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Senior Actu

L’UMR prône la transparence de la gestion du risque viager et la vulgarisation des produits de retraite

A l’occasion du 28ème Congrès Mondial des Actuaires, Yann Ribourg, directeur technique et organisation de l’Union Mutualiste Retraite (UMR), vient de présenter à Paris les conclusions de ses recherches sur la mortalité observée parmi les bénéficiaires d’un régime complémentaire de retraite.


Cette étude de l’UMR, réalisée par M. Ribourg, a porté sur l’observation de plus de 115.000 rentiers du régime Corem* sur une durée de douze ans. Partant du constat que les tables d’expérience « classiques » construites avec finalement peu d’observations disponibles conduisent à des données trop générales pour être véritablement exploitables, cette étude visait à fournir des données plus précises, afin d’anticiper l’évolution de la mortalité en France.

Yann Ribourg a pu isoler, et confirmer, les facteurs clés qui interviennent dans l’analyse et la gestion du risque de mortalité. En premier lieu, la distinction par sexe. Ce facteur est essentiel en France où les écarts entre les espérances de vie respectives des hommes et des femmes sont parmi les plus importants constatés en Europe. Et d’autre part, la distinction entre générations, qui permet de prendre en compte l’allongement de la durée de vie, allongement observé dans cette étude, tant pour les hommes que pour les femmes.

Le principal résultat de cette étude, précise le communiqué de l’UMR, est le constat de l’allongement de l’espérance de vie, plus rapide que prévu par les tables de mortalité réglementaires de 1993, à la fois pour les hommes et les femmes ; un constat d’actualité puisque les pouvoirs publics ont demandé à l’ensemble des acteurs du marché de l’assurance de revoir ces tables de mortalité d’ici 2007. …/…

Par ce travail de réflexion sur la mortalité, M. Ribourg a mis en exergue quatre points plus particulièrement saillants : le risque viager (lié à la durée de vie humaine) nécessite un pilotage maîtrisé. En effet, la rente viagère reste un produit extrêmement complexe à expliquer d’un point de vue technique, rendant alors indispensable le pilotage. Dans cette optique, la transparence apparaît nécessaire au sein de toute la profession. Avec ces outils de gestion, les compagnies d’assurance doivent pouvoir se recentrer sur leur cœur de métier à savoir la gestion du risque viager, de sorte que le risque ne porte pas que sur l’assuré (avec la commercialisation de produits d’assurance vie multi supports). L’objectif est bien de proposer de vraies solutions retraite et non de simples produits d’épargne. Enfin, la prise en compte de tous ces éléments doit permettre à terme, de vulgariser les produits de retraite auprès du grand public : il s’agit aussi de sortir des mécanismes complexes et techniques pour faire émerger la retraite comme un enjeu sociétal.

En résumé, s’appuyant sur des horizons à très long terme avec des engagements s’étalant jusqu’à 60 ans, voire 70 ans, le pilotage technique et financier d’un régime dédié à la retraite est complexe. Le risque de mortalité de la population couverte étant un facteur clé de ce régime, il doit être évalué le mieux possible et analysé très régulièrement pour déterminer les futurs engagements et ainsi contribuer à la meilleure allocation stratégique des actifs.

A propos de l’Union Mutualiste Retraite

Créée en février 2002, l’Union Mutualiste Retraite est l’union de composantes de la Mutualité Française, constituée pour proposer une solution retraite solidaire, efficace et ouverte à tous, le Corem.

* La particularité du Corem est d’être l’unique régime français mutualiste de retraite par points, visant à associer "efficacité économique et valeurs mutualistes". Il est ouvert depuis le 1er janvier 2005 à toute la population mutualiste (38 millions de personnes).


Publié le Mercredi 31 Mai 2006 dans la rubrique Finances | Lu 3512 fois