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Nutrition

Jeuner ne fait pas forcément vivre plus longtemps…


De nombreuses études scientifiques récentes semblent démontrer –notamment chez les rongeurs ou les vers- que manger moins allonge la durée de vie… Pourtant, une récente étude réalisée sur des macaques pendant un quart de siècle par une équipe du National Institute on Aging (NIA) de Bethesda aux Etats-Unis et publiée dans la revue scientifique Nature, modère sérieusement l'espoir de trouver la fontaine de jouvence au fond de notre assiette !


Il est établi depuis longtemps, que chez les rongeurs, une restriction alimentaire prolongée accroît la longévité et réduit les risques de développer certaines maladies comme le cancer.

Afin de vérifier si ce phénomène concernait également les primates -dont la longévité est dix à vingt fois plus importante que celle de la souris- les chercheurs du NIA ont dès 1987 soumis certains macaques à un régime permanent restreignant de 30% l'apport calorique alimentaire.

Les singes, qu'ils soient ou non à la diète, ont été répartis en deux groupes selon leur âge au début de l'étude, les jeunes avaient entre 1 et 14 ans, les vieux ayant entre 16 et 23 ans ; sachant que l'espérance de vie d'un macaque en captivité est d'environ 27 ans.

Vingt-cinq ans plus tard, les trente-quatre macaques du groupe « vieux » sont morts et les chercheurs n'ont observé aucune différence significative de longévité entre les singes soumis à un régime et les autres. Toutefois, en mesurant divers indicateurs biologiques tels que le taux de cholestérol ou le niveau de stress oxydatif, les scientifiques ont pu établir que les animaux sous restriction calorique étaient non seulement plus maigre, mais aussi en meilleure santé.

Sur les 86 macaques du groupe « jeune », un peu moins de 50% étaient encore en vie lors de la rédaction de l'étude. Parmi les disparus, la proportion de singes qui sont morts d'une cause liée à l'âge (diabète, cancer, etc.) est la même qu'ils aient été mis à la diète ou pas. Même sur le jeune sujet, la restriction calorique semble donc ne pas avoir d'effet sur la longévité. En revanche, les auteurs de l'étude signalent que les singes au régime, déclarent moins de cancer et affichent une meilleure réponse immunitaire.

Reste que ces résultats contredisent ceux d'une autre étude, commencée à la même époque, et menée elle aussi sur des macaques. Celle-ci semblait établir non seulement une augmentation du taux de survie chez les animaux à la diète, mais également une diminution des risques de diabète, de cancer et de maladies cardio-vasculaires.

Pour expliquer cette divergence, les chercheurs du NIA notent que dans l'autre étude, les singes non restreints étaient libres de manger tout ce qu'ils voulaient. Ce qui n'était pas le cas dans leur propre étude, où les singes non soumis au régime hypocalorique recevaient néanmoins une alimentation rigoureusement contrôlée. Il est donc probable que l'effet constaté sur le taux de survie est dû, non pas à une restriction calorique, mais à un régime alimentaire plus équilibré. Une hypothèse renforcée par le fait que dans l'étude NIA, le régime « contrôle » ne contenait que 3,9% de sucres simples, contre 28,5% dans l'autre étude.

Bien que l'étude NIA ne soit pas terminée, puisqu'une quarantaine de macaques sont encore en vie, les chercheurs estiment que leurs résultats actuels sont suffisamment robustes pour remettre en question, du moins chez les primates, l'hypothèse selon laquelle une diète prolongée peut augmenter l'espérance de vie…

Elle confirme toutefois le fait qu'un régime restreint en calorie améliore la santé de celui qui y est soumis. Moralité : manger trop nuit à la santé, mais ne pas manger assez ne garantit pas une meilleure longévité.

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Publié le Lundi 3 Septembre 2012


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