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Senior Actu

L’intergénération, un mode de vie sociétal (I), chronique par Serge Guérin

Les amateurs d’opposition entre les générations jouent seulement sur une approche macro économique qui fait l’impasse sur l’importance de l’intensité et la diversité des aides monétaires et humaines. Celles ci se développent dans la cellule familiale, y compris lorsqu’elle est recomposée, et dans l’ensemble des relations sociales. Combien de jeunes étudiants doivent à des grands-parents de pouvoir poursuivre décemment des études, combien de jeunes couples bénéficient d’un logement prêté ou loué, par leurs grands-parents à un tarif en dessous du marché ?


Des aînés vont garder les enfants, aider à faire les devoirs ou encore procéder à des démarches administratives qui doivent se faire impérativement à des heures où la plupart travaillent.

Dans l’habitat social collectif, la solidarité informelle entre les générations recouvre la notion d’une sorte de voisinage solidaire. Par exemple, il n’est pas rare de voir des personnes, parfois même très âgées, garder les jeunes enfants d’une femme seule qui supporte des horaires décalés.

La coopération n’implique pas de hiérarchisation définitive, y compris au sein de sphères moins formelles que le monde de l’entreprise. Ce n’est pas toujours le plus ancien qui peut apprendre quelque chose au plus jeune. L’inverse existe aussi. Lorsque les deux acteurs échangent des savoirs, le respect est bien supérieur et la réalité de l’intergénération apparaît bien plus profonde. Ainsi, la révolution de l’informatique a largement transformé les relations au sein des familles.

Aujourd’hui, le Directeur des services informatiques du foyer a souvent… 10 ou 15 ans… C’est une façon pour lui de se valoriser face à des adultes qui acceptent de déléguer ici une partie de leurs pouvoirs. .../...
L’intergénération, un mode de vie sociétal (I), chronique par Serge Guérin

L’intergénération, un mode de vie sociétal (I), chronique par Serge Guérin
Les expériences d’échanges entre les générations sont multiples. Elles sont le propre du monde associatif où beaucoup d’enfants et de jeunes sont encadrés par des bénévoles parfois très âgés.

Les clubs sportifs fonctionnent très largement sur ce modèle : les plus jeunes donnent une dynamique générale et participent à des compétitions alors que les plus âgés font partager leurs compétences et leurs expériences et donnent du temps pour des taches administratives.

Mais, il est aussi possible de voir des personnes d’âge intermédiaires venir soit pour s’entraîner, sans nécessairement s’inscrire dans une logique de compétition, soit pour aider à la bonne marche du club.

Un mouvement comme « Lire et faire lire » symbolise parfaitement bien l’impact de l’échange entre générations : 13 000 bénévoles âgés viennent dans les écoles aider les enfants à lire. Il ne s’agit pas de remplacer les professeurs des écoles et d’apprendre à lire mais bien de lire et de vivre ensemble des histoires et d’échanger des perceptions et des sentiments.

Il n’y a pas, d’un côté les aînés qui savent et de l’autre, les enfants qui apprennent, mais bien un partage entre des êtres humains.

Serge Guérin
Professeur à l’ESG
Auteur du Grand retour des seniors, Eyrolles


Publié le Lundi 5 Février 2007 dans la rubrique Chroniques | Lu 2855 fois