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Senior Actu

L’UMP : 40% de seniors mais un nouvel adhérent sur cinq à moins de 35 ans

L’Institut de sondage Ipsos a dressé à la rentrée le profil et les priorités des nouveaux adhérents de l’Union pour un Mouvement Populaire (UMP) dirigé par Nicolas Sarkozy. Il en ressort qu’une majorité des membres de ce parti est âgée de plus de 60 ans mais qu’un nouvel adhérent sur cinq a moins de 35 ans. Un parti globalement senior, mais qui tend à se rajeunir.


L’UMP : 40% de seniors mais un nouvel adhérent sur cinq à moins de 35 ans
« Premier fait marquant, qui ressort de l’enquête indique l’Ipsos, les nouveaux adhérents ont un profil sociologique diversifié. Qu’il s’agisse de la répartition par sexe, par âge ou par catégorie socioprofessionnelle, toutes les catégories de population sont représentées parmi ces nouvelles recrues, même si certaines populations sont moins présentes ».

Ainsi, 58% des nouveaux adhérents sont des hommes et 42% des femmes. Ce dernier chiffre, même s’il est inférieur à la proportion réelle de femmes en France, est élevé pour un parti politique, où les femmes sont traditionnellement minoritaires, et montre que l’UMP parvient à attirer presque autant de femmes que d’hommes précise l’enquête de l’Ipsos. Et d’ajouter que « par ailleurs, toutes les classes d’âges sont représentées au sein des nouveaux adhérents : certes, les jeunes sont moins nombreux que dans la population réelle mais il faut souligner qu’un nouvel adhérent sur cinq (21%) a moins de 35 ans ; 41% ont entre 35 et 59 ans, 38% plus de 60 ans. Enfin, c’est également un profil socioprofessionnel varié qui caractérise ces nouvelles recrues, même si –et c’est logique compte tenu du poids des seniors– les retraités sont surreprésentés ».

Toutefois, si certains de ces nouveaux adhérents sont issus des catégories populaires (10% sont employés, 3% sont ouvriers), c’est dans des proportions nettement moindres que le poids réel de ces catégories dans la population (18% d’employés, 16% d’ouvriers). L’UMP peine donc à recruter des adhérents issus de milieux moins favorisés, signe que l’identité populaire du parti n’est pas encore opérée, souligne l’Ipsos. Cette tendance ne lui est néanmoins pas propre, elle touche l’ensemble des partis politiques, notamment les partis de gouvernement. .../...

Enfin, les nouveaux adhérents se positionnent très clairement à droite. Lorsqu’on leur demande de se situer sur une échelle gauche droite allant de 0 à 10, 83% se positionnent entre 7 et 10. Concernant plus précisément leur identité politique au sein de la droite, l’ensemble des courants ayant contribué à la formation de l’UMP se retrouve, même si deux courants émergent plus particulièrement. Ainsi, 36% des nouveaux adhérents se déclarent avant tout gaullistes, 35% libéraux, 14% modérés, 5% conservateurs, 5% nationalistes et 4% centristes. Il faut souligner qu’il s’agit de nouveaux adhérents (78% n’avaient jamais adhéré à un parti politique auparavant), signe que la filiation gaulliste, essentiellement perpétuée par les personnes de plus de 60 ans, est toujours importante même si elle cohabite avec un courant libéral plus développé parmi les personnes âgées de 18 à 44 ans.

Deuxième enseignement majeur de l’enquête : les trois valeurs auxquelles sont le plus attachées les nouveaux adhérents de l’UMP sont le travail (59% de citations), la justice (42%) et la liberté (40%). Ces trois valeurs, qui arrivent largement en tête de leur hiérarchie, sont les mêmes que le trio de tête cité par les Français même si l’ordre est un peu différent (justice, travail, liberté).

En ce qui concerne leurs principales préoccupations et attentes, les nouveaux adhérents insistent davantage que l’ensemble des Français sur l’immigration (52% de citations contre 32% pour les Français), la réforme de l’Etat (40% contre 17%) et les 35 heures (39% contre 22%). A l’inverse ils insistent un peu moins que ne le fait l’ensemble de la population sur l’éducation (24% contre 34%) ou la santé (18% contre 32%). En revanche, on retrouve pour les deux cibles la même focalisation sur le travail, qui en plus d’être une valeur importante constitue une préoccupation majeure pour ces nouvelles recrues (43% de citations, deuxième position) comme pour la population (38%, première position).

Le troisième et dernier objectif de cette enquête consistait à mesurer la relation qu’entretenaient ces nouveaux adhérents avec le mouvement qu’ils avaient rejoint. Premier élément, qui n’est guère une révélation : plus des trois quarts (78%) d’entre eux ont adhéré en raison de la personnalité et du discours de Nicolas Sarkozy. Ce résultat est une force pour l’UMP, dont le président porte la dynamique de l’adhésion, mais peut s’avérer fragile à plus long terme s’il demeure le seul lien qu’entretiennent les nouveaux adhérents avec leur parti.


Publié le Lundi 4 Décembre 2006 dans la rubrique Divers | Lu 2685 fois