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Senior Actu

La coopération, un enjeu essentiel pour l’entreprise, chronique par Serge Guérin

La question de l’intergénération est donc vitale, tant sur le plan de l’organisation interne que sur celui de la capacité de l’entreprise à se saisir des attentes du marché. Les équipes qui se forment pour un projet seront demain plus diversifiées que jamais.


Si, dans certain cas, il y a des logiques à formater la ressource humaine en fonction de critères de ressemblance, par exemple pour une société qui souhaite se développer sur les marchés ethniques, le plus souvent la réalité de l’entreprise, comme le miroir de la société, conduiront à constituer des équipes qui mélangeront les générations et les origines.

Il s’agit aussi d’un choix de société entre ceux qui veulent privilégier une approche communautariste avec pour objectif de segmenter les publics et de répondre par homothétie aux attentes, et les autres, qui entendent réagir à la diversité des publics par une pluralité des équipes en interne.

Rappelons que la société française a jusqu’à présent développé la culture de l’éviction en faisant le choix systématique du renvoi des salariés les plus âgés à la moindre difficulté. Notons l’approche pragmatique des Néerlandais qui veillent à ce que les choix des personnes licenciées respectent la pyramide des âges de l’entreprise. En Suède, lorsqu’un plan social doit être mené, on licencie en priorité les jeunes au motif d’une capacité plus grande à retrouver un emploi… .../...
La coopération, un enjeu essentiel pour l’entreprise, chronique par Serge Guérin

Le manager de demain sera aussi jugé sur sa capacité à créer des synergies entre les salariés aux âges différents. Le talent du DRH viendra aussi de sa compétence à faire travailler ensemble et en bonne intelligence trois générations de salariés, dont les attentes et les perspectives globales, comme le rapport au travail et au collectif, sont divergents.

L’entreprise est l’un des rares lieux qui organisent la rencontre entre les générations. Une rencontre qui doit se conjuguer sur le mode du partenariat et de la fertilisation croisée afin de favoriser la cohésion interne et le consensus autour d’un projet commun.

La gestion de la coopération entre les générations est aussi nécessaire au regard des salariés seniors qu’elle est impérative vis-à-vis des jeunes. Pour les premiers, il s’agit de rechercher une efficience maximale dans un cadre d’un maintien dans l’emploi qui sera de plus en plus contraint. Devant, pour les plus jeunes, il importe de rester compétitif dans une perspective où la main-d’œuvre qualifiée disponible sera moins nombreuse du fait de l’arrivée sur le marché du travail des « classes creuses » et d’une hausse des départs en retraite liée au papy-boom.

Serge Guérin
Professeur à l’ESG
Auteur du Grand retour des seniors, Eyrolles


Publié le Lundi 26 Février 2007 dans la rubrique Chroniques | Lu 7222 fois