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La FRM se mobilise pour Alzheimer (partie 2)

De nos jours, 900.000 personnes souffrent de la maladie d’Alzheimer en France. Si les chercheurs progressent dans la connaissance de cette pathologie, il n’existe pas encore de médicaments pour la guérir. C’est pourquoi, à l’occasion de la Journée Mondiale de lutte contre la maladie d’Alzheimer, la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM) se mobilise tout le mois de septembre 2017 pour lever des fonds et faire progresser la recherche sur la maladie d’Alzheimer et les maladies neurologiques.


De nouvelles pistes ces dernières années

La FRM se mobilise pour Alzheimer (partie 2)
Découverte de gènes de susceptibilité
Les progrès de l’informatique ont permis de chercher, au sein de vastes groupes de patients des gènes susceptibles de jouer un rôle dans le développement de la maladie. A cette fin, a été créé en 2010 le programme IGAP (International Genomics Alzheimer Project), qui regroupe les 4 plus grands consortiums au monde.
 
À ce jour, une trentaine de gènes de susceptibilité ont été identifiés par ce programme. Ils ouvrent une porte vers les mécanismes en cause dans la maladie d’Alzheimer : autant de cibles thérapeutiques potentielles.
 
Percées dans le diagnostic
Le diagnostic de la maladie d’Alzheimer a été pendant de nombreuses années très difficile : il fallait attendre le décès du patient pour pouvoir l’établir avec certitude. En 2005, un groupe international de neurologues s’est réuni pour redéfinir les critères diagnostiques de la pathologie et aboutir, 9 ans plus tard, à un consensus.
 
Aujourd’hui, le diagnostic de la maladie d’Alzheimer repose principalement sur un examen clinique du patient associé à des tests cognitifs. En cas de doute sur l’entité en cause (patients jeunes, cas complexes…), des biomarqueurs peuvent être recherchés pour affirmer le diagnostic : un taux bas de protéines bêtaamyloïde ou haut en protéine Tau dans le liquide céphalorachidien, ou encore une présence de dépôts amyloïdes détectable par tomographie par émission de positon.
 
L’hypothèse « prion »
Ces dernières années ont vu éclore de nouvelles avancées dans la recherche contre la maladie d’Alzheimer, tout d’abord du point de vue des mécanismes moléculaires impliqués dans la pathologie. L’une des hypothèses les plus prometteuses est l’hypothèse « prion ».
 
Ainsi, le peptide bêta-amyloïde se comporterait comme une protéine « prion », une protéine normalement présente dans le cerveau humain. Cette protéine prion peut dans certains cas se présenter sous une forme anormale, elle devient alors pathologique et s’accumule dans les neurones. Ces agrégats protéiques se propagent des cellules malades vers les cellules saines, ce qui conduit à la mort des neurones de proche en proche.
 
Les chercheurs étudient ce mécanisme de propagation dans la maladie d’Alzheimer, ce qui constituerait une cible thérapeutique pertinente pour enrayer la pathologie.
 
Et les traitements ?
De nombreuses stratégies thérapeutiques sont actuellement au stade de la recherche fondamentale ou préclinique. Les rares stratégies qui sont arrivées jusqu’aux essais cliniques ont malheureusement rencontré des échecs ces dernières années. Les essais se concentrent aujourd’hui sur l’immunothérapie et sur la mise au point de traitement visant à détruire les protéines impliquées dans la maladie.
 
A plus court terme, des études ont très récemment montré l’intérêt d’une prise en charge pluridisciplinaire de la maladie, non médicamenteuse. Alliant soins gérontologiques, ergothérapie et approches de psychomotricité, elles ouvrent de nouvelles perspectives pour améliorer la vie des patients dans un avenir proche.

Publié le Mardi 22 Août 2017 dans la rubrique Santé | Lu 938 fois



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