que les fonds soient effectivement utilisés pour le bien-être des résidants (qualité de l’alimentation, des soins et de la vie quotidienne) et que les budgets soient transparents pour permettre aux familles de faire des comparaisons entre les différentes prestations des maisons de retraite.
- Pour assurer la garantie de notre bien-être, il faudrait des inspections impromptues. Il est inadmissible que l’établissement soit prévenu avant un contrôle. Contrôles suivis de sanctions si nécessaire.
- Toute nouvelle création de maisons de retraite devrait être suivie d’un bilan sur la conception afin de prendre acte des aspects positifs ou négatifs. .../...

La maison de retraite dont nous ne voulons pas...

- Maison isolée, sans lien avec la vie extérieure.
- Directeur sans qualification, ni qualité de cœur, que l’on ne voit jamais en dehors des grandes fêtes.
- Personnel incompétent, sans vocation à travailler auprès des personnes âgées.
- Ne pas être traité comme un objet qu’on lave au même titre que les toilettes ou le mobilier de la chambre, mais comme un être humain qui a besoin d’entrer en communication et d’être respecté.
- Je refuse qu’on aliène ma liberté par un règlement trop stricte
- Je refuse que l’on m’impose des protections alors qu’il suffirait que l’on m’aide à aller aux toilettes pour que je ne devienne pas incontinent(e).
- Nous refusons d’être traités comme des enfants.
- Nous refusons de vivre dans un lieu totalement aseptisé de toute vie extérieure.
- Un mobilier inadapté sur lequel on se fait mal quand on tombe (angles de table et bras de fauteuil saillants) fauteuil inconfortable.
- Une maison qui me laissera mourir seul, sans la moindre attention, et pire encore, dans la souffrance « La condition dans laquelle on laisse mourir et souffrir la personne âgée est une forme de crime. »

VEDIBE (Vieillir dans la Dignité et le Bien-Etre)

13 rue de la Roue
92190 Meudon

Synthèse réalisée en 2002 – Réactualisée en septembre 2006

Pour aller plus loin, lire aussi :
VEDIBE : un lien entre les aînés, la famille, les résidences ou les services de soins à domicile


Publié le Lundi 4 Juin 2007 dans la rubrique Maisons de retraite | Lu 13338 fois